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Tunisie Ennahdha et le CPR en pleine guerre froide
Publié dans Business News le 06 - 09 - 2013

Alors qu'en apparence, les deux alliés de la Troïka s'entendent comme larrons en foire au sein de l'hémicycle, rien n'est moins gagné et il ne se passe pas un mois sans qu'une nouvelle crise éclate ébranlant l'union fragile entre Ennahdha et le CPR.
Pour ne rien arranger, la crise politique actuelle semble mettre le feu aux poudres, notamment et surtout, lorsque des divergences éclatent sur les deux causes sacro-saintes du parti de Moncef Marzouki : la loi d'immunisation de la Révolution et les prérogatives du président de la République, pour lesquelles le CPR se pose en tant que tuteur.
« Nous n'entretenons pas de relations parlementaires avec Ennahdha », avait déclaré en substance Béchir Nefzi, député du Congrès pour la République, sur les ondes de Shems Fm, mercredi 4 septembre expliquant, ainsi, que les liens Ennahdha-CPR seraient purement gouvernementaux.
La question de l'équilibre des pouvoirs entre les deux têtes de l'exécutif avaient en effet de nouveau opposé les deux clans créant un blocage au sein de la commission de consensus, non-officielle, créée par les députés encore restants à l'Assemblée nationale constituante dans le but d'assurer un compromis autour de la Constitution.
Lors de la réunion du vendredi 30 août, des éclats de voix se sont fait entendre entre les élus d'Ennahdha et ceux du CPR et aucun accord n'a été trouvé. Des divergences qui se sont soldées par un communiqué publié par le Congrès le jour même et dans lequel les élus du parti regrettent le manque de volonté et de sérieux d'Ennahdha pour trouver un consensus autour de la question relative aux prérogatives du président de la République. Le CPR a moyennement apprécié la flexibilité dont a fait preuve son allié au pouvoir sur la question de la limite d'âge de tout candidat à la présidence, face à sa rigidité concernant l'équilibre du pouvoir entre la présidence de la République et celle du gouvernement.
Le bloc parlementaire du CPR avait assuré que les élus d'Ennahdha s'étaient retirés avant la fin de la réunion du vendredi, reniant ainsi l'ensemble des accords conclus autour de la répartition des prérogatives au sein de l'exécutif. De son côté, le parti islamiste précise, dans un communiqué-réponse publié le 4 août, que ses alliés avaient changé de position sur un certain nombre de points sur lesquels des accords avaient déjà été trouvés. Ennahdha n'a pas manqué de pointer du doigt une attitude du CPR qu'elle assimile à « un attachement exagéré à un régime présidentiel déguisé » ainsi qu'à une volonté de « se poser en tuteur du chapitre du pouvoir exécutif et, plus particulièrement, des prérogatives du président de la République ».
Les deux partenaires, dont la relation est ébranlée par l'exercice du pouvoir ainsi que les nombreuses crises qui les ont opposés, sont, déjà et encore, en guerre froide.
Plusieurs événements ont, encore une fois, mis le feu aux poudres. La rencontre de Rached Ghannouchi avec son ennemi juré Béji Caïd Essebsi en fait partie. Cette entrevue, gardée secrète, a suscité un véritable tollé auprès des alliés d'Ennahdha, et a fait couler beaucoup d'encre quant aux spéculations de « legs » de la présidence de la République à Béji Caïd Essebsi. Moncef Marzouki, président sur la sellette, est désormais mis à l'écart. Une rencontre qui n'a pas été du goût du CPR qui « s'en désengage totalement », tel que l'affirme son secrétaire général, Imed Daïmi.
Ennahdha, dans cette situation de crise qui marque sa déchéance, cherche un compromis et fait preuve de souplesse. Non seulement il traite avec « les ennemis », en l'occurrence Nidaa Tounes, mais fait part également de sa disposition à renoncer à la loi d'immunisation de la Révolution…du moins pour l'instant.
Le CPR, irréductible amateur d'exclusion et de discours diviseurs, ne digère pas le coup. Pour lui, il est hors de question que « les personnes ayant participé à l'élaboration de la répression en Tunisie, soient présentes aux prochaines élections ».
Les déclarations de Rached Ghannouchi lors d'une interview exclusive accordée à Nessma Tv, dans la soirée du 25 août, n'ont fait qu'envenimer la situation. Entre les lignes, le leader du parti islamiste envoie un message à ses alliés au pouvoir : le CPR, parti satellite d'Ennahdha, n'est plus un partenaire de taille et la mission qui lui a été confiée semble s'achever.
Bien qu'il soit le deuxième parti des élections du 23 octobre et qu'il fasse partie de la Troïka au pouvoir, le rôle du CPR dans l'issue de cette crise politique ne semble pas de premier ordre et une stratégie de démarcation de ses alliés, Ennahdha notamment, semble inévitable, voire même, vitale. Le parti a beau se positionner comme « le sauveur de la Troïka dans les crises », dans les faits, ses participations demeurent plutôt non-productives.
Moncef Marzouki, président de la République et fondateur du CPR, n'a pas, non plus, brillé par sa participation aux dialogues comparé à d'autres ténors de la scène politique tels que Rached Ghannouchi, Houcine Abassi ou Béji Caïd Essebsi.
Alors que même Mustapha Ben Jaâfar, autre allié timoré de la Troïka, a décidé de prendre les devants en suspendant les travaux de l'ANC, le 6 août dernier, jusqu'à ce qu'un dialogue soit organisé entre les différentes parties, Moncef Marzouki joue, quant à lui, aux abonnés absents et les rencontres en aparté qu'il organise au Palais de Carthage sont considérées par la presse et la majorité de la scène politique comme des non-événements ne suscitant pas de vives spéculations quant à leur dénouement.
Le CPR se cherche encore une place. Il assimile les initiatives de l'opposition [NDLR : Dissolution de l'Assemblée nationale et création d'un gouvernement de compétences] à une tentative de coup d'Etat et qualifie les positions de ses alliés au pouvoir, Ennahdha qui privilégie le consensus et Ettakatol qui appelle également à la dissolution du gouvernement, de « molles » et « complaisantes ». Tout semble indiquer que le parti de Moncef Marzouki, parti satellite, a fini la mission qui lui a été confiée par Ennahdha, mais que deviendra-t-il sans cet allié de taille ?


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