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Open Sky : quelques vérités que certains ne veulent pas entendre
Publié dans Business News le 08 - 02 - 2019

Le tourisme tunisien se porte-t-il vraiment bien ? Un paramètre résume à lui seul l'état des lieux : les hôtels ont enregistré en 2018 un taux d'occupation absolu moyen de 31%. En d'autres termes, la destination est théoriquement capable d'héberger trois fois plus de touristes. Mais pour cela, le salut devra venir du ciel à défaut d'avoir trouvé des solutions sur terre.

L'Open Sky, ce terme sacré qu'il est devenu presque difficile d'exprimer dans les milieux touristiques tunisiens sans qu'il n'irrite, énerve et ne génère des débats passionnés. Les multiples reports de son application seraient la cause de tous les maux dont souffre le secteur. C'est l'avis d'une frange d'opérateurs locaux (et non des moindres) mais aussi de responsables au sein de l'administration du Tourisme. Des problèmes que l'ouverture du ciel aux compagnies aériennes internationales résoudrait, parait-il, d'un claquement de doigts.
Le chef du gouvernement l'a dit au moins deux fois publiquement et officiellement : la Tunisie est prête mais c'est l'Union européenne qui ne l'est pas. Il y a effectivement ce dossier du Brexit qui remet en question les accords aériens européens et redessine la « définition de territoire » (notion juridique régissant le transport aérien international). C'est à croire que l'UE a tellement d'autres chats à fouetter qu'elle n'a plus le temps de gérer le petit dossier tunisien.
En théorie, la libéralisation du ciel tunisien face aux compagnies aériennes étrangères, et notamment les low-cost (compagnies à bas prix), permettra d'apporter une nouvelle clientèle, différente, individuelle, ayant favorisé les formules connues sous les noms de vols secs ou de packages dynamiques, sans avoir à solliciter les services d'un tour-opérateur classique. Dans quelles proportions et avec quels volumes ? Nul n'est capable d'avancer des estimations fiables.
Nous n'avons que le modèle que nous méritons
Aux yeux de certains, c'est de l'hégémonie des T.O dont il faut se défaire à tout prix. Et le moyen le plus court, ce serait l'Open Sky. Sauf que vouloir réduire l'emprise des voyagistes européens, c'est avoir une vision très étriquée et surtout très égoïste. D'abord, c'est casser un modèle que le tourisme tunisien a lui-même construit en son âme et conscience en 4 décennies au moins. Ensuite, c'est faire part d'une ingratitude tout bonnement insolente à l'égard de partenaires avec qui on continue de faire du business dans une démarche gagnant-gagnant.
Ceux qui rêvent de limiter l'emprise des TUI, Thomas Cook et consorts semblent oublier que l'Open Sky ouvrira la porte à de nouveaux dominants non moins puissants, en l'occurrence les Booking, Expedia, Airbnb et autres qui sont aujourd'hui les nouveaux maîtres de la vente de voyages en ligne, sans parler de la déferlante des GAFA en train de se mettre en place dans le tourisme. Pour résumer, et comme le dit si bien le dicton arabe, « échapper à la goutte pour finalement se retrouver sous la gouttière ».
Que ceux qui détiennent la formule magique capable de remplacer du jour au lendemain un modèle qui correspond finalement au seul type d'offre touristique dominante dont nous disposons, à savoir le balnéaire, lèvent le doigt !
L'art de taper sur Tunisair
La responsable de la non-application de l'Open Sky a bien-sûr été toute trouvée : Tunisair, celle par qui tous les problèmes du tourisme arrivent. Certes, le transporteur national n'est pas exempt de reproches, mais dans le cas d'espèces, il faudrait nuancer les choses. La compagnie ne craint pas pour son trafic charter, elle en refuse par manque de capacités. Elle est seulement inquiète pour un segment de clientèle précise auquel elle tient : les TRE (Tunisiens résidant à l'étranger), passagers particulièrement volatiles et infidèles au pavillon national pour peu qu'ils trouvent des billets d'avion, même pour deux sous, moins chers ailleurs. Mais l'Etat veille au grain et a mis en place une soupape de sécurité qui se traduira par un délai de grâce de 5 ans sur l'aéroport Tunis-Carthage à compter de la date d'entrée en vigueur de l'Open Sky. L'honneur est sauf.
Des négociations bel et bien finies
Le secteur de l'hôtellerie tunisienne, qui espère tant de l'ouverture du ciel, semble pourtant n'avoir pas pris en considération un autre facteur et non des moindres : ces chers syndicats qui ont juré la peau de l'Open Sky et ce depuis ce fameux 11 décembre de l'an de grâce 2017. Pour la petite histoire, ce jour-là, lors d'une cérémonie-mascarade, la Tunisie et l'UE avaient signé ce qu'ils avaient désigné alors comme « la fin des négociations » en matière d'Open Sky. On pensait que c'était une question de semaines, disons de quelques mois, pour l'entrée en application de ces accords tant attendus. Mais c'était croire au Père Noël. Car malgré le consentement des uns et des autres et l'approbation des témoins présents, le mari et la mariée sont rentrés chacun de son côté pour ne plus se revoir jusqu'à ce jour. Les syndicats, eux, gardent un œil ouvert sur le dossier.

Le Maroc, ce mauvais exemple
A chaque fois que la question de l'Open Sky est abordée dans les milieux touristiques, l'exemple du Maroc et de « sa politique judicieuse en matière d'ouverture du ciel qui a été bénéfique au tourisme » est remis sur la table. Sauf que la Tunisie n'est pas le Maroc et qu'il est nécessaire de comparer le comparable. D'abord en matière de charter, la Tunisie a laissé la voie libre à ce type de trafic depuis les années 70. On ne le sait pas toujours mais jusqu'à aujourd'hui, toute compagnie aérienne désireuse d'opérer en charter sur la Tunisie est autorisée à le faire quelque soit son pavillon d'origine et sans restrictions de fréquences. Une politique qui est à la base du modèle touristique balnéaire qui est le nôtre, que nous avons choisi et qui s'est construit au fil du temps avec le consentement de tous. Le Maroc n'est absolument pas dans la même configuration en termes de produits touristiques. Le Royaume dispose d'une offre plus en phase avec un trafic individuel de personnes et non de touristes assuré par les low cost. Ce qui n'est pas le cas de la Tunisie qui a misé sur la masse pour remplir ses hôtels en bord de mer. Si la formule a marché au Maroc, cela ne signifie par pour autant qu'elle est transposable ailleurs.
L'avion qui cache la vérité
Penser que les compagnies aériennes internationales vont se bousculer pour trouver une place sur les tarmacs de nos aéroports dès l'entrée en vigueur de l'Open Sky, c'est se fourrer un doigt dans l'œil et très mal connaître la réalité du secteur. Loin de nous toute idée de défendre Tunisair mais il est en effet sidérant d'entendre dire que « la compagnie détient le monopole » de certaines lignes sur Bruxelles, Londres, Genève, Lisbonne et autres. En fait, les accords bilatéraux entre les Etats donnent la possibilité aux compagnies portant le pavillon de ces pays de desservir la Tunisie en régulier. Ce sont elles qui ne le font pas pour une raison évidente : le marché tunisien ne génère pas assez de business sur l'année.
C'est autour de ce point que tourne toute la problématique de l'Open Sky : quand bien même la Tunisie ouvrirait son ciel aux quatre vents, le manque d'attractivité linéaire de la destination (et notamment en hiver) n'ameutera pas les voyageurs individuels et encore moins la foule de touristes. C'est une vérité qui fait mal mais qu'il faut admettre. Les low cost ne viendront en Tunisie que si elles en tireront des bénéfices financiers substantiels (EasyJet sollicite actuellement du Paris-Tunis par exemple). Aucunes d'entre-elles n'ont déjà fait de la charité, ce n'est pas demain sur la Tunisie qu'elles le feront. Les low cost, en supposant qu'elles feront le choix de venir, poseront d'énormes conditions à nos opérateurs aéroportuaires (OACA et TAV). Elles exigeront des subventions que nous n'avons pas et qui ne sont pas dans nos traditions d'affaires. Elles poseront de tels critères opérationnels aux handleurs (temps de rotation très serrés) qu'ils seront de toute évidence incapables de les tenir. Considérer par ailleurs que ces compagnies attireront de nouveaux clients par les prix est une grossière erreur, il suffit de consulter leurs tarifs en haute saison pour comprendre qu'elles lancent beaucoup de poudre aux yeux.
Il faut se rendre à l'évidence
Il serait bon de rappeler que les aéroports de Tabarka et de Tozeur sont en Open Sky et ce depuis bien avant 2011. Toute compagnie aérienne désireuse d'y atterrir en a toujours eu la possibilité sans concession. Et pourtant, aucune n'y a posé son train d'atterrissage pour autant. Ce qui confirme une fois encore que la question de l'attractivité de la destination et de son offre mono-produit trop axée sur le balnéaire estival doivent être traitées en amont avant toute chose.
En conséquence, il y a lieu de devoir dépassionner le débat et le réorienter sous un autre angle. Les pro-Open Sky doivent se rendre à l'évidence que l'ouverture du ciel n'est pas la panacée. Et ceux qui sont contre n'ont finalement pas lieu de s'inquiéter pour autant, il n'y aura pas révolution dans le ciel tunisien.
C'est sur terre que tout doit se jouer désormais. Car il est absolument aberrant de chercher à ramener de nouveaux clients quand on apprend que l'un des plus gros T.O du marché menace actuellement de réduire ses activités sur Djerba en 2019 si l'on ne résout pas immédiatement la question de la propreté et de l'environnement !
*Hédi Hamdi est journaliste et consultant dans le tourisme et le transport aérien


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