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«Une mer de lois»: 11 siècles de navigation et de commerce maritime
Publié dans Info Tunisie le 11 - 12 - 2009

INFOTUNISIE – Une mer de civilisations, de religions et de mythes, la méditerranée est aussi “une mer de lois” et notamment des lois maritimes compte tenu de l'importance en son sein de l'activité commercial, sujet de confrontation entre les différentes forces voulant chacune imposer son hégémonie sur cet espace.
Une production normative dense et variée arabe, italienne, espagnole, Ottomane… S'imposait donc pour réglementer l'activité maritime et pour pacifier les rapports entre les concurrents méditerranéens voir même rapprocher leurs peuples respectifs.
C'est dans ce sens que s'inscrit l'exposition ”Une mer de lois” du 25 Novembre au 10 Décembre à l'Académie des sciences, des letters et des arts (Beit al hikma) à Tunis organisée par l'institut européen de la Méditerranée avec le soutien du ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine et en collaboration avec l'ambassade d'Espagne en Tunisie.
30 Document entre manuscrits, livres, croquis et cartes..Retracent l'histoire des textes qui ont régit le commerce et la navigation en méditerranée entre le 7ème et le 18ème siècle et qui font escale, pour la première fois, en Tunisie.
L'exposition se présente en six itinéraires, allant de la “tension” à la “paix”.
c'est ainsi que la première étape de l'exposition s'intitule ”Une mer divisée” ou l'accent est mis sur les conflits de domination de la part des républiques italiennes naissantes comme celle de Genova, de Pisa et de Venezia face aux Hafsides en Tunisie, en Algérie et en Libye, avant l'entrée en jeux des Ottomans comme nouveaux concurrent… Ce qui a coupé la Méditerrané en deux entre le 16ème et le 17ème siècle.
La deuxième étape de l'exposition se consacre au “Monde de la navigation”, un monde qui obéit à ses propres règles et qui ne se laisse pas “emporter” par les conflits de domination politique.
C'est en partie grâce à une forte activité de navigation “faisant fi” des équilibres géopolitiques “sur l'eau” qu'une paix relative fut “observée” entre les différents concurrents de cet espace.
La Navigation ainsi que le commerce sujet de la 3ème escale de l'exposition ont joué un rôle primordial dans le tissages de rapports d'ententes entre les navigateurs, transporteurs et commerçants traversant les mêmes “vagues”..Ce qui a privilégié la naissance d'une “culture de la navigation”(techniques de navigation, outils, cartes, boussoles, point d'amarrage…) semblables chez les différent peuples de la Méditerranée, malgré leur concurrence quant à l'amélioration des moyens de navigation et de la rapidité des navires…
C'est le commerce qui a joué le rôle de pacificateur des peuples riverains en formant un espace d'échange non seulement entre les peuples de la méditerranée mais aussi avec d'autres espaces asiatiques, africains, et nord européens…Les méditerranéens se retrouvent donc comme au “centre du monde” unis par un lien fort, bien que “liquide”!
A partir du 11 ème et 12 ème siècle l'espace méditerranéen commence à connaitre une complexité des pratiques commerciales notamment avec la cohabitation de plusieurs cultures de commerce.
cette complexité a donné naissance a de nouvelles formes de contrat ,de procédures et de techniques d'approvisionnement et d'assurance ainsi que de nouveaux titres et documents… qui par leur propagation ont encore une fois créé une culture commerciale maritime bien partagée entre les peuples de la méditerranée.
Avant de s'arrêter à l'importance du legs Méditerranéen en matière de production normative tant écrite qu'orale l'exposition s'arrête aux relations tuniso-Espagnoles en la matière.
Des relations basées sur des alliances politiques dés le 13ème siècle notamment avec les Hafsides avant l'arrivée au trônes des Catalans d'Aragon qui ont imposé un impôt particuliers aux autorités en Tunisie et ont occupé les iles de Djerba et Kerkennah.
Les relations avec les Ottomans se sont traduites par des confrontations sanglantes aboutissant à l'occupation de la Tunisie entre 1535 et 1574 avant de signer un accord de paix en 1791 avec les beys de Tunis.
Durant toute cette période les navigateurs ont continué à commercer entre les deux pays…
L'exposition démontre que la facilitation des échanges de commerce été derrière l'instauration d'un dialogue entre les tunisiens et les espagnoles allant jusqu'à des” dialogues religieux” comme ceux initiés par Ramon Llull qui a visité la Tunisie dans une mission de rapprochement, appelée «Una Misión Apologética».
Trouver des solutions pratiques aux problèmes de la navigation et du commerce, sécuriser l'activité maritime et permettre” une utilisation” optimale des potentiels de cet espace ont été les raisons directes, dans tous le pourtour méditerranéen, de l'élaboration d'un « corpus normatif » issu de l'ensemble des expériences cumulées par les peuples de la Méditerranée.
Quelques références comme ”Costums del mar” qui devient après “Libre del consolat del mar” (13ème siècle), énumère ces pratiques.
Cet effort normatif ne fut pas seulement l'apanage des navigateurs et commerçants pratiquant la mer dans tous ces états.
Les juristes, jurisconsultes et religieux ont été d'un grand secours, notamment les jurisconsultes malékites du Maghreb. Preuve en est le livre de la ”location des navires”…
Un legs partagé entre tous les peuples de la Méditerranée, qui a donné naissance plus tard au droit maritime et au droit de la mer plus élaboré de nos jours.
Plusieurs règles juridiques de ce legs sont toujours en vigueur en Tunisie, Algérie et Maroc trouvant racine dans les écrits de Ibn AL Mouji, AL Binti et Ouarnissi…
Le ”Libro del mar” demeure une référence incontournable jusqu'au 19ème siècle avec l'apparition de nouveaux textes régissant la navigation et le commerce maritime.
Tout au long de l'exposition, les peuples de la Méditerranée, “mer de lois”, apparaissent comme des passeurs de savoir et de savoir faire se refusant au ”jeu de l'oie”, car comme en conviennent Antonio De Capmany (1779) et Ibn Khaldoun (15ème siècle), » c'est grâce au commerce avec les étrangers, aux besoins des gens et aux intérêts des commerçants que les pays fleurissent ». Ce sont finalement « les intérêts du commerce qui ont pu réussir là où la violence des armes et le laxisme des accords ont échoué ».


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