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Comment expliquer aux militants les relations légères de Rached Ghannouchi ?
Publié dans Business News le 24 - 07 - 2012

Le texte publié mardi 24 juillet 2012 en début de matinée par Rached Ghannouchi a suscité la polémique, parmi les sympathisants d'Ennahdha et du CPR.
Dans ce texte, le président du parti au pouvoir a tenté de justifier le choix de la troïka pour Chedly Ayari à la tête de la Banque centrale de Tunisie. M. Ayari étant une des figures de l'ancien régime qui a participé à l'élaboration d'une loi liberticide ou à un ouvrage collectif vantant Ben Ali, sa politique et ses réalisations.
M. Ghannouchi a un autre point de vue et estime que Chedly Ayari n'avait qu'une relation légère avec le régime dictatorial… De ce fait, on ne peut faire l'impasse sur ces anciennes compétences, tant qu'elles ne se sont pas vraiment mouillées avec le régime et n'ont pas pénétré tout à fait le système. Juste un flirt, quoi !
Reste à expliquer tout cela aux militants qui ont voté pour les partis de la troïka, juste parce qu'ils leur ont promis d'exclure définitivement tous les symboles de l'ancien régime.
« La révolution doit rompre avec le passé. Il n'y a plus de place aux RCDistes et ceux qui ont collaboré avec la dictature. Pas de réconciliation avant le jugement. Honneur aux martyrs ! »
Jolis discours destinés à enflammer les foules et remplir les masses votantes. C'était là quelques extraits des campagnes électorales du CPR, d'Ettakatol et d'Ennahdha.
Une fois la mission accomplie, et c'est connu, les promesses des politiques n'engagent que leurs électeurs.
Il faut maintenant souhaiter la bienvenue aux militants (sincères, mais naïfs) de ces partis de la troïka qui continuent encore à mener ces discours révolutionnaires et à dénigrer tous ceux qui appellent au bon sens du refus de l'exclusion des compétences, sans les avoir préalablement jugées.
Aujourd'hui, en Tunisie, on fait face à de terribles paradoxes. Des compétences en prison pour des futilités (emploi fictif par exemple, dont ils ne sont pas directement responsables) et d'autres qui pavanent dans les palais de la République. Des gens véritablement mouillés avec l'argent sale qui bronzent sur les plages et des hommes d'affaires, réputés intègres, mais interdits de voyage juste parce qu'elles ont eu des relations d'affaires avec des membres de la famille Ben Ali.
Une presse qui a retourné sa veste et se voit qualifiée de professionnelle et invitée à Carthage et une autre qui a choisi l'indépendance et la liberté et se voit qualifiée de presse jaune (ou violette) représentant les médias de la honte et ne respectant pas les standards.
Ainsi va la Tunisie de la troïka révolutionnaire avec ses paradoxes, contradictions et double-discours.
L'article de Rached Ghannouchi justifiant la nomination de Chedly Ayari n'est pas dénué de bon sens. On peut même dire qu'il reflète l'esprit d'un véritable homme d'Etat préoccupé par l'avenir du pays et cherchant à ramener à lui toutes les compétences avérées. Ce qu'a dit Ghannouchi, aujourd'hui, est, à peu de choses, ce que répétaient plusieurs journaux (dont Business News) depuis plusieurs mois : il ne faut pas exclure les compétences qui n'ont rien à se reprocher juridiquement.
Le hic, c'est que la réflexion de M. Ghannouchi se trouve tout de suite rejetée et dénigrée lorsqu'elle provient de membres de l'opposition ou de ces journaux. On est allé jusqu'à qualifier de traitres ceux qui appellent au retour des compétences ayant collaboré avec l'ancien régime.
Pourquoi dès lors ce qui est reproché à l'opposition (et particulièrement à Nida Tounes de Béji Caïd Essebsi et Al Moubadara de Kamel Morjane) est toléré quand cela vient de la troïka ? Il s'agit pourtant du même principe !
A vrai dire, les contradictions de principe se révèlent au sein même des dirigeants de la troïka et parmi leurs militants.
Au CPR, on a deux dirigeants qui mènent des discours radicalement opposés. Imed Daïmi qui justifie, par exemple, la nomination de Chedly Ayari, alors que Hédi Ben Abbes justifie tout le contraire.
Dans les pages des militants d'Ennahdha sur les réseaux sociaux, et parmi les fans de Rached Ghannouchi, on retrouve ces mêmes contradictions.
Les uns se placent derrière la position du chef, quelles qu'elles soient, alors que d'autres continuent à défendre ce qu'ils appellent comme principes irrévocables.
Si ces contradictions reflètent une chose, c'est que ces militants sont victimes des double-discours de leurs chefs.
Aux masses, les chefs indiquent qu'il faut exclure les RCDistes et c'est sur cette base qu'ils ont réussi à séduire leurs électeurs.
Pour des raisons électorales (et révolutionnaires en apparence), ces mêmes chefs (CPR et Ennahdha) ont préparé un projet de loi pour exclure ces RCDistes de toute activité politique.
Des dirigeants comme Lotfi Zitoun ou Mohamed Abbou faisaient de la surenchère en la matière, à qui mène le plus radical des discours prônant l'exclusion
Aussi bien durant la campagne électorale que dans le projet de loi, il n'a jamais été question de RCDistes propres et RCDistes sales. En aucun moment, ils n'ont parlé de relations légères et de relations poussées avec l'ancien régime.
Il est donc inconcevable pour ces mêmes masses d'accepter ce qu'Ennahdha et le CPR présentent aujourd'hui comme étant de la realpolitik. « C'est une trahison de la révolution, c'est une trahison du sang des martyrs », a affirmé un député à ce propos.
Comme l'a si bien déclaré le député Mehdi Ben Gharbia, « comment pouvez-vous expliquer l'exclusion d'un responsable de cellule RCD et nommer un membre de la chambre des conseillers à un grade de ministre. Comment pouvez-vous dire que la création d'un parti (allusion à Nidaa Tounes) est une menace pour la révolution, alors que vous ramenez un symbole de l'ancien régime ».
Si la troïka a décidé de ne plus exclure les RCDistes et ceux qui ont collaboré avec l'ancien régime, elle se doit de l'expliquer à ses bases et d'en donner les raisons. Des raisons que ne cessent de répéter un pan de l'opposition et des médias, du reste.
Mais cette troïka ne peut, en même temps, présenter un projet de loi excluant les uns, tout en défendant l'inclusion des autres.
Les militants ne sauraient être convaincus par cette idéologie à la tête du client.


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