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Présidentielle 2024 - Quelles chances pour Mondher Zenaidi ?
Publié dans Business News le 05 - 07 - 2024

Mondher Zenaidi a officiellement annoncé sa candidature pour la présidentielle 2024 qui aura lieu en octobre. Quelles sont ses chances et sur qui peut-il compter ?

Un candidat d'outre-mer. Tel est le statut réel de Mondher Zenaidi qui a annoncé officiellement sa candidature jeudi 4 juillet 2024, après un teasing lancé le 29 février dernier. C'est en effet depuis Paris, où il réside depuis 2011, que M. Zenaidi a annoncé sa candidature sans rien dire sur un éventuel et inévitable retour au pays.
En se déclarant depuis Paris, le candidat fait le choix de la prudence. Il sait qu'il risque gros s'il revient au pays. C'est que la présidentielle 2024 tunisienne est une des plus curieuses au monde. Elle exige une grosse dose de courage pour les candidats. Le régime de Kaïs Saïed est en train de tout faire pour les empêcher de courser le président sortant en leur concoctant des affaires judiciaires montées de toutes pièces ou en leur sortant de vieilles affaires. Les uns sont jetés en prison et les autres sont poursuivis en justice risquant une arrestation à tout moment. Abir Moussi, Safi Saïd, Lotfi Mraihi, Abdellatif Mekki, autant de candidats sérieux qui se sont trouvés mêlés à des affaires judiciaires (parfois à dormir debout, parfois pas) juste parce qu'ils ont annoncé leur volonté de participer à la présidentielle d'octobre. L'ambiance électorale est à la peur au point que même les instituts de sondage refusent de faire leur travail.
Mondher Zenaidi ne fait pas l'exception, il fait l'objet, comme d'autres, d'une instruction judiciaire. Son affaire est liée à une histoire de privatisation remontant à 2010. Peu importe qu'il ne fût même pas ministre en charge du dossier quand cette privatisation a eu lieu, le fait est qu'il y ait une instruction judiciaire qui pourrait déclencher un mandat de dépôt. Le temps que le juge finisse son travail, s'aperçoive que le ministre n'était pas ministre de tutelle et le libère de prison, la présidentielle serait déjà finie.
Conscient des risques qu'il prendrait s'il revenait à Tunis, Mondher Zenaidi a donc fait le choix d'annoncer sa candidature depuis la France. Visiblement, le candidat entend utiliser pleinement les réseaux sociaux et les médias pour mener sa campagne en attendant des jours meilleurs.

Techniquement, mener une présidentielle à 1800 kilomètres est possible. Politiquement, c'est très risqué. Quelle que soit l'élection, rien ne vaut la présence sur terrain et le quadrillage millimétré du territoire. Pour rafler les millions de voix nécessaires à la victoire, et dépasser le candidat sortant qui ne manquerait pas d'utiliser les moyens de l'Etat pour sa campagne, il faut visiter le pays profond, les villages les plus reculés, les villes les plus peuplées et serrer des mains. Beaucoup de mains.
Les textes et vidéos balancés sur les réseaux sociaux ne suffisent pas, loin s'en faut. Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, la Tunisie réelle n'est ni Facebook, ni Instagram, ni TikTok.
Quant aux médias, il n'y a quasiment plus d'émissions politiques dans le paysage médiatique tunisien. Le régime a fait éteindre les voix libres en multipliant les affaires judiciaires et les détentions contre les journalistes et les chroniqueurs politiques influents. À ce jour, quatre d'entre eux croupissent en prison.
C'est clair, miser exclusivement sur les réseaux sociaux et les médias pour mener une campagne électorale est très insuffisant si l'on veut gagner haut la main. Mondher Zenaidi se doit de trouver autre chose, s'il veut remporter la présidentielle. À moins d'un miracle.

Abstraction faite de la question de distance, Mondher Zenaidi a toutes ses chances de déloger le locataire de Carthage autoritaire. Son parcours, son carnet d'adresses, son aura, ses connaissances, son expérience et son savoir-faire sont des atouts majeurs. Son atout majeur est qu'il est fédérateur, contrairement à beaucoup de candidats à commencer par Kaïs Saïed.
Plusieurs fois ministre sous Ben Ali, Mondher Zenaidi fait partie des rares ministres qui ont laissé derrière eux le souvenir d'un homme d'Etat patriote et professionnel. Que ce soit à la tête du Commerce, du Tourisme ou de la Santé, le Kasserino-tunisois septuagénaire (il est né en 1950) a toujours eu bonne presse, tant il a été efficace et humble.
Il a passé à Paris sa traversée du désert, que lui a imposée la révolution de 2011 et si commune aux plus grands hommes politiques. Un Paris qu'il connait très bien puisqu'il y a décroché son diplôme d'ingénieur centralien en 1973 et d'énarque en 1976. Grâce à son large carnet d'adresses international, il a pu travailler dans le Conseil, puis pour une institution onusienne. Sa nouvelle vie de parisien ne lui a cependant pas fait rompre les liens avec Tunis, comme c'était le cas de l'écrasante majorité des ministres de Ben Ali. Il a entretenu religieusement ses vieux contacts, tous secteurs confondus et s'est toujours montré disponible pour ceux qui sont de passage par la ville des lumières.
Sans aucun doute, ce parcours devrait donner de l'assurance à Mondher Zenaidi pour gagner la présidentielle. Sauf qu'il n'est pas suffisant pour convaincre les sceptiques et faire taire les critiques, notamment ceux qui lui reprochent d'avoir quitté le pays alors qu'il était en plein marasme, aussi bien sous la troïka des islamistes que sous Kaïs Saïed.

Pour convaincre une majorité de Tunisiens, M. Zenaidi doit brasser large aussi bien du côté de sa famille politique naturelle (les vestiges du RCD) que des autres familles politiques, à commencer par les islamistes, jusqu'à la gauche et les nationalistes arabes. Et là, rien n'est encore gagné.
Les RCDistes sont aujourd'hui divisés. Il y a les opportunistes qui naviguent dans les eaux troubles du pouvoir actuel et ceux qui se sont rangés derrière Abir Moussi. Le parti de cette dernière n'entend pas soutenir, pour le moment, Mondher Zenaidi en qui il voit une véritable menace pour sa présidente, pourtant exclue de fait de la présidentielle. Or M. Zenaidi a vraiment besoin des voix de Abir Moussi s'il veut gagner haut la main l'élection. Reste à savoir comment convaincre les caciques du parti et leur présidente-prisonnière tout en étant à distance.


Autre famille politique de poids dont Mondher Zenaïdi a besoin, les islamistes. Ennahdha n'a pas communiqué sur un éventuel candidat et il y a peu de chances qu'il le fasse. N'empêche, les islamistes ont quand-même un candidat, à savoir Abdellatif Mekki, ancien ministre de la Santé qui pourrait rafler l'ensemble des voix islamistes, au cas où il n'aurait pas été arrêté entre-temps. M. Mekki a, en effet, été convoqué dans une nouvelle affaire judiciaire et il devrait répondre du décès tragique de Jilani Daboussi. Il a beau faire valoir qu'il n'était plus ministre quand celui-ci est décédé, c'est le juge d'instruction qui décidera de son sort après son interrogatoire prévu le 12 juillet.
Mondher Zenaidi ne pourrait donc compter sur les voix des islamistes que si leur candidat a été mis hors-course par le pouvoir. Encore faut-il qu'il réussisse à les convaincre de voter pour lui, ce qui est loin d'être gagné puisque le RCD et les islamistes ont toujours eu des relations ambiguës. Alors qu'ils sont des adversaires en apparence, voire des ennemis jurés, les deux se sont ligués ensemble à plusieurs reprises. Il est même arrivé que l'ancien SG du RCD occupe le haut poste de premier conseiller de Rached Ghannouchi, président d'Ennahdha. La question précédente reste entière, comment convaincre, alors qu'on est loin du pays.
Dernière famille politique que M. Zenaidi doit convaincre, les laïcs qui ne sont regroupés dans aucun parti. Prétendument porteurs de l'héritage laïc bourguibien, sans s'identifier pour autant dans le parti de Abir Moussi, les laïcs pourraient facilement pencher en faveur du candidat parisien, dès lors qu'il leur affirme tourner le dos aux islamistes, exactement comme a fait Béji Caïd Essebsi en 2014.
Arithmétiquement, les laïcs pèsent bien davantage que les islamistes. Pour réussir l'exercice, Mondher Zenaidi doit trancher et déclarer, sans ambiguïté, qu'il est anti-islamiste et qu'il entend poursuivre la construction de Bourguiba.

Fort de ses atouts politiques, face à un président sortant autoritaire au bilan des plus faibles et des candidats potentiels exclus de la course, Mondher Zenaidi a toutes ses chances sur le papier. Concrètement, les choses diffèrent cependant et rien n'est encore gagné. L'handicap de la distance est de taille et le candidat n'a pas d'autre choix que de venir en Tunisie, s'il veut brasser large. Il se doit d'aller sur terrain rencontrer les Tunisiens et il se doit d'organiser des réunions présentielles avec les autres familles politiques, capables de lui apporter de précieuses voix. Pour cela, il doit avoir le courage nécessaire d'affronter la terrible machine judiciaire du pouvoir de Kaïs Saïed qui, on l'a vu, est en train de broyer tous les candidats.


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