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Ils voulaient lui apprendre la démocratie, il va leur apprendre la politique
Publié dans Business News le 20 - 07 - 2015

Les années 2012-2014 semblent avoir été oubliées par un pan de la société tunisienne. La police parallèle qui agresse physiquement des députés au Bardo, les salafistes escaladant l'horloge de l'avenue Habib Bourguiba, les sales barbus qui crachent au visage des éminents professeurs Hamadi Redissi et Zyed Krichen, le livre noir de la présidence de la République, les terroristes qui ont pénétré l'ambassade des Etats-Unis avant d'incendier les voitures garées dans son enceinte, les nuits de Rafik Abdessalem au Sheraton et ses dessous lavés par le contribuable, le million de dinars chinois détourné avant d'être remboursé, l'argent transitant par les associations proches du pouvoir, les dizaines de martyrs parmi nos soldats et personnalités politiques, les poubelles jetées devant l'UGTT et la bastonnade de Saïd Aïdi, les attaques de Yassine Ayari à l'encontre de Mondher Thabet ou encore ses accusations contre l'Algérie, etc.

Par on ne sait quel miracle, très peu de ces affaires est passé devant la justice. Et les dossiers qui sont passés dorment encore dans les tiroirs ou, au mieux, les accusés ont pu s'en sortir avec de légères peines.

Il y a des dizaines d'affaires similaires non jugées et qui sont passées par la rubrique « pertes et profits » que la mémoire sélective des citoyens ordinaires a déjà effacées.
Ah cette mémoire sélective des Tunisiens ! Elle a déjà effacé les anciennes affaires terroristes des années 80 et 90 menées par les islamistes, l'acide jeté sur les visages des femmes ou encore l'attentat terroriste de Soliman.
Par un coup de crayon magique de l'ancien Premier ministre Mohamed Ghannouchi, tout ceci a été effacé. On a alors appelé cela « amnistie » et cette « amnistie » décidée par un groupe d'individus dans une antichambre de la Kasbah, a été imposée par une volonté d'aller de l'avant et de jouer la réconciliation nationale. Elle n'est pas belle la vie quand on est terroriste et qu'on se voit dehors au bout de deux ans de prison après une condamnation à perpétuité ? Elle n'est pas belle la vie quand on s'appelle Imed Daïmi, Salim Ben Hamidène ou Sihem Badi, qu'on s'enfuit à l'étranger pour échapper à la justice et se trouver après catapulté à la tête de l'Etat, grâce à cette amnistie ? Les terroristes et criminels d'hier sont devenus des militants, des « droits-de-l'hommiste », des résistants. Bref, des victimes de l'ancien régime despotique, sanguinaire, dictatorial, corrompu et barbare de Zine El Abidine Ben Ali.

Entre 2012 et 2014, les gentils militants démocrates qui n'ont aucun acte de corruption, ni de sang sur les mains voulaient en finir définitivement avec leurs adversaires politiques et ont imaginé une loi d'immunisation de la révolution, dont l'objectif est d'exclure leurs opposants des futures élections. Et la démocratie ? « Ces gens là ne respectent pas la démocratie et doivent être exclus du processus, dixit un jour de 1er mai 2013 un certain Tarek Kahlaoui. Nous allons leur apprendre ce qu'est la démocratie et, après, ils pourraient éventuellement revenir ». Et le choix du peuple ? « Le peuple est manipulable ! », vous répond-on en donnant rendez-vous dans 7-10 ans.
Il fallait trouver un autre stratagème et il est pondu par la présidence de la République. Il s'appelle « Le livre noir », un véritable ouvrage de règlement de comptes avec les adversaires du corps médiatique et des intellectuels qui osent s'opposer aux « gentils démocrates », alors qu'ils sont eux-mêmes des corrompus et des laudateurs de l'ancien régime.

Une grosse polémique est déclenchée, la justice est saisie (et elle ne fera absolument rien pour rendre l'honneur bafoué de nombreuses victimes de ce livre) et, au lieu de résoudre le problème de fond, on pond une loi relative à la justice transitionnelle. La loi est vraiment pondue dans l'urgence et contient beaucoup d'irrégularités. Elle a été carrément bafouée par ceux-là mêmes qui l'ont rédigée, à commencer par la présidente de l'instance chargée de nous dire la vérité et de nous rendre la dignité. Ses contrevérités, l'argent qu'elle a reçu de l'étranger, ses procès intentés contre ses opposants, ses règlements de compte, ses violations de la loi sont toutes passées sous silence.
Ces faits ont été dénoncés par plusieurs personnalités politiques, par des hommes de médias (à commencer par moi-même ce qui m'a valu deux procès encore en cours, en attendant un troisième en cours de confection) et par des membres démissionnaires de l'Instance elle-même.
En dépit de ce manège, l'ancien pouvoir fermait les yeux et laissait faire. Ceci ne pouvait cependant pas durer. Il ne saurait durer ! La Tunisie a ses hommes et ses femmes qui ne pouvaient en aucun cas laisser ce manège perdurer. On veut une véritable justice transitionnelle et non de justice transactionnelle. Une justice valable pour tout le monde et non uniquement pour les « amis » de la présidente aux barbes artificielles.

Le pays a ses hommes et ses femmes et ses hommes et femmes ont imaginé un nouveau process pour sauver le pays des griffes des barbes artificielles, anciens mercenaires des droits de l'Homme. En pleine saison estivale, en pleines vacances et à la veille de l'aïd, ils rendent public leur projet de loi. Question d'éviter la polémique et les surenchères patriotiques par des personnes qui n'ont jamais hésité à fuir le pays et faire la manche aux étrangers.
Après avoir occupé le palais de Carthage, Béji Caïd Essebsi signe là sa première action concrète pour sauver le pays des déboires vécus depuis 2011, proposant une loi qui piège ses propres adversaires. Vous voulez la réconciliation ? La voici ! Elle n'est pas contraire à la vôtre, elle a le même esprit ! Elle englobe juste des personnes autres que vos amis et ne fait pas de la sélectivité dans les affaires, comme celle que vous avez pondue en urgence, au lendemain de la polémique de votre livre noir !

A cette principale actualité de la semaine de l'aïd, est venue s'ajouter un fait-divers passé inaperçu quasiment. Il s'agit de la saisie de l'équivalent de quelque 44 millions de dinars en devises et lingots d'or, par la douane tunisienne, transférés d'une manière illicite depuis la Libye.
Les détails réels autour de cette opération sont maintenus secrets pour le moment, mais on sait tous que le trafic de devises se fait ouvertement dans le sud du pays, particulièrement à Ben Guerdane. Cela n'a rien de nouveau et ça remonte à l'ère Ben Ali. La différence est que les contrebandiers de l'époque collaboraient avec le pouvoir central. On ferme les yeux sur vos trafics, mais vous empêchez le transport d'armes, de stupéfiants et de produits interdits.
Depuis la révolution, les choses ont changé et les contrebandiers sont devenus de véritables mafias, échappant à tout contrôle. L'ancien chef du gouvernement, Mehdi Jomâa, a tenté de lutter contre cette mafia, mais il n'a pas pu en venir à bout, les contrebandiers ont déclenché immédiatement des émeutes bloquant tout le sud.
Depuis la révolution, ces mêmes contrebandiers ont commencé à collaborer avec des figures politiques bien déterminées pour différentes raisons. Ils ne sont pas étrangers aux différentes émeutes observées au premier semestre. La première d'entre elles est qu'ils ont besoin d'un pouvoir faible, d'instabilité et de chaos pour pouvoir faire leur business. La deuxième, et non la dernière, est que les figures de l'actuelle opposition leur sont proches idéologiquement et ont des liens familiaux et tribaux communs.

Après l'annonce de la construction d'un mur frontalier pour endiguer le trafic d'armes et de contrebande, ces figures politiques de l'opposition ont commencé à crier au scandale et à s'opposer. Ils ont commencé à faire monter la sauce et à rassembler leurs proches pour faire capoter le projet. Quand on leur dit qu'il faut lutter contre le terrorisme, ils vous répondent que le mur nuit à l'élevage des chameaux. C'est caricatural ? Non, c'est la pure vérité !
Comment venir à bout de cette gronde naissante et nourrie par des discours de soi-disant politiciens, considérés par les leurs comme chevronnés et patriotes ? Le nerf de la guerre c'est l'argent et la saisie de ces 44 MDT n'est pas étrangère à l'histoire du mur et de la lutte contre le terrorisme. Il y a toujours eu des devises dans le sud et le pouvoir a toujours fermé les yeux. S'il réagit maintenant, c'est qu'il y a une raison et on ne saurait croire que c'était un simple et ordinaire contrôle douanier derrière la saisie.
La réaction ne s'est pas faite attendre, les figures politiques qu'on voit systématiquement avant des grabuges au sud étaient réunies, hier dimanche, à Ben Guerdane pour parler du mur.
Ce sont ces mêmes figures qui ont fui le pays il y a quelques années, échappant définitivement à la case justice, pour des faits similaires de tentatives de déstabilisation du pouvoir central. Ce sont ces mêmes figures qui veulent nous apprendre la démocratie et qui vont apprendre maintenant ce qu'est la politique. La Tunisie a ses hommes et ses femmes et ils lutteront, jusqu'au bout, contre le terrorisme, le chaos, l'obscurantisme et la justice transactionnelle et revancharde de ces figures.


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