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Le Tunisien face à sa Bourse : les raisons d'une frilosité
Publié dans Business News le 05 - 12 - 2008

Vingt-quatre intermédiaires en bourse évoluent en Tunisie. Sur ces 24, on dénombre moins d'une dizaine connus par le grand public et les boursicoteurs. Une dizaine qui essaie, tant bien que mal, à faire connaitre la bourse, à attirer des investisseurs et des petits épargnants et à vulgariser l'activité qui reste fort méconnue en Tunisie. A cette dizaine d'intermédiaires, se joignent la Bourse de Tunis, l'AIB (Association des intermédiaires en bourse) et le CMF qui font ce qu'ils peuvent pour rendre le marché boursier tunisien attirant et surtout bien connu du public.
Le reste des intermédiaires évolue dans une extraordinaire discrétion.
L'épargnant, notamment le petit, sait qu'une bourse existe à Tunis. Quant à la pénétrer, c'est une toute autre histoire. Il ignore tout de ses dédales. Il ne sait même pas comment s'y prendre pour acheter des actions. Enquête.
Raouf est retraité. Et comme tout retraité, il a réussi, tout au long de sa vie professionnelle, à épargner une petite somme de quelques milliers de dinars. Une somme qui lui fait gagner, bon an, mal an, 2% d'intérêts grâce à son livret. Interrogé sur les raisons de sa frilosité à l'encontre de la Bourse et pourquoi il n'investit-il pas dans des actions d'une société cotée. Il avoue ignorer totalement ce monde-là. Il sait qu'il y a une bourse à Tunis. Il sait aussi qu'on peut gagner de l'argent, mieux qu'à l'épargne, mais pas plus.
Comme Raouf, il existe des centaines de milliers de Tunisiens qui ont réussi à amasser quelques sommes d'argent qu'ils aimeraient bien faire fructifier si on leur montre le chemin. Ils seraient même prêts à jouer le jeu avec des valeurs à risques.
En pleine crise financière, les intermédiaires tunisiens en bourse continuent à exercer leurs fonctions dans la discrétion. A l'exception de moins d'une dizaine d'intermédiaires connus (Tunisie Valeurs, Axis, Amen Invest, CGF, Maxula, Mac SA, BNA Capitaux, Cofib…), les intermédiaires tunisiens demeurent fort inconnus, y compris parmi les observateurs avisés.
« Très peu d'intermédiaires ont en effet une stratégie commerciale orientée vers le grand public », admet du bout des lèvres et à regret Adel Grar, président de la dynamique association des intermédiaires en bourse.
Pourquoi compte-t-on une bonne quinzaine d'intermédiaires en bourse méconnus? « Les particuliers sont normalement approchés par des réseaux spécialisés, comme les banques. », note-t-il. Ce qui est loin d'être le cas chez nous. Même lorsqu'il est sollicité par un épargnant solide, un chef d'une agence bancaire oriente rarement son client, pour ne pas dire jamais, vers un intermédiaire en bourse.
Pour expliquer les raisons de cette attitude commerciale, Adel Grar rappelle l'âge relativement jeune des intermédiaires tunisiens dont la création remonte à 1994 pour le plus ancien d'entre eux. « Il nous faut encore du temps pour avoir un réseau dense et approcher le grand public », dit-il.
Pourtant, force est de remarquer le dynamisme de quelques intermédiaires qui multiplient les agences et les moyens d'attirer les épargnants. C'est le cas d'Amen Invest (dirigée par le même Adel Grar), de la CGF, de Tunisie Valeurs ou d'Axis. Ils développent une communication plus ou moins conforme aux normes. Ils multiplient leur présence dans les journaux via leurs analyses périodiques (CGF dans Réalités, Axis dans la Presse et Business News, Attijari Intermédiation dans WMC, Cofib dans Assabah, Tunisie Valeurs dans un support propre, bien élaboré…).
Alors que certains, comme Amen Invest ou Tunisie Valeurs, proposent à leurs clients des transactions en temps réel sur Internet, d'autres n'ont pas encore de site web ou évoluent dans un site non mis à jour depuis des années. Ils continuent encore à imposer à leurs clients l'usage du téléphone ou une présence physique pour une transaction. Pour un Tunisois, cela ne pose pas de gros problèmes. Mais, qu'en est-il d'un épargnant habitant Djerba, Sfax, Tabarka ou Ben Guerdane ?
« La visibilité et le réseau commercial sont liés aux moyens. Il est vrai que nos intermédiaires n'ont pas de gros moyens. Ce ne sont pas des banques et la taille du marché n'est pas si grande pour leur permettre de grandir rapidement. Cela dit, les choses sont en train d'évoluer et on commence à sentir le besoin d'aller vers le grand public et l'épargnant », fait remarquer M. Grar.
Quand on sait que le chiffre d'affaires global des intermédiaires équivaut approximativement à 0.2% du volume total des transactions, on a rapidement une idée sur l'impératif d'un développement rapide de nouvelles activités.
Outre cette absence de visibilité, les épargnants soulèvent un problème de crédibilité. Quand on lit les analyses des intermédiaires (ceux qui en font, du moins), on remarque généralement (une ou deux exceptions existent) que tout est beau, tout est joli. On s'abstient de critiquer ou d'expliquer les raisons de la chute brusque d'une action ou, au contraire, de la hausse d'une autre. Dernièrement, Abdelwaheb Ben Ayed a dû s'expliquer devant quelques connaissances et jurer ses grands dieux qu'il n'a découvert aucun puits pétrolier, suite à la hausse subite de l'action de sa holding Poulina.
Pire, plus d'une fois on remarque un silence étourdissant à l'encontre d'entreprises en grande difficulté (le cas flagrant de l'UIB est un bon exemple) ou encore on remarque une chute des prix des actions d'entreprises en excellente santé, comme si le marché obéissait à la loi de quelques spéculateurs fantômes. En bref, une sorte de langue de bois, de silence, voire de complicité qui ne rassurent guère un petit épargnant.
« Une analyse boursière ne doit pas aboutir à une conclusion élogieuse ou critique. Il s'agit seulement de mettre en valeur les aspects négatifs et positifs et donner un aperçu de leur répercussion sur la valeur du titre. Pour ce qui est de la spéculation, le marché finit toujours par avoir raison, en dépit des rumeurs. Pour gagner la confiance de l'investisseur, il est évident que le marché doit être efficient », conclut Adel Grar avant d'avertir que la vision ne doit pas se faire sur quelques jours, mais sur des semaines, voire des mois.
Autre point qui ne rassure pas le citoyen lambda sur la bourse tunisienne, la position du Conseil du Marché Financier (CMF), l'autorité de régulation tunisienne appelée également le gendarme de la bourse. Le CMF s'est illustré, plus d'une fois, par son silence, au point que ses initiales ont été caricaturées pour devenir « Chey ma famma ». On ne compte ainsi plus les entreprises qui ne communiquent pas à temps leurs chiffres sans que le CMF dédaigne donner une quelconque explication.
« Le rôle du régulateur est de protéger l'épargne publique. Dans un marché comme le nôtre, le CMF est en train de jouer un double rôle : le sien en tant que régulateur et celui de contributeur au développement du marché. Pour ce faire, il se doit de veiller à ce que les acteurs respectent le code réglementaire sans handicaper la croissance du secteur », explique M. Grar.
En clair, il ne faut pas que les obligations d'une société cotée deviennent lourdes. Car si la réglementation est souple, elle menace l'épargne et si la barre est placée trop haut, elle grippe l'évolution du marché. En Tunisie, le régulateur a choisi de placer haut la barre. Mais, il l'applique progressivement.
Cela dit, Adel Grar fait observer qu'il n'y a pas que le CMF qui régule puisque l'épargnant constate très bien tout seul que telle entreprise n'a pas communiqué et n'hésitera pas à la sanctionner. Sanction que les sociétés vivent très mal.
Autre point qui ne rassure guère le petit épargnant, l'absence d'une structure capable de le protéger, de défendre ses droits et de communiquer ses doléances : une association de petits épargnants par exemple. Mais s'il n'y a pas suffisamment de petits épargnants, peut-on penser dès lors à une association ? On ne manquera pas de soulever dans la foulée la question du degré de connaissance des dédales boursiers tunisiens de nos juges qui auront (pour ne pas dire qui ont déjà) à trancher dans des affaires délicates entre boursicoteurs, épargnants, spéculateurs, intermédiaires et sociétés cotées.
En clair, la question du développement de la bourse est l'affaire de tous : la BVMT en premier lieu qui est appelée à communiquer encore et toujours et de la manière la plus agressive, les intermédiaires, le CMF, mais aussi les juges et les médias.
Optimiste jusqu'au bout des ongles, Adel Grar fait remarquer que le marché financier représente assurément le financement de demain et que les indicateurs montrent qu'il y a encore beaucoup de marge. Il appelle ses confrères et les entreprises à profiter de cette période durant laquelle les pouvoirs publics portent un intérêt particulier à la bourse. « C'est une grande chance, profitons-en ».
Ce sera le mot de la fin.


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