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Marzouki : le Don Quichotte moderne
Publié dans Business News le 23 - 07 - 2015

Don Quichotte est ce personnage créé par Cervantes dont il a dépeint la fausseté pour démasquer l'imposture primordiale de toute société policée, sous une façade de culture et d'idéologie, dissimulant ainsi ses mobiles intéressés.

Selon Michel Foucault, Don Quichotte est un fou. Mais Cervantes ne l'entend pas comme malade. Il l'entend comme une déviance constituée et entretenue.
Le lecteur averti saisit rapidement le sens de la métaphore. Marzouki, à l'instar de Don Quichotte, est un personnage inspiré. L'occident raffole de ce genre de personnages dont il use pour réaliser son dessein de faire régner la « démocratie libérale » partout dans la planète. Ils ont mijoté des « leaders musulmans » pour perpétuer leur ingérence. Ces dirigeants fabriqués par l'occident suivant des circuits adaptés à la conjoncture de chaque pays. Notre Don Quichotte national a cru devoir proclamer sa présidence.

Le Président Auto-révélé
Notre Don Quichotte national a révélé son accession à la présidence de la République depuis son retour de son exil doré en 2011. Beaucoup de Tunisiens ont gardé des traces du retour de ce prodige.
Il est vrai que très tôt, il bénéficie de la bénédiction des organisations de droit de l'homme manipulées par la CIA. Son histoire personnelle en faisait le personnage idoine d'un « militant droit de l'hommiste ». Il est le fils d'un Tunisien qui a quitté le pays à l'aube de « l'indépendance » par crainte de représailles et s'est installé au Maroc. Le fils le rejoint pour suivre ses études puis s'en va en France où il fait des études en médecine. Devenu médecin, il atterrit à Tunis où le professeur Mongi Ben Hamida l'accueille de maniéré très réservée. Il migre à la Faculté de médecine de Sousse.
Notre Don Quichotte national n'a pas pu accréditer l'image de la victime du régime de Bourguiba en raison du ‘'youssefisme'' de son père puisqu'il obtient l'agrégation à la Faculté de médecine de Sousse. Bénéficiant d'un salaire payé par le citoyen tunisien, il n'a presque pas dispensé de cours. Les « saints protecteurs » le prédestinaient à la mission des droits de l'homme. Il devient même président de la Ligue pour enquiquiner Ben Ali, ami des protecteurs de notre inspiré. Il lui permet de se faire une place médiatique avec estampille « militant des droits de l'homme ». Ses amis français lui offrent un poste d'enseignant formel pour l'aider à dénoncer la dictature de l'ami du couple franco-américain, Ben Ali. Son mentor le met en contact avec les acolytes qui l'arrosent de ses subsides par le canal de chaîne Al Jazira.

Le « Président militant » a abaissé la fonction présidentielle par des actes dont elle ne se relèvera pas. Pour nos intellectuels il faut préciser que cet abaissement n'est pas le fruit du hasard et qu'il s'inscrit bien dans la philosophie des néolibéraux d'attaquer l'Etat-nation. Il faut seulement concéder que notre Ex a accompli la mission de manière « très primaire ». N'a t-il pas introduit les « militants de la révolution » au Palais Présidentiel et intervenu en justice pour leur offrir sa protection ? N'a t'il pas reçu les «Prédicateurs Wahabites les plus débiles et détestables » au Palais ? N'a t-il pas invité les amis de la Syrie à venir se réunir à Tunis ? N'a t-il pas décidé de renvoyer l'ambassadeur de Syrie qui n'était pas en poste ? Notre Don Quichotte national a accompli la mission confiée par les Américains. La mission des présidents choisis par ces derniers varie selon les spécificités des pays.

Pour donner un éclairage sur les techniques de l'ingérence et saisir ses enjeux, je vais comparer le destin politique de trois Présidents de pays qui différent en taille et en poids. Si la Turquie est un grand pays économiquement solide, l'Egypte est aussi un grand pays important sur le plan stratégique pour les Américains. La Tunisie est un petit pays économiquement faible mais d'une certaine importance sur le plan stratégique. Les trois Présidents sont des « musulman politiques ». Cependant si les deux premiers ont pris le pouvoir suite à des élections certifiées « honnêtes par les Américains », notre Don Quichotte national a été amené au pouvoir pas les Frères sur injection américaine. Les frères sont respectueux des décisions de leur bienfaiteur.
Le Turc a péché par excès de confiance en ses moyens. Arrivé au pouvoir grâce à l'appui américain, il a réussi à implanter l'islam politique en Turquie. Il a tout fait pour répandre l'islam politique dans le monde arabo-musulman. Se croyant grand, Erdogan a ignoré certaines règles élémentaire de conduite dans la cour des grands ce qui lui a fait perdre les élections de 2015. Les Américains ne lui ont pas pardonné sa manière cavalière de tenir à détrôner Bachar El Assad ! N'est pas grand qui veut ! Il sera l'une des victimes de l'accord américano-iranien.
L'Egyptien Morsi, quant à lui, a cru pouvoir régner en maître d'un pays d'une importance capitale sur le plan stratégique, qui plus est, est doté d'une armée forte. Ayant voulu satisfaire les Américains, il a été emporté par un courant populaire qui a contesté son pouvoir en se fondant sur l'armée. Notre Don Quichotte a pu durer trois longues années en réalisant tous les vœux des Américains.
Il a exaucé les vœux des « frangins musulmans » sans prétendre à avoir « un rôle à jouer ». Son accord pour le transfert de l'ancien Premier Ministre Libyen a terni l'image de la Tunisie ! Mais les frères n'ont pas spécialement de problème de conscience. Sa dernière prouesse a consisté a manifester en faveur de la levée du blocus israélien sur Gaza ! Les autorités israéliennes n'ont pas voulu le poursuivre. Ils l'ont mis dans le premier avion à destination de Paris. Les organisations internationales ne semblent pas avoir été émues par la rebuffade essuyée par un de leurs dévots. Notre Don Quichotte national ne sait pas que les dévots ont une durée de vie déterminée !!

« Le Président démocrate » des musulmans libéraux
Notre Don Quichotte national a été promu président de la République sur injonction américaine, aux islamistes revenus en grâce aux Etats Unis. La réapparition des islamistes a été décidée par les officines américaines depuis 2003.
« Ces musulmans politiques » adhérent à l'idéologie libérale. En outre, ils sont manipulables à merveille. Peu porté à la constatation du droit d'ingérence de l'Occident, ils se conforment à la volonté de réduire la Déclaration Universelle les droits de l'Homme à un ensemble d'idéaux et vident de son sens la déclaration de l'ONU en 1960 sur l'indépendance des pays et des peuples colonisés. La super puissance américaine « fabriqua » la doctrine des Droits de l'Homme pour perpétuer l'ingérence.
Ainsi la compagne en faveur des droits de l'Homme remis avant tout au goût du jour l'argument de Sepulveda - Théologien du XVeme siècle – qui prôna le devoir des civilisés de réprimer la barbarie. Emmanuel Wallertein, historien et sociologue américain, dans son livre passionnant « L'Universalisme Européen. De la colonisation au droit d'ingérence » a démontré comment les Américains ont usé de la rhétorique des droits de l'Homme. Mais nos intellectuels ont été tellement obnubilés par le phénomène d'Indépendance qu'ils ont omis de voir ses véritables enjeux. En effet, ce phénomène d'indépendance n'a pas empêché la domination culturelle érigée par l'Occident en règle. La parité entre les cultures n'a point d'existence pour les Occidentaux. Et, intervenir dans la marche des anciennes colonies par l'utilisation des Indigènes s'inscrit dans la logique de la domination. Les intellectuels du Sud feignent ou ignorent que le droit d'ingérence dans les affaires intérieures plonge ses racines au cœur de la structure politique et éthique du système -mode moderne.

En pratique, l'intervention est un droit dont s'empare le plus fort. Pour la légitimer, les occidentaux usent de la justification éthique – le droit naturel et le christianisme au XVI é siècle, la mission civilisatrice au XIX é siècle, les droits de l'homme et de la démocratie à la fin du XX é an début du XXI é siècle.
Notre Don Quichotte national a été choisi parmi une pléiade de politiciens formés par les fondations américaines pour répandre la nouvelle rhétorique des droits de l'homme .Il était appuyé par les organisations internationales de droit de l'homme qui ont proliféré parti des années 70.
Ces ONG formaient des hommes politiques qu'ils utilisaient comme opposants aux dictateurs choisis par l'Occident pour servir ses intérêts. Ainsi il déterminait la politique des jeunes Etats. Nos amis américains ont choisi pour nous les islamistes modérés à qui ils ont soufflé la marche à suivre, conscient de la docilité des nouveaux acteurs politiques dont la déviance ne pose pas problème.

*Avocat Prés la Cour de Cassation


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