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«Taba3ni, pour redonner vie à la Médina»
Najet Nabli Ayed, directrice de l'Oukala à Sousse
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 06 - 2015

Najet Nabli Ayed est directrice de l'espace l'Oukala situé à la médina de Sousse, membre fondatrice du Collectif Tab3ni et maire adjointe de la municipalité de Sousse. Elle nous fait part ici de son inquiétude face à la détérioration de la médina et propose un programme alternatif pour donner un nouveau souffle à cet espace longtemps marginalisé.
Dans quel cadre s'inscrit la manifestation Taba3ni ?
Nous travaillons sur la médina de Sousse depuis 1990, période où j'ai mis en œuvre l'espace culturel l'Oukala. A notre niveau, on ne se rendait pas vraiment compte du désamour des habitants de la ville de Sousse pour leur médina. Ce n'était pas perceptible. L'amour qu'on avait pour notre médina nous masquait beaucoup de choses. Avec la crise du tourisme, de nombreuses boutiques ont fermé, des rues entières ont été désertées totalement et là on a commencé à entendre des propos qui nous ont bouleversés du genre «la médina, c'est fini !», «la médina est morte !». Cela a été comme un choc. Bien que nous soyons à l'intérieur de cette médina, nous étions déphasés. On continuait à faire des projets sans nous rendre compte qu'on était marginalisé. Du coup, l'effort qu'on devait faire était peu important par rapport à l'espace lui-même. Ce n'était plus une question de résistance en tant qu'espace culturel.
Comment éviter l'amalgame entre l'Oukala, dont vous avez la direction et le collectif dont vous êtes également membre ?
L'Oukala est resté fermé pour qu'il n'y ait pas d'amalgame entre notre objectif qui est un travail sur la médina et un travail pour l'espace en question. Beaucoup de gens comprenaient que les efforts qu'on faisait sont juste pour ramener une clientèle à notre espace. Or, nous, notre objectif est de placer le débat au plus haut. On a préféré carrément fermer la porte au public. N'empêche qu'on a continué à travailler. Nous sommes un Collectif qui existe depuis 2009 et en 2012 il a pris l'appellation Collectif d'action pour la médina. On a compris qu'il fallait élargir le cercle d'amis. Il n'était plus question de nous entourer que de nos amis artistes. L'impératif de travailler pour la médina est devenu urgent et s'est imposé à nous en quelque sorte.
La médina de Sousse, inscrite au patrimoine mondial, est dans un piteux état. Existe-t-il un programme de sauvegarde ?
La question de la médina a toujours été marginalisée. Nous ne disposons pas d'une Association de Sauvegarde de la Médina digne de ce nom. Nous n'avons pas de cellule technique à l'instar de l'ASM de Tunis, Mahdia ou Kairouan, à même de mobiliser les efforts autour de la médina. La création de notre Collectif sous cette forme était un peu en réaction vis-à-vis de ce qui se faisait. L'ASM est à l'image de ce qui se passait avant la révolution. C'est une association de gens qui se réunissent entre eux et n'ont pas un ancrage réel sur la réalité. Ils sont un peu coupés de la réalité de la médina et ne la perçoivent pas comme le citoyen lambda. C'est cela le grand échec. Ce que je reproche aux membres de l'ASM de Sousse est qu'ils n'ont rien pu faire par rapport à ce désamour du citoyen vis-à-vis de sa médina. C'est cette relation qui m'importe le plus et non les moyens financiers ou la perte de touristes. La grande question est de savoir comment on en est arrivé là ?
Comment rendre la médina de Sousse plus attractive ?
On a réalisé des restaurations élémentaires sur les lieux de passages des touristes. Il parait évident que Sousse n'est pas une ville touristique mais une ville d'hôtels. Les hôtels se sont fermés sur eux-mêmes et ne se préoccupent pas de l'attractivité de la médina, ni de son image de marque. Ce que proposent les gérants de ces infrastructures hôtelières leur paraît jusqu'à pas très longtemps suffisant. Ils ont commencé à développer une palette d'offres plus importante à leurs yeux comme le spa, les activités sportives et culturelles et le clubbing intra muros. Ils peuvent continuer à exister même si la ville n'existe pas.
Quel avenir envisagez-vous pour la médina qui a quelque peu perdu son âme ?
Depuis qu'on a commencé à nous organiser en tant que collectif, nous avons commencé à élargir le cercle des amis de la médina et nous sommes agréablement surpris. Autour de nous, il y a des énergies extraordinaires surtout parmi la jeunesse qui paraît un peu désenchantée mais qui représente un potentiel intéressant. Lors de la 1ère session de Taba3ni, nous avons créé des parcours et un groupe d'artistes s'est constitué pour la mise en valeur de la médina et la création d'une plateforme de jeunes créateurs. Nous avons trouvé un concept intéressant qui consiste à faire de Taba3ni un espace ouvert aux jeunes créateurs. Mais encore faut-il que les subventions suivent. Nous ne voulons pas faire les choses au rabais. Les jeunes rêvent grand et grandiose. C'est ce rêve que nous devons leur permettre de réaliser. Ils sont en train d'inventer un mode de production alternatif en proposant de réunir toutes les disciplines artistiques confondues dans un projet commun et de mettre leur talent à contribution au service du patrimoine.
Le forum organisé à cette occasion a réuni plusieurs personnalités politiques, artistiques et de la société civile.
Je crois que nous avons trouvé des alliés. Il y a eu quand même de grands absents comme l'Utica qui est pourtant à deux pas de la municipalité. Cette organisation n'a pas envoyé de représentant officiel, ça veut dire qu'elle ne croit pas à l'initiative citoyenne. Cela nous fait craindre des choses. L'ASM est également absente. Les personnalités présentes comme Raja Farhat, Raouf Ben Amor et Néjib Ayed, président de l'Alternative culturelle, sont les amis de l'Oukala et sont venus nous soutenir dans notre démarche et être à nos côtés pour nous aider à faire un plaidoyer auprès de certaines personnalités.
Quel est le budget consacré à la sauvegarde de la médina ?
Le budget annuel consacré par la municipalité à la sauvegarde de la médina est 60 mille dinars, sinon, il y a des projets dont celui en cours qui fait partie du programme national de mise en valeur des quartiers anciens. A cet effet, la Médina de Sousse a bénéficié d'un budget de 3 milliards 700. C'est par rapport à des programmes que se font les budgets. Pour la manifestation Taba3ni, nous avons des sponsors qui ont cru en nous dès la première session mais ça ne vole pas haut.
Le programme de restauration actuel concerne les infrastructures de la médina : embellissement des façades, câbles électriques, etc.
Il y a des projets qui intéressent la restauration mais il n'y a pas de projets qui tiennent compte des difficultés qu'ont les habitants eux-mêmes à retaper leur maison ou leur commerce. A titre d'exemple, le dernier tisserand de la ville de Sousse, si Abdelaziz, essaie de maintenir son activité coûte que coûte mais rien n'est fait pour lui venir en aide, ne serait-ce que pour retaper ce qui a été détruit par cette opération de restauration. On a cru embellir sa boutique en ajoutant un arc qui a affaissé l'entrée et causé une cassure à la porte et l'a empêché durant deux ans d'accéder à sa tersrasse et du coup il a eu des infiltrations d'eau qui ont endommagé son magasin. Une rue sans commerçants, sans artisans, que vaut-elle ?
Envisage-t-on un tourisme alternatif de maisons d'hôtes ?
Il y a beaucoup de maisons d'hôtes en chantier et certaines sont terminées. Nous essayons de créer un parcours et un guide où ces maisons figurent comme Dar Baâziz ou Dar Essid qui est actuellement un musée et qui peut accueillir des séances de lecture ou d'autres activités culturelles.


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