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Depuis la révolution, 95 mille compétences ont quitté la Tunisie
Publié dans Business News le 05 - 08 - 2018

Les médecins tunisiens, jeunes ou expérimentés, constituent aujourd'hui le plus gros contingent des migrants après les ingénieurs, notamment en informatique, et les enseignants universitaires. Animés par une forte ambition et visant de nouveaux horizons, l'exode des praticiens, tous azimuts, nécessite-t-il de tirer la sonnette d'alarme ou plutôt de se réjouir de l'internationalisation de nos compétences et leur distinction, brillance et exploits à l'étranger ?
Intervenant en marge des travaux du congrès du syndicat des médecins, des médecins dentistes et des pharmaciens de la santé publique tenu 24 juillet 2018 à Hammamet, le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi a indiqué que depuis début 2018, 630 médecins ont quitté le pays vers l'étranger. Ce nombre s'élèverait à 900 en 2019 ainsi qu'à 2700 en 2022, augmentant davantage le déficit du secteur souffrant déjà de l'exode de 1500 médecins. Un exode qui aggrave la crise du secteur de la santé publique dans l'absence d'un recrutement des médecins pendant les années 2017 et 2018.
L'infrastructure délabrée, la pénurie des médicaments et équipements médicaux ainsi que des conditions de travail souvent exécrables, s'ajoutent également au déficit financier des établissements de la santé publique atteignant près de 700 MD vu la détérioration de la situation des caisses sociales. Des chiffres alarmants qui pourraient être évités par une simple réhabilitation du secteur et amélioration du dispositif sanitaire.

Sami Souihli, secrétaire général sortant du syndicat des médecins, des médecins-dentistes et des pharmaciens, aussi présent à ce congrès, a pour sa part lancé un cri de détresse. Selon lui, la détérioration de la situation de la santé publique notamment sa marginalisation au profit du secteur privé a poussé des milliers de médecins à quitter le pays tous les ans. A titre d'exemple, 45% des jeunes médecins parmi 400 inscrits en 2017 au Conseil de l'Ordre des médecins en Tunisie ont également quitté leur pays. Un phénomène qui s'étend jusqu'aux étudiants à l'étranger dont 55% refusent de rentrer en Tunisie et dont la majorité a ont opté pour des écoles et des filières tunisiennes débouchant sur des recrutements à l'étranger.
A ce propos, en mois de janvier 2018, le ministre de la Santé, Imed Hammami a exprimé son inquiétude vis-à-vis la fuite des cerveaux qui plombe le secteur. Il a, dans ce sens, avoué que l'Etat est dans l'incapacité de retenir les médecins notamment les seniors qui représentent 16% des médecins de la santé publique. Quant aux juniors, Imed Hammami a indiqué que certaines mesures pourraient être appliquées. Ces mesures imposent en effet aux jeunes médecins de travailler au moins 3 ans dans leur pays d'origine avant de s'expatrier.

Les médecins ne sont, certes, pas les seuls concernés. D'après les dernières données de l'Association des professionnels des ressources humaines en Tunisie, 95 mille compétences ont quitté le pays depuis la Révolution principalement pour la France, l'Allemagne ou le Canada à la quête de nouvelles opportunités professionnelles, afin de fuir la situation actuelle du pays, faute de postes convenables à leurs qualifications, ou tout simplement pour vivre une nouvelle expérience. Parmi ces 95 mille, 45 mille sont des enseignants universitaires générant ainsi la fermeture de nombreux laboratoires de recherche par manque de personnel compétent. Les étudiants se retrouvent alors sans professeurs se répercutant négativement, indubitablement, sur le déroulement des cours et engendrant la dégradation des résultats des étudiants. 2500 ingénieurs, toutes spécialités confondues font, par ailleurs, partie de ces 95 mille compétences ayant choisi de s'envoler vers d'autres pays plus développés où des opportunités plus intéressantes pourront s'offrir à eux.
Selon le même rapport, sur 119 pays, la Tunisie a été classée à la 83ème place en matière de compétitivité des talents, reculant ainsi de 6 places par rapport à 2017. En ce qui concerne l'attraction des compétences, elle a occupé la 103ème place alors qu'elle était classée 94ème en matière de développement de talents. Les 5 pays en tête de ce classement sont la Suisse, Singapour, les Etats-Unis, la Norvège et la Suède. Cela revient aux systèmes éducatifs instaurés dans ces pays et qui répondent aux besoins du marché, au développement des compétences techniques et collaboratives ainsi qu'à la mise en place des politiques spécifiques incitant à rester dans leurs pays.

Attirés par des rémunérations importantes, des moyens plus sophistiqués, des perspectives d'avenir plus prometteuses, ainsi que des capacités remarquablement plus valorisées, les médecins, les juges, les professeurs universitaires, les chercheurs et les scientifiques, les hommes et les femmes d'affaires, jeunes et moins jeunes, ont opté pour l'étranger après leurs études en Tunisie. Cette hémorragie des compétences engendre des dégâts conséquents en matière de budget consacré par la Tunisie chaque étudiant. Entre 5 et 10 mille dinars par étudiant, selon la branche d'étude représentent, cumulés, une perte évaluée à des milliards de dinars du budget investi dans l'éducation.
Toutefois, le départ de ces hauts potentiels pourrait constituer un gain pour la Tunisie dans le sens où ces cadres sont un véritable gisement de compétences.

La mobilité des compétences, terme que préfère utiliser le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique peut aussi représenter, selon Mohamed Trabelsi, ministre des Affaires sociales, « un pont entre la Tunisie et les pays où ces compétences résident. Ces experts peuvent représenter leur pays à l'étranger et contribuer à l'économie nationale ». Les Tunisiens expatriés ont un attachement spécial à leurs pays et envisagent un retour si les conditions deviennent plus favorables pour entreprendre et contribuer à l'évolution du pays.
C'est dans cette optique que le chef du gouvernement, Youssef Chahed a annoncé que le gouvernement s'apprête à mettre en place une base de données des compétences vivant à l'étranger afin de faciliter l'établissement d'un lien entre elles et les universités, les instituts de recherche ainsi que les entreprises où elles travaillent. Youssef Chahed a aussi parlé de la mise au point d'une stratégie pour attirer les compétences tunisiennes à l'étranger et les inciter à investir en Tunisie en leur garantissant l'institution d'avantages en leur faveur.

Si nous voyons, cependant, la fuite des cerveaux comme une perte des compétences pour la Tunisie, les solutions sont présentes et elles existent. Il est nécessaire de s'orienter davantage vers la digitalisation afin de moderniser les mécanismes du travail et rehausser ses conditions. Il faut, en outre, développer le système législatif inhérent à l'innovation ainsi que réviser les politiques entrainant la migration du public vers le privé et l'exode des cerveaux. Il est également impératif d'aligner les besoins du marché avec la formation universitaire afin de réduire la fuite des cerveaux tout en assurant un environnement professionnel attractif. Au final, ceci représente un phénomène qui pourrait se répercuter positivement ou négativement sur les aspects social et économique de la Tunisie.


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