Amira Charfeddine: Ils prétendent s'accrocher à la constitution, mais c'est leurs intérêts qu'ils cherchent à protéger    Etat d'exception: L'ONDCE préoccupé par l'absence de nouvelles décisions    Ligue 1 : Tirage au sort ce mercredi, du tournoi barrage    Football : Programme TV de ce Mercredi 22 Septembre 2021    Les abus sexuels commis envers les enfants ont subi une hausse de 180% en un an    La situation générale dans le pays objet d'une rencontre entre Noureddine Taboubi et les dirigeants de certains partis    INM: Les quantités de pluies enregistrées en millimètres durant les dernières 24 heures    Tunisie- Daily brief du 22 septembre 2021: Arrestation de Seifeddine Makhlouf    Mandat de dépôt contre le député Nidhal Saoudi    Infos Bourse – L'ATB se hisse en haut du podium    Tunisie Telecom félicite la position de l'UGTT    Egypte : Décès du maréchal Mohamed Hussein Tantaoui    Les leaders d'Attayar, Ettakatol, Al Jomhouri et Afek Tounes en réunion à l'UGTT    Yamina Zoghlami : La présidence doit fournir la liste des élus qui ont monnayé leurs services    Les fabricants d'aliments de bétail appelés à renoncer à leurs marges bénéficiaires    Quatre enfants blessés dans l'effondrement du revêtement du plafond d'une école primaire au Kram    Le photographe tunisien Habib Hmima n'est plus    Salon Web Summit 2021: Les startups tunisiennes appelées à participer    AMI Assurances se donne les moyens de ses ambitions et annonce l'augmentation de son capital social    La Commission européenne veut imposer le chargeur universel pour smartphone d'ici 2024    Abdellatif Mekki : Kaïs Saïed a officiellement gelé la Constitution !    La Ligue des Etats arabes tient sa réunion consultative à New York    Bad Buzz: Un centre commercial offre jusqu'à 80% de remise, pour les Lybiens    Football : Programme TV de ce Mardi 21 Septembre 2021    Tunisie – Coronavirus: une 3ème dose pour les personnes déjà vaccinées par un vaccin non reconnu dans certains pays    Spectacle "Voyage avec la Lumière" à la Cité des Sciences de Tunis    Change devises en dinar tunisien : Cours du 21 septembre 2021    26 septembre : sixième journée portes ouvertes pour la vaccination    Natation : La FTN retire sa plainte contre Oussama Mallouli    Abu al-Bara al-Tounsi tué dans un raid à Idleb    Le Club Africain annonce une liste de 11 joueurs prêtés pour la nouvelle saison    Bientôt un gouvernement et des dispositions transitoires, promet Saïed depuis Sidi Bouzid    Le ministre des Affaires culturelles reçoit Noureddine et Nejia Ouerghi    Crise des sous-marins: Quelques leçons pour les Arabes    JCC 2021 : Liste des films tunisiens sélectionnés pour les compétitions officielles    Le point sur l'épidémie du coronavirus dans les pays arabes : Mise à jour du 20 Septembre 2021 à 11H00    "Streams" de Mehdi Hmili en compétition officielle du FIFF de Namur et de La Mostra de Valencia en Espagne    UE Med : Il est nécessaire de préserver la démocratie et l'Etat de droit en Tunisie    Ons Jabeur 17ème mondiale    30 auteurs au Congrès des écrivains de langue française à Tunis    25 ème anniversaire des Prix Littéraires COMAR D'OR : Les romans primés en langue française    Arrestation des deux derniers prisonniers palestiniens évadés récemment    Tunisie – Une vague sans précédant de migration qui ne manque pas de rappeler les « menaces » de Ghannouchi    Evasions Sonores: Performances artistiques live par Oussama Menchaoui et Dawan    Appel à films pour présenter la candidature de la Tunisie à l'"Oscar du meilleur film international"    Pêcheurs tunisiens interpellés par les garde-côtes libyens : Le ministère de la Défense rappelle la réglementation    Comment comprendre les prochaines élections en Allemagne et quel impact sur la Tunisie du départ d'Angela Merkel    Cinq enseignements à tirer de l'abominable gestion américaine de la tragédie afghane    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Béji Caïd Essebsi, l'homme de la République
Publié dans Business News le 25 - 07 - 2021

Le 25-juillet, fête de la République tunisienne, fête de la fierté de tout Tunisien patriote, est une date qui coïncide, désormais, avec la commémoration du décès de l'homme de la République, feu Béji Caïd Essebsi.
Deux ans, jour pour jour se sont écoulés depuis son départ. Feu Béji Caïd Essebsi, premier président élu au suffrage universel nous a quittés et a quitté cette République, laissant derrière lui une longue carrière, mais aussi des Tunisiens qui ne l'oublieront jamais.

C'était le 25 juillet 2019. Les Tunisiens ont été ébranlés par la triste nouvelle : le président de la République Béji Caïd Essebsi n'est plus. Ce n'était pas une rumeur cette fois-ci, mais bien la réalité. Les Tunisiens étaient attristés par son départ, ses sympathisants comme ses détracteurs. Son départ, le jour de la fête de la République, avait une forte symbolique, le destin en a voulu ainsi. L'homme qui croyait dur comme fer aux valeurs de la République tire sa révérence en ce jour précis.
D'ailleurs, sa succession fût d'une fluidité ayant épaté le monde entier. Dans un cadre démocratique et sans conflits, le président de l'Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Ennaceur prend le relais et une élection présidentielle anticipée a été organisée conformément aux dispositions de la loi, et ce malgré l'absence d'une Cour Constitutionnelle. Le processus a été mis en place comme dans les plus grandes démocraties, une démocratie qu'il affectionnait tant de son vivant.
Des obsèques officielles ont été organisées en son honneur avec la participation des plus grands chefs d'Etat venus du monde pour l'accompagner jusu'à sa dernière demeure. Un moment solennel digne de son parcours politique. Il est ainsi parti dans la plus grande dignité après une longue carrière au service de l'Etat Tunisien, depuis son plus jeune âge.

Avocat et juriste de formation, Béji Caïd Essebsi était un politicien hors pair et un fin diplomate. Il suffirait de rappeler le vote en 1985 de la résolution des Nations unies condamnant l'agression israélienne contre la Tunisie à Hammam Chott, pour témoigner de la richesse de sa carrière à la tête de la diplomatie tunisienne.
Mais aussi, il a occupé le poste de ministre à la tête de différents départements régaliens. Il a été ministre de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères sous Bourguiba. Il a, également, eu un passage parlementaire en occupant le poste de président de la Chambre des députés avant d'en démissionner sous le régime de Ben Ali.

Et c'est après une longue absence de la scène politique nationale, qu'il ressurgit après la révolution de 2011. Chef de gouvernement, il réussit, en l'espace de huit mois, à conduire le pays vers les premières élections libres et transparentes de son histoire. Une première dans le monde arabe, qui a permis à la Tunisie d'être l'exemple à suivre, notamment, après l'échec cuisant essuyé par les autres pays ayant vécu leur « Printemps arabe ».
Cependant, Béji Caïd Essebsi, n'est pas s'arrêté là. En 2012, il décide de créer son parti politique, baptisé Nidaa Tounes. Un véritable exploit à l'époque. En effet, ce parti créé de nulle part avait réussi à détrôner le mouvement islamiste d'Ennahdha et à occuper la première place aux législatives de 2014. Quant à Béji Caïd Essebsi, il avait réussi son entrée à Carthage face au président sortant Moncef Marzouki.

Cela dit, dès le début de son mandat, Béji Caïd Essebsi n'avait pas tenu sa principale promesse électorale. Lui, qui avait promis de ne jamais s'allier au mouvement Ennahdha, il lui avait tendu la main pour gouverner durant les cinq années de son mandat. Cette alliance contre-nature lui a valu une multitude de critiques, l'effondrement de son parti et la déception d'une grande partie de sa base électorale. Et même lorsqu'il a voulu rompre « cette alliance », les jeux étaient faits, et les constats étaient là. Son parti n'existe plus. Déchiqueté en mille morceaux, rien ne pouvait être réparé.

Toutefois, plusieurs points positifs ont marqué le passage de Béji Caïd Essebsi à Carthage. Déterminé à être le garant de la Constitution et de la liberté d'expression et des médias, Béji Caïd Essebsi s'est engagé à ne poursuivre en justice aucun journaliste. Une promesse qu'il avait tenue bien qu'il ait été victime de plusieurs diffamations
Sans oublier son initiative pour l'égalité dans l'héritage et la mise en place d'un Code pour les libertés individuelles. Des valeurs qu'il avait défendues jusqu'à son dernier souffle malgré les critiques et l'opposition farouche des islamistes et des obscurantistes.
Outre la promotion de l'image de la Tunisie à l'échelle internationale, à travers des actions diplomatiques d'une grande finesse ayant abouti à l'obtention de la Tunisie d'un siège de membre non-permanent au conseil de sécurité de l'ONU.

Aujourd'hui, avec tous les blocages, la médiocrité et les conflits enregistrés au sommet des institutions de l'Etat, on pourrait comprendre certains choix de Feu Béji Caïd Essebsi. Aussi controversés et discutables soient-ils, ces choix, loin d'être populaires ou réussis, avaient quand même permis la bonne marche de l'Etat.
La politique du consensus adoptée par Béji Caïd Essebsi n'était peut-être pas un choix, mais une contrainte, imposée par la réalité d'un système politique boiteux, dont la révision s'avère une nécessité absolue lorsqu'on constate les défaillances actuelles et la profondeur de la crise institutionnelle qui bloque tous les rouages de l'Etat.
La Tunisie sombre dans une crise financière, économique et sociale aggravée par la situation épidémique alors qu'elle est dirigée par un gouvernement intérimaire. Une situation invraisemblable, pourtant réelle. Une rétrogradation des libertés individuelles, une dictature naissante et un amateurisme sans précédent, sont les maîtres mots caractérisant la période actuelle.

En tout état de cause, Béji Caïd Essebsi avait prouvé, même le jour de son départ, qu'il était le président de tous les Tunisiens. Un homme d'Etat qui avait pu fédérer et rassembler ses concitoyens autour des mêmes valeurs, celles de la République. Une République qu'on tente d'anéantir, mais ça ne sera pas pour bientôt, du moins tant qu'il y a des Tunisiens qui se souviendront de Béji Caïd Essebsi.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.