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Une femme en Tunisie est présumée coupable, de tout, jusqu'à preuve du contraire
Publié dans Business News le 25 - 11 - 2016

Coupable d'aller dans un bar, coupable de voyager avec ses enfants, coupable de marcher seule dans la rue, coupable d'épouser un non-musulman, coupable d'hériter de ses parents ou de son époux, coupable du choix de ses vêtements, coupable de prendre un taxi avec un étranger.


Et la société a trouvé des solutions à tous ces abus. Et elle applique ces solutions à titre préventif et prématurément. Dès l'école, on fait porter aux filles des tabliers roses afin d'identifier ces fauteuses supposées. Ensuite, on s'y met tous pour les convaincre que leur seul salut ne peut venir que d'une vie rangée, où elles font des études mais pas trop, où elles s'habiller de manière discrète en beige ou en noir de préférence, où elles font la cuisine et la pâtisserie, où elles ont le brushing parfait, où elles se marient et font des enfants.


Cessons cette hypocrisie. La femme tunisienne est persécutée. Tout est fait pour l'écarter de l'espace public. Les événements importants de la vie se passent dans des lieux qui lui sont interdits: la première socialisation se fait dans la rue, les notions de groupes et d'appartenance se développent dans les cafés, les mariages se font dans les mosquées et les rituels de la mort se déroulent dans les cimetières. Autant de lieux que la société et la tradition interdisent à la femme.


Au-delà des aspects évidents liés au conservatisme de la société, de véritables problèmes se posent tels que la transmission de biens, la liberté de circulation, le choix du conjoint et l'égalité dans l'héritage. Harcelée dans la rue, discriminée à l'école et au travail, culpabilisée d'être visible, la femme n'arrive pas à être autonome dans ses droits sociaux et économiques.


Il s'agit bien d'une question de mentalité, mais également d'une question de législation et de procédures administratives. Aux yeux de l'Etat, la femme est une créature mineure et inférieure. L'administration ne considère pas la femme comme un citoyen à part entière. L'archaïsme de qualifier une femme de "épouse untel" sur les documents officiels, l'abattement fiscal qui ne bénéficie qu'au mari, les allocations familiales qui sont servies par défaut au père, la tutelle de la mère non reconnue, sont autant d'aberrations.


Allant de là, il est tout à fait normal qu'un policier se sente autorisé à demander à une femme ce qu'elle fait dans la rue et à demander à une étudiante si ses parents sont d'accord sur sa façon de s'habiller.

Il est clair que ces débats doivent être posés. Mais par qui? Qui portera ces arguments? Qui imposera les changements nécessaires? Est-il temps de ramener le féminisme?

Le féminisme a été, avant tout, un mouvement de solidarité entre les femmes et pour les femmes. Cette solidarité ne semble plus de mise dans un environnement local et global favorisant l'individualisme, le conservatisme, la moralisation de la société. Le féminisme avait également bénéficié de femmes ferventes et passionnées qui avaient porté la cause de l'égalité et de l'émancipation.


La responsabilité est peut-être celle de ces femmes qui réussissent dans la vie professionnelle, culturelle, sociale, économique ou politique et qui oublient de profiter de leur visibilité pour défendre ces causes. En politique, en particulier, les femmes propulsées, nommées, élues sont-elles uniquement un facteur marketing? Certes, elles sont peu nombreuses mais, si elles n'assument pas leur représentativité pour promouvoir leurs semblables, elles demeureront isolées et rares.


*Activiste de la société civile


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