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La division est nocive pour notre métier
L'ENTRETIEN DU LUNDI: Habib Attia (producteur de cinéma)
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 09 - 2015

Il est l'un des plus jeunes et des plus en vue en Tunisie.
Il est notre invité de la semaine.
Vous rentrez du festival de Venise...
Effectivement, j'y étais en tant que producteur du film documentaire de Kaouther Ben Hania qui porte le titre de «Zeïneb n'aime pas la neige». C'est un film dont le tournage a commencé en 2009 et qui a duré quatre années entières. Depuis quelques mois, on a amorcé la phase de post-production. Le film a été sélectionné à l'atelier «final cut» parmi six projets arabes et africains. Le projet a remporté cinq prix sur les onze disponibles. Parmi ces prix, je citerai celui de la Rai cinéma et c'est un honneur pour nous qu'un film produit dans le Sud passe dans les télévisions du Nord. Ceci s'inscrit dans la démarche que j'ai apprise de mon défunt père se Ahmed Bahaeddine Attia.
Depuis quelques années, vous vous êtes mis à produire du documentaire...
J'adore produire des documentaires parce que c'est une manière très créative d'envisager mon métier. Mais il faut avouer que ce n'est pas facile, parce que les financements sont rares et les montants dédiés à ces films ne sont pas très élevés. Je privilégie les documentaires de narration à l'instar de «Zeineb n'aime pas la neige» où on a suivi une fille depuis l'âge de 9 ans sur quatre ans, et, dans le film, on voit son évolution physique à travers l'histoire .
Kaouther Ben Hania semble être votre réalisatrice fétiche....
C'est une fille talentueuse et brillante avec un univers visuel très marqué et beaucoup de simplicité dans sa manière d'aborder ses histoires. Mais ce qui est très important chez elle, c'est qu'elle donne de l'importance à ses personnages et ne se contente pas de montrer au public sa bravoure et son savoir-faire comme réalisatrice. J ‘ai vu beaucoup de réalisateurs qui mettent en avant leur savoir-faire, c'est ce qui fait perdre à certains leur rapport avec les personnages. cela aussi fait perdre au film de son authenticité. Avec Kaouther j'ai de nouveaux projets, notamment son premier long métrage de fiction pur (Je rappelle que «Challat» était un faux documentaire). Ce long métrage a le titre provisoire de «Haïr sa vie». Le tournage de ce film est prévu pour mars 2016 à Tunis. C'est un film avec un univers visuel assez particulier et ce sera un défi à relever.
Certains pensent que c'est l'ego surdimensionné des réalisateurs tunisiens qui les empêche de raconter une belle histoire. Qu'en pensez-vous ?
Je ne veux pas généraliser, mais je pense que les difficultés du cinéma viennent essentiellement des financements et de la distribution de nos films (on n'a pas de salles de cinéma). Cela a créé une tension très forte et particulièrement sur les réalisateurs. En moyenne, un réalisateur tunisien sort un film tous les cinq ans, c'est une période très longue à mon avis . Il se trouve que ces réalisateurs, pendant cette période, vivent des choses qui les marquent et ils veulent les inscrire dans leur films. C'est pour cela que les derniers films tunisiens n'ont pas été vraiment à la hauteur des attentes. La censure qu'on a subie pendant des années a fait aussi que les regards extérieurs se détournent de notre cinéma. Maintenant il y a un retour du cinéma tunisien. Personnellement je compte beaucoup sur les premiers films et cela n'enlève rien à d'autres réalisateurs confirmés. Le fait que le documentaire tunisien marque sa présence dans les festivals internationaux et se retrouve parfois distribué dans des salles de cinéma sont une bonne chose. Je pense que si l'Etat effectue des réformes rapides dans le secteur, notre cinéma sera sauvé. Mais c'est un vraie course contre la montre. J'espère que d'ici à la fin de l'année on aboutira à de nouvelles lois, car la plupart d'entre elles sont aujourd'hui obsolètes par rapport au marché.
Vous croyez qu'il y a un marché en Tunisie ?
Il y aura un marché ne serait-ce qu'avec l'intégration des maisons de culture, en attendant la construction de multiplex. Je suis pour la construction des multiplex et ça sera un créneau porteur, puisqu'il est prouvé que les films qui font le plus d'entrées en Tunisie sont les films tunisiens. L'affluence du public pendant les JCC est aussi la preuve de cette soif pour le film tunisien.
Pourquoi la plupart des films tunisiens ont-ils un traitement narratif très faible qui les empêche de s'exporter ?
C'est bien connu, nous avons un problème d'écriture de scénario en Tunisie. A mon avis et cela reste très personnel, il y a très peu de scénarii réussis du point de vue de l'écriture (je parle même de la grammaire et de l'orthographe). Ça manque aussi de rythme et de clarté au niveau du développement narratif. Il devrait y avoir plus de ponts entre le cinéma et le monde littéraire. Il n'y a pratiquement pas eu d'adaptation d'œuvres littéraires en Tunisie. Il faut aussi travailler sur les modalités d'acquisition des droits des œuvres littéraires étrangères pour qu'elles soient adéquates aux réalités de notre marché. Oui il y a un grand problème d'écriture. C'est peut-être dû aussi à cette schizophrénie linguistique que nous vivons. On ne sait pas si on est vraiment francophones ou arabophones. Il y a eu des revirements de situation dans le système éducatif en Tunisie qui a vraiment desservi les pauvres étudiants. J'ai entendu des gens qui, avec un master , ont du mal à s'exprimer correctement dans une de ces langues...
Qu'est-ce que vous attendez des JCC cette année... ?
Je suis très content déjà que les JCC soient devenues un festival annuel. C'est vrai qu'il y a d'autres festivals arabes qui ont plus de moyens que nous, mais peu d'entre eux ont comme les JCC autant d'identité et d'histoire. On a de quoi être le festival arabe et africain le plus important. Bien sûr, la responsabilité qui est sur les épaules de Brahim Letaïef est énorme. Mais indépendamment des personnes, tous les gens du cinéma doivent être unis pour l'image de ce festival. Il ne faut pas profiter du festival pour montrer nos divisions, au contraire. Les gens du métier ne doivent pas être dans la division car notre pays a raté beaucoup d'occasions de réussite à cause de ces clivages internes. Par exemple, je ne suis pas du tout pour le fait qu'il y ait deux syndicats de producteurs en Tunisie... c'est redondant. Peut-on vraiment représenter un métier alors qu'on est dans la division? Cette division est nocive pour notre métier. Bref, à mon avis, il faut s'unir autour des JCC pour que la manifestation de cette année soit réussie.
Beaucoup de films tunisiens sont en lice pour les JCC cette année... vous en produisez un et il y a vraiment de la concurrence...
C'est bien qu'il y ait de la concurrence productive ! En ce qui nous concerne, nous avons déposé le film de Farès Naânaâ qui vient d'être achevé «Les fenêtres du Paradis». C'est un premier film dont je suis fier. J'espère qu'il sera sélectionné à une bonne place aux JCC parce que on a tenu à ce que la première mondiale du film soit en Tunisie. C'est un film grand public, avec Lotfi Abdelli dans un rôle qu'on a jamais vraiment vu ni à la télé ni au cinéma. Il y a également Mouna Noureddine, Anissa Daoud et la petite Sophie Ghorbel.
Entretien conduit


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