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Des protestations pas si innocentes que ça !
Publié dans Business News le 10 - 01 - 2018

Les protestations nocturnes qui ont eu lieu les deux derniers jours, contre la cherté de la vie et la hausse des prix, se sont transformées en actes de vandalisme et de banditisme. Des heurts qui ont touché plusieurs villes et quartiers à travers tout le territoire tunisien. Retour sur des événements aussi tristes que douteux.

C'est dans la soirée du dimanche 7 janvier, que les choses ont commencé à bouger. Des protestations nocturnes ont été organisées contre la loi de Finances 2018. Des mouvements de colère citoyens, annoncés comme pacifiques, ont dégénéré en heurts avec les forces de l'ordre mais aussi en incendies et actes de vandalisme.
Ces manifestations se sont poursuives et sont même montées d'un cran les jours suivants. Vers les coups de 19h, les rassemblements commençaient, dans plusieurs régions. Tebourba, Ettadhamen, Jedaïda, Slimane, Bouargoub, Nefza, Makther, Testour, Thala, Jelma, Douz, Bouhsina, Douz, Gtar… les villes et les quartiers ne peuvent être énumérés, tellement le mouvement était vaste.
Cependant, le modus operandi reste le même, pneus incendiés, jet de pierre et de cocktails Molotov, barrage de routes, attaque des établissements de souveraineté et pillage des supermarchés, des banques, des recettes de Finances et des dépôts municipaux. Dans la foulée, deux synagogues ont été incendiées à Djerba, par des « manifestants ». Il s'agit de la Synagogue du Rabbin Abraham et du Rabbin Beitsalel. Et même si aucune perte n'a été enregistrée grâce à l'intervention des forces de l'ordre et des agents de la Protection civile, l'intérêt d'un tel acte de vandalisme reste cependant flou.

Ces manifestations nocturnes ont, bien évidemment, nécessité l'intervention massive des forces sécuritaires, dans les quatre coins du pays pour tenter de maîtriser la situation, avec le minimum de dégâts. Une situation qui est devenue hors de contrôle dans certaines régions, ce qui a nécessité l'intervention de l'armée nationale pour assurer la protection et la veille sur les établissements publics, principalement visés par les assaillants.
Certains citoyens se sont même mobilisés pour assurer la protection des biens publics, des commerces et de leurs demeures. De quoi rappeler les épisodes vécus les jours suivant le 14 janvier 2011. Un scénario qui tente de se reproduire malgré la différence des arguments avancés et du contexte.

C'est dans ce même contexte que le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khalifa Chibani, a dressé le bilan des opérations policières réalisées par les forces de l'ordre pour mettre fin aux actes de vandalisme. « En tout, nous avons arrêté 206 personnes présumées impliquées dans des violences et des vols dans la soirée du 9 au 10 janvier. 49 policiers ont été blessés dans tout le territoire suite à ces violences, en plus de la destruction partielle de 45 véhicules de police ».
M. Chibani et d'autres sécuritaires s'accordent sur le caractère « criminel et planifié » de ces manifestations. Plusieurs éléments ont été constatés, prouvant que le mouvement ne peut être spontané. C'est dire que la simultanéité du démarrage des rassemblements dans plusieurs régions et les points vitaux visés par les agresseurs, laisse entendre que l'action est préméditée et bien calculée. Des témoins oculaires, ainsi que des vidéos, montrent que les saccageurs arrivent sur les lieux de troubles, dans des voitures de location ou estafettes, bien équipés : armes blanches, bâtons, chaînes, pneus, cocktails Molotov …. Toute la panoplie nécessaire pour semer la pagaille et dévaster les lieux. D'ailleurs, des témoins affirment reconnaître des contrebandiers parmi les malfaiteurs. Ces derniers, attaquaient, principalement, les dépôts municipaux et les recettes de Finances pour s'accaparer des marchandises saisies, des cigarettes, des tampons, etc.
Un autre élément qui appuie la thèse de manipulation de ces protestations est l'argent distribué aux jeunes pour les inciter à descendre dans les rues. D'ailleurs, un agent administratif à la délégation de la jeunesse et du sport à Cité Ezzouhour à Kasserine, a été arrêté dans ce cadre. Il est suspecté d'avoir donné de l'argent à des jeunes du quartier pour manifester. Même s'il a nié les faits qui lui sont attribués, un montant de 2000 DT (des billets de 10 DT) a été trouvé en sa possession. Des citoyens affirment que cela a été le cas dans d'autres régions.

En tout état de cause, tous les acteurs de la scène politique s'accordent sur l'illégitimité de ces actes de vandalisme, soulignant que les protestations contre la cherté de la vie et la hausse des prix ne peuvent être exprimées de la sorte.
De leur côté, les partis politiques s'accusent mutuellement d'être derrière ces mouvements à caractère purement criminel. Lorsque le Front populaire accuse la coalition au pouvoir d'en être derrière, le mouvement Ennahdha considère que c'est bien le lui qui est responsable de ces actes dévastateurs.
Une déclaration du chef du gouvernement vient, cet après-midi, apporter de l'eau au moulin d'Ennahdha. Youssef Chahed a, en effet, affirmé que les récents actes de vandalisme et de pillage servent le compte les réseaux de corruption...mais aussi ceux du Front Populaire.

« Ces pilleurs sont à la solde des corrompus que nous avons arrêtés et des contrebandiers sur lesquels l'étau s'est resserré avec la guerre que nous menons contre la corruption. Disons les choses clairement, ils agissent aussi, malheureusement, dans l'intérêt de certains politiciens irresponsables qui les y incitent, le Front populaire a voté l'augmentation de la TVA puis a appelé à sortir dans la rue pour faire tomber la loi ! Je voudrais tranquilliser les Tunisiens, l'Etat est debout et résistera ! » a précisé Youssef Chahed, ajoutant que les investigations détermineront les responsabilités de « qui se cache » derrière le chaos dans certaines régions du pays depuis deux jours.

Il est certain que la hausse des prix et la cherté de vie ont créé une véritable colère et frustration chez le Tunisien, toutefois, rien ne peut justifier la violence et le pillage. Si les derniers événements condamnés, même par les plus démunis, servaient l'intérêt de certaines parties, ils ne servent en aucun cas les intérêts de la Tunisie et ceux du citoyen, première victime de ce vandalisme.


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