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Les incontournables de la rentrée littéraire 2015
Romans du monde
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 08 - 2015

Ils s'appellent Boualem Sansal, Yasmina Khadra, Raphaël Confiant, Dinaw Mengestu, Joydeep Roy-Bhattacharya, Jean Hatzfeld, Jean-François Samlong, Zoë Wicomb...
Ils sont Français, francophones ou étrangers. Leurs romans-monde font entrer les turbulences du global et du local dans une rentrée littéraire française trop tournée vers l'intime, le domestique et l'hexagonal. Quelques propositions de lecture.
Après les vacances et le soleil, voici venu le temps de la littérature. C'est un rituel inexorable qui fait déferler tous les ans dans les librairies de France et de Navarre plusieurs centaines de titres en l'espace de trois mois (entre août et octobre). L'année 2015 ne dérogera guère à la règle, même si la production ne dépassera pas cet automne le record de 2012 avec 646 romans publiés, toutes langues confondues. La rentrée littéraire 2015 sera plus compacte, avec 589 romans annoncés dont 393 français et 196 étrangers.
Si dans le domaine de la littérature française, les aficionados des Christine Angot, Sorj Chalandon, Amélie Nothomb et autres Delphine de Vigan et Agnes Desarthes attendent avec impatience leurs nouveaux romans, les véritables surprises de lecture viennent cette année, nous semble-t-il, des auteurs qui ont le monde au cœur. Ils sont français, francophones ou étrangers et donnent à lire à la fois le local et le global, étroitement mêlés dans une dialectique d'imitation et de rejet, souvent créative. Leurs œuvres sont passionnantes parce qu'elles pensent l'impensé de nos imaginaires. Voici une sélection des romans-monde 2015.
Un papa de sang
Dans ce cinquième livre consacré au génocide du Rwanda, Jean Hatzfeld revient sur les collines de Nyamata, au bord des marais qui furent témoins il y a vingt ans de l'extermination de la minorité tutsie par les Hutus. Le chroniqueur-romancier donne la parole cette fois aux enfants des tueurs et de leurs victimes. Ceux-ci racontent leur « enfance gênée » par les vestiges d'un passé qui ne passe pas.
La dernière nuit du Raïs
L'un des livres les plus attendus de la rentrée littéraire, ce roman est, selon son éditeur, une « plongée vertigineuse dans la tête d'un tyran sanguinaire et mégalomane ». Le tyran en question, c'est Mouammar Kadhafi. L'Algérien raconte les dernières heures de la vie du raïs libyen qui vient d'être capturé par des rebelles de la révolution et sera bientôt lynché. L'auteur réussit à saisir l'essence même du dictateur déchu, son exubérance et sa brutalité, tout en suggérant qu'il y avait peut-être dans la personnalité de cet homme quelque chose d'insaisissable que les biographes n'ont pas réussi à pointer du doigt. La fiction réussit-elle mieux que les biographies à appréhender les mystères de l'âme? A vous d'en juger.
Petit Piment
«Tout avait débuté à cette époque où, adolescent, je m'interrogeais sur le nom que m'avait attribué Papa Moupelo, le prêtre de l'orphelinat de Loango : Tokumisa Nzamo po Mose Yamoyindo abotami namboka ya Bakoko.Ce long patronyme signifie en lingala "Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres", et il est encore gravé sur mon acte de naissance...» Ainsi, commence le nouveau roman du Congolais Alain Mabanckou. A travers le récit de son jeune protagoniste, orphelin de Pointe-Noire, le romancier qui est lui-même originaire de cette métropole portuaire, remémore sa propre enfance. Dans ces pages inspirées où se mêlent la truculence et la gravité, on retrouve cette « écriture parlée » savoureuse qui a fait le succès de l'auteur de Verre cassé. Le grand Mabanckou est de retour !
Villa des femmes
Le Libanais Charif Majdalani aime raconter la grandeur et le déclin des grandes familles de son pays et à travers elles la fin de l'âge d'or du Liban situé sur la ligne de démarcation des mondes comme la villa au cœur de son nouveau roman. Le destin tragique des Hayak, sur lesquels règne en maître le patriarche Skandar Hayak, est le sujet du nouvel opus de l'auteur de Caravansérail et du Dernier seigneur de Marsad. Ce roman est une saga familiale à la Tolstoï sur fond de guerre et de paix, avec des femmes puissantes et inflexibles dans le rôle de résistantes qui restent les dernières debout, clamant haut et fort les valeurs de leur clan. Un récit irrésistible, porté par une langue superbe et le talent de conteur envoûtant de Majadalani.
Tous nos noms
Classé parmi les dix meilleurs romans de l'année par le New York Times, Tous nos noms est le livre de la maturité de Dinaw Mengestu. Auteur de deux romans très remarqués, l'Ethiopien revient dans son nouveau livre sur ses thèmes de prédilection : exil, déracinement, immigration, amour interracial. Jeune étudiant ougandais, Isaac a fui la guerre civile qui fait rage dans son pays pour se réfugier aux Etats-Unis. Faisant alterner l'évocation des turbulences de l'Ouganda postcolonial avec la découverte par son protagoniste de l'amour dans une Amérique menacée par ses vieux démons ségrégationnistes, Mengestu dresse un portrait envoûtant de la diaspora africaine contemporaine, prise entre ses nombreuses allégeances. Un roman ambitieux où la mélancolie se mêle à la lucidité pour raconter les rêves et le désespoir de ceux qui ne croient plus aux lendemains qui chantent.
Une Antigone à Kandahar
Une femme enveloppée dans sa burqa s'est installée à l'entrée de la base militaire américaine de Kandahar. Elle réclame le corps de son frère abattu par les Américains et refuse de quitter sa place tant que sa revendication n'aura pas été satisfaite. Cela ne vous rappelle rien ? C'est l'intrigue du récit étonnamment achevé que raconte l'Indo-Américain Joydeep Roy-Bhattacharya dans un roman unanimement salué par la critique outre-Atlantique. Faisant de l'antique tragédie d'Antigone sa grille de lecture d'une guerre contemporaine, le romancier nous en révèle sa tragique absurdité. Le livre a été qualifié de «premier grand roman sur la guerre d'Afghanistan» par le Wall Street Journal.
La fin du monde
C'est le septième roman de l'Algérien Boualem Sansal. Ingénieur de formation et auteur notamment du Serment des barbares (1999) et du Village de l'Allemand (2008), l'Algérien s'est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Il a aussi écrit des essais, dénonçant le fondamentalisme religieux et la corruption qui gangrène la vie politique en Algérie. Dans son nouveau récit qui s'inscrit dans la filiation d'Orwell, Sansal met en scène à travers une fiction à l'imagination débridée les menaces que le radicalisme religieux fait peser sur des sociétés libérales bâties sur les idéaux de liberté, de démocratie et de tolérance. L'action du roman se déroule dans le pays imaginaire de l'Abistan, avec pour protagoniste le frêle Ati fraîchement sorti du sanatorium du Sîn dans la montagne de l'Ouâ. Toute ressemblance avec des lieux réels est fortuite, prévient l'auteur.
Octobre
Octobre, c'est le printemps au Cap, la saison du renouveau que choisit l'héroïne du nouveau roman de la Sud-Africaine Zoë Wicomb pour revenir au pays, après une longue absence. Tout comme l'auteur, Mercia Murray a longtemps vécu en Ecosse où elle a fait sa vie professionnelle et sentimentale. Longtemps, elle s'est cru plus Ecossaise que Sud-Africaine, mais c'est à l'occasion de sa rupture avec son partenaire que les souvenirs du pays natal ont ressurgi et poussé Mercia à retourner chez elle. Elle y renoue avec sa famille dysfonctionnelle et découvre les racines familiales de son mal-être. Leur exploration courageuse lui permettra de surmonter la crise qu'elle est en train de traverser. D'origine métisse, Zoë Wicomb, 66 ans, est l'une des plus grandes voix d'Afrique du Sud contemporaine. Son œuvre est composée de romans, de nouvelles et de nombreux essais théoriques sur la littérature. Octobre est son quatrième roman.


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