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En Tunisie, la mule est une juge
Publié dans Business News le 11 - 08 - 2021

En Tunisie, les contrebandiers ont le bras long. Très long. Ils sont carrément au parlement et c'est une des principales raisons qui ont poussé le président Kaïs Saïed à prendre ses décisions du 25 juillet 2021. Il l'a dit clairement, il veut en finir avec la corruption endémique qui caractérise le parlement et les partis politiques tunisiens, mais aussi la justice tunisienne complice indéniable de ces députés qui échappent à la loi prétextant leur immunité parlementaire.
Les vases communicants entre parlementaires et magistrats sont connus de tous et on a vu clairement le clivage dans les deux affaires des magistrats, au rang élevé, Taïeb Rached et Béchir Akremi. On a l'association des magistrats qui dénonce ce qui arrive à Béchir Akremi, mais se tait quand il s'agit de Taïeb Rached. Idem du côté des partis islamistes qui défendent, bec et ongles, M. Akremi.
Cette affaire, qui ne veut pas s'étouffer grâce à la mobilisation des médias, des magistrats soucieux de leur éthique et du comité de défense des martyrs Belaïd et Brahmi, relève la piètre image de la magistrature auprès de l'opinion publique tunisienne. C'est que les deux juges ont des rangs très élevés dans leur corporation.

Béchir Akremi est ancien procureur de la République et il est accusé d'abus de pouvoir et d'ingérence dans des affaires juridiques, notamment, celles en rapport avec les assassinats politiques. A lui seul, il aurait étouffé plus de six mille dossiers impliquant des terroristes présumés.
Quant à Taïeb Rached, il est Premier président de la cour de cassation, président de l'Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de lois et membre du Conseil supérieur de la Magistrature. Il est accusé de blanchiment d'argent et de falsification. Il a avoué lui-même, sur un plateau TV, qu'il faisait son petit business en vendant et en achetant des biens immobiliers.
Quand on voit que l'un des magistrats les plus gradés du pays est réduit à être un simple promoteur immobilier, on ne devrait pas s'étonner que ses subordonnés aient leur petit business aussi.
C'est ce que les Tunisiens ont appris, avec stupéfaction, mardi 10 août 2021. Après une investigation minutieuse, une brigade douanière a réussi à attraper une juge impliquée dans un trafic de devises. Dans sa voiture, une Golf 7, on a trouvé plus de quatre cent mille euros !
Encore une juge mouillée dans des affaires douteuses ? C'est pire, car la dame a été interrogée et a avoué que l'argent ne lui appartenait pas, elle ne faisait que le transporter pour le compte d'autrui. Et ce n'est pas la première fois, elle avoue aussi qu'elle est une récidiviste. En clair, elle n'est qu'une mule.
Quand on sait que dans les mafias et chez les trafiquants, la mule est le poste le plus bas de la chaîne, il y a de quoi s'interroger sur la « hiérarchie » de cette mafia qui emploie une juge pour être une simple mule !
La mafia qui emploie cette juge a donc le bras long, tellement long qu'elle peut se permettre de mettre une juge au bas de son organigramme.
Les juges d'instruction devraient dévoiler l'identité de ces personnes et de leurs complices dans l'appareil de l'Etat.
Sauf que voilà, le corporatisme a encore fonctionné et un juge a décidé, hier, de libérer sa consœur mule. Comme si rien ne s'était passé. Peu importe la réaction de l'opinion publique qui se remémore encore, il y a quelques semaines, comment un jeune promoteur tunisien a été emprisonné pour avoir acheté des bitcoins.
La corruption des juges est devenue, hélas, un secret de Polichinelle. Pas tous, naturellement, mais les quelques corrompus parmi eux sont en train de salir la réputation de toute la corporation. Ce corporatisme à lui seul peut être considéré comme de la corruption, car il n'y a rien qui justifie que l'on laisse partir tout de suite une personne ayant une telle somme d'argent à l'origine inconnue. Une somme en devises étrangères, de surcroit, dont la possession est légalement interdite, sauf justificatif.

Cette corruption endémique frappe donc le corps de la magistrature aussi bien en bas qu'en haut de l'échelle.
Les instances officielles, comme l'inspection et le CSM observent un silence prudent qui est davantage expliqué par le corporatisme que par la honte des scandales. Quant à l'AMT et le SMT, c'est au gré des affaires qu'ils agissent.
Comment assainir ce corps ? Comment mettre hors d'état de nuire tous ces magistrats qui complotent avec les politiques et traficotent avec les contrebandiers ?
En dépit des scandales frappant les trois magistrats, ils bénéficient tous les trois de leur liberté. Si Taïeb Rached et Béchir Akremi ont été assignés à résidence, depuis la semaine dernière, la dame arrêtée et relâchée hier a été seulement interdite de voyage.
Kaïs Saïed cherche à assainir le paysage politique et il ne peut le faire qu'en s'appuyant sur une magistrature propre, forte et réactive. Or cette magistrature est loin d'être efficiente aujourd'hui et, c'est un autre secret de Polichinelle, elle est gangrenée par les magistrats islamistes ou sympathisants des islamistes.
Pour le moment, le président de la République essaie de s'appuyer sur la justice militaire. Sauf que cette dernière n'est pas outillée, et n'est pas apte légalement, à poursuivre des civils dans des affaires de corruption. Sa stratégie n'est donc pas applicable, même pas sur le court terme. Et tant que son arme judiciaire est défectueuse, Kaïs Saïed ne peut pas honorer ses engagements du 25 juillet dans les délais de 30 jours qu'il s'est donné.


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