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Du « complot » et de l'irresponsabilité
Publié dans Business News le 25 - 01 - 2016

Parmi les maux qui rongent le corps malade de la classe politique en Tunisie, il y a la théorie du complot. Elle est souvent utilisée pour se déresponsabiliser et ne jamais se remettre en question. A force de vouloir toujours chercher un bouc-émissaire extérieur, on essaye de s'affranchir de toute responsabilité et on se donne bonne conscience tout en avouant son impuissance. Les mains invisibles de « l'étranger » qui nous veut du mal et qui cherche à saboter tous nos projets est un porte-manteau très commode qui témoigne de l'immaturité politique et de l'impuissance de celui qui adhère à ces explications trop faciles.

L'aveu d'impuissance consiste à désigner le ou les responsables de nos malheurs comme étant « un ennemi » étranger tapi dans l'ombre et qui tire les ficelles. Cet état d'esprit est très commode pour tous ceux qui n'ont ni le courage ni la force d'assumer leur responsabilité et de prendre les problèmes à bras le corps. Preuve si l'en est de ce mal profond, face aux troubles qui secouent le pays, les figures politiques ont rejeté la responsabilité sur les autres et les mains invisibles de « l'étranger ». Ils n'ont pas eu le courage d'assumer ne se serait-ce qu'une part de responsabilité pour ne pas dire sa totalité. Aucun ne s'était posé la seule question qui vaille : qu'est-ce que j'ai fait ou pas fait pour que les choses se dégradent de la sorte ?

Quand bien même, il y a des intérêts étrangers et des services qui oeuvrent à créer des conditions d'instabilité, d'autres services et d'autres intérêts font exactement le contraire car les intérêts stratégiques ne sont pas toujours les mêmes et on a rarement vu dans l'histoire une convergence totale entre l'ensemble des acteurs internationaux, même pas contre le nazisme. De plus, aucun complot étranger ne peut réussir s'il ne bénéficie pas de complicité interne. Alors, il faudrait d'abord balayer devant sa porte, assumer ses responsabilités, tenir compte des enjeux nationaux et internationaux, garder le cap de l'intérêt national quelles que soient les conditions et éviter de se mettre à dos la moitié du monde.

Les derniers propos de Moncef Marzouki sont tout simplement irresponsables, scandaleux et confirment ce que j'ai appris à mes dépends il y a presque trois ans, à savoir : l'impulsivité et la partialité dans le traitement des questions d'intérêts nationaux. Ces propos envers les Emirats Arabes Unis, venant d'un ancien chef d'Etat sont tout simplement indignes d'un homme politique. M. Marzouki est malheureusement coutumier de ce genre de déclaration et ce genre d'incidents diplomatiques. Crises avec l'Algérie, la Libye, la France, la Syrie, l'Egypte et aujourd'hui les Emirats sont quelques florilèges des « exploits diplomatiques » enregistrés par M. Marzouki depuis cinq ans. Cela témoigne de cette attitude irresponsable.

La parole d'un chef d'Etat, même ancien, reste entendue et ne doit en aucun cas être prise à la légère. M. Marzouki qui dénonçait les propos irresponsables que certains hommes politiques proféraient à l'encontre du Qatar du temps où il était président de la République se trouve aujourd'hui dans la même posture. Il emprunte les mêmes termes, mu par la même attitude binaire et irresponsable. Il perd de vue, comme il l'a déjà fait à plusieurs reprises, l'intérêt du pays et se laisse guider par la haine et l'esprit de revanche.

Ce qu'on peut reprocher à une bonne partie de cette génération politique c'est qu'elle est capable de perdre de vue la Tunisie et ses intérêts au profit de règlements de comptes personnels et mesquins. Certains ignorent que chaque prise de position a inévitablement des retombées ambivalentes, voire, polyvalentes. Le tout c'est de faire en sorte que seul l'intérêt du pays prime quitte à en payer le prix personnel. Les relations internationales n'ont de constant que leur inconstance comme dirait Averroès. Les alliances, les « amitiés », les convergences d'intérêts y sont, par définition, provisoires. L'habileté d'un homme politique consiste à ne jamais perdre de vue une règle élémentaire : avoir les moyens de sa politique.

M. Marzouki semble ignorer ce qu'est le devoir de réserve qui incombe à tous les responsables politiques dès lors qu'il s'agit de l'intérêt de la Nation. Il semble que ces prises de position sont exclusivement déterminées par ses visées électoralistes à l'adresse du fonds de commerce électoral qu'il convoite. Faire les yeux doux à ses protecteurs étrangers –quelle ironie !- et aux extrémistes locaux pour faire changer la donne politique dans le pays est tout simplement irresponsable de la part d'un ancien chef d'Etat. L'intérêt partisan et personnel ne doit en aucun cas se faire au détriment de la Nation et de l'intérêt général. De la même manière qu'il était scandaleux de désigner le Qatar comme bouc-émissaire, il l'est tout autant aujourd'hui pour les EAU.

Comme il n'était pas capable de mettre le costume d'un président, M. Marzouki est aujourd'hui incapable de mettre celui d'un opposant responsable et soucieux de l'intérêt de son pays. N'a-t-il pas viré sa cuti au grès de ses intérêts personnels ? N'était-il pas, du moins en apparence, opposé au projet d'Ennahdha jusqu'au congrès du CPR le 24 août 2012 avant de se mettre à plat ventre devant ses dirigeants dès qu'il a senti le danger pour son fauteuil ? Ne s'était-il pas mué encore en opposant d'Ennahdha quand Ennahdha a choisi Essebsi comme son candidat à la présidentielle ? N'avait-il pas fait tout cela malgré les conseils prodigués par Aziz Krichen et moi-même, l'incitant à être le président de tous les Tunisiens, à ne voir son intérêt que dans l'intérêt général, à être rassembleur au lieu de cliver les Tunisiens ?

M. Essebsi doit son succès à M. Marzouki qui n'a pas su porter le projet que l'écrasante majorité des Tunisiens souhaitaient. C'est M. Marzouki qui a rendu viable le projet de Nidaa parce qu'il n'a pas su comment être président.

L'étoffe de responsables politiques mus uniquement par l'intérêt général manque cruellement à notre pays. Je l'ai appris à mes dépends, le jour où j'ai cru en la « sincérité » de M. Marzouki. Une croyance qui s'est érodée au fil de mes désenchantements. Il m'a fallu trois mois et demi au plus près de M. Marzouki pour m'en rendre compte. Vivre le mythe d'Icare à l'envers est une expérience douloureuse ! M. Marzouki est malheureusement aux antipodes de Dédale. Il est davantage séduit par les abysses que par les hauteurs.Quand les hommes de valeur se font rares, la seule loyauté qui vaille c'est celle envers sa Patrie.


*Universitaire et dirigeant d'entreprise.


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