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Le Tunisien a-t-il besoin d'être assisté ?
Publié dans Business News le 05 - 09 - 2008

Face à la hausse des prix des hydrocarbures et des denrées alimentaires de première nécessité, les autorités sont restées fidèles à une politique courageuse en Tunisie, conciliant compétitivité de l'économie et bien-être social. Elles ont continué à "jongler" pour limiter l'impact négatif de la spirale inflationniste sur le pouvoir d'achat des citoyens. Un certain nombre de mécanismes y ont contribué, tels la Caisse Générale de Compensation (CGC), la gratuité de l'enseignement… Toutefois, cette équation s'avère aujourd'hui de plus en plus difficile. Les montants astronomiques consacrés à la compensation menacent de plomber la croissance économique avec des retombées fâcheuses sur l'emploi, les projets d'infrastructure et l'investissement.
Cette "assistance à une population loin de tout danger" constitue-t-elle un exercice périlleux pour un pays où le revenu net par tête d'habitant, en progression d'une année à l'autre, s'approche de la barre symbolique des 5000 dinars et où le taux de pauvreté ne cesse de reculer? Le débat mérite en tous cas d'être ouvert, loin des réponses toutes faites du commun des mortels et des thèses alarmistes des syndicats…
Un peu partout dans le monde, la flambée des cours du brut et des produits alimentaires ampute le pouvoir d'achat des citoyens et grève les budgets des Etats.
Confrontés à cette conjoncture morose, plusieurs pays émergents se sont résolus à couper le robinet des aides aux catégories sociales défavorisées pour maintenir leurs projections en matière de croissance économique.
La Tunisie s'est jusqu'ici située aux antipodes de cette politique qui sacrifie un bien-être social acquis de haute lutte pendant plusieurs générations au profit des équilibres budgétaires généraux. Ce petit pays, peu nanti en ressources naturelles, a en effet continué à subventionner une bonne palette de produits parmi les plus touchés par la hausse vertigineuse des prix. Les exemples ne manquent pas : un litre d'essence à pompe est servi à 1,250 dinars contre un coût réel estimé à 1, 950 dinars. Pour le gasoil, le litre revient à 1,570 dinar, mais il n'est vendu qu'à 960 millimes. Le gaz naturel est servi à 220 dinars la tonne, alors qu'il coûte 480 dinars quand on applique la vérité des prix.
Même chose pour plusieurs produits alimentaires dérivés des céréales, dont les prix ont plus que doublé au cours des douze derniers mois. Un grand pain coûte 413 millimes, mais n'est cédé qu'à 240 millimes. Un kilo de pâtes est vendu à 800 millimes pour un coût réel de 1,6 dinar.
La compensation touche aussi le lait et dérivés ainsi que les huiles végétales.
Avec la hausse des prix de la totalité de ces produits, les prévisions initiales relatives aux subventions ont été chamboulées. En témoignent celles de 2007, programmées autour de 348 millions de dinars, mais qui ont presque doublé pour se situer autour de 600 millions de dinars. Selon toute vraisemblance, la situation va s'aggraver en 2008. Le budget affecté à la Caisse Générale de Compensation (CGC) devrait dépasser largement le cap de mille millions de dinars contre des estimations initiales, tablant sur 700 millions de dinars.
Pour tenter d'adoucir les prix, les autorités se sont résolues, par ailleurs, à jouer le rôle de "régulateur du marché". Elles organisent des rencontres de sensibilisation avec les différents professionnels afin de maîtriser les prix et de contenir la hausse à travers l'encouragement de l'abondance au niveau de l'offre. Elles incitent aussi des professionnels de la grande distribution et les commerçants de gros à conclure des "accords modération des prix", notamment pour les produits de l'industrie agroalimentaire et d'hygiène.
Outre l'intervention de la CGC, le budget de l'Etat supporte, conformément à une tradition bien ancrée depuis l'aube de l'indépendance, la gratuité de l'enseignement et des soins dans les établissements publics de santé pour de larges franges de la population, sans compter les aides accordées aux catégories à besoins spécifiques, à l'occasion des fêtes religieuses ou de la rentrée scolaire.
Cette approche très solidaire a permis aux autorités de maîtriser les prix et de maintenir l'inflation à 3,1% en 2007, un taux inférieur à ceux enregistrés dans plusieurs pays développés. Force est toutefois de reconnaître que la situation devient de plus en plus insupportable pour le budget de l'Etat. D'autant plus que les montants alloués aux subventions sont passés d'une moyenne de 0,7% du PIB, au cours du X ème plan de développement (251 MD par an), à 1,3% du PIB, en 2007 (600 MD), et des prévisions de 2,1% du PIB, en 2008 (1026).
Avec des subventions dépassant 1% du PIB, il serait impossible, selon les observateurs de la vie économique, de contenir le déficit du budget de l'Etat au dessus de la barre de 3% et de réaliser un taux de croissance annuel supérieur à 6%, comme le préconise le XIème plan de développement.
Compte tenu de cette nouvelle donne, une question se pose désormais avec acuité : Les Tunisiens, ou du moins une écrasante majorité d'entre eux, ont-ils réellement besoin de cette assistance qui risque de ralentir la croissance économique du pays ?
Loin des réponses toutes faites, plusieurs indicateurs montrent que le niveau de vie du Tunisien s'est beaucoup amélioré au cours des dernières années.
Selon la dernière enquête nationale sur les dépenses, la consommation et le niveau de vie des ménages, le taux de pauvreté en Tunisie est passé de 75% en 1956 à 20% en 1984 et à environ 3% actuellement. Le nombre des personnes pauvres (disposant de moins de 400 dinars par an) est actuellement estimé à environ 350 mille.
L'enquête, élaborée auprès d'un échantillon de 13400 ménages, représentant toutes les catégories socioprofessionnelles, montre que la classe moyenne représente 84,8 % de la population contre 77,6% en 2000. Cette classe, qui s'élargit de plus en plus, représente 83 % du total des dépenses de consommation. Ces chiffres montrent bien qu'il n'existe pas de distorsion majeure dans la redistribution des richesses du pays.
Selon cette même source, le ménage tunisien dépense en moyenne 8211 dinars par an. Mieux encore, les écarts se sont limités entre les villes et les campagnes: les premières rassemblent 61 % de la population et absorbent 77 % de la consommation nationale, les secondes, respectivement, 39 % et 23 %.
D'autre part, le revenu par habitant a atteint 4400 dinars en 2007 et devrait dépasser le cap de 5000 dinars cette année.
Autres indicateurs : 80% des ménages tunisiens sont propriétaires de leur logement, alors que le taux de pénétration du GSM est estimé à 83% actuellement. Autant dire qu'une réforme salvatrice du système de subventions dont bénéficient même les plus riches, voire les touristes qui séjournent dans nos murs, s'avère aujourd'hui une nécessité impérieuse. Parallèlement à la lutte contre le gaspillage et l'utilisation irrationnelle des produits subventionnés, cette réforme doit être axée sur l'orientation des subventions vers les plus ayants droit. Car avant tout, c'est là la mission pour laquelle la CGC a initialement été créée.
Crédit caricature : Hic - Le Soir d'Algérie Walid CHEDLY


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