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A la conquête du label MedDiet
Produits du terroir à l'expo Milan 2015
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 09 - 2015

Le projet MedDiet cible la valorisation des produits du terroir et l'art culinaire traditionnel dans l'espace méditerranéen. La «Charte de sauvegarde de la diète méditerranéenne», signée à Milan, ambitionne d'instaurer une coopération transfrontalière en matière d'alimentation saine dans laquelle les produits du terroir tunisien pourraient occuper une place de choix.
La dernière conférence consacrée au projet MedDiet, présidée par Dr Alaa Ez, secrétaire général des chambres égyptiennes et européennes (Ceeba), a eu lieu, avant-hier, à «Expo Milano 2015». Pendant cette cérémonie, on a procédé à la signature de la « Charte de sauvegarde de la diète méditerranéenne». Et c'était le Chef de cabinet du ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche qui y a représenté la Tunisie. Il était accompagné dans ce voyage, notamment, par le président de la Chambre de commerce de Tunis, M. Mounir Mouakhar, et le directeur de l'Inrat (Institut national de la recherche agronomique de Tunsie), M. Mohamed Hammouda, les deux responsables du projet MedDiet.
«MedDiet à l'école autour de la Méditerranée » était l'un des thèmes célébrés, lors de cette conférence, par l'invitation d'un groupe d'enfants qui ont égayé l'ambiance par leur présence et leur innocence et avec lesquels les conférenciers ont posé pour une photo de famille. On rappelle que ce projet, qui cible, entre autres, 4.800 enfants, s'inscrit dans le cadre du programme ENPI-CBC-MED qui est un programme cadre de coopération transfrontalière « Bassin maritime Méditerranée », financé par l'Ievp pour la période 2007/2013, et inclut les régions de l'UE et celles des pays partenaires situés le long des côtes de la mer méditerranéenne. Ce projet, qui s'étale sur deux ans, 2013/2015, finance des projets de coopération en tant que contribution au développement économique, social, environnemental et culturel de la région méditerranéenne.
Savoir-faire local, opportunités à l'exportation
Dans son discours, M. Abdallah Rabhi, chef de cabinet du ministre de l'Agriculture, a commencé par rappeler l'acceptation du projet MedDiet par l'Union européenne et par remercier la Chambre de commerce italienne (Union Camera) pour tous ses efforts ainsi que tous les partenaires du projet dont l'Inrat pour avoir consacré beaucoup de temps en vue de faire aboutir ce projet dont l'objectif est la valorisation des produits traditionnels et la sauvegarde de la diète méditerranéenne, et qui intervient à différents niveaux : consommateurs, PME, autorités locales, décideurs, agriculteurs, restaurateurs. L'originalité de ce projet réside également dans le fait qu'il s'ouvre sur différents partenaires et intervenants dans le domaine de l'alimentation, ce qui a fait émerger des questions liées à l'alimentation, dans les secteurs de la production agricole et alimentaire, la santé, l'environnement et la consommation. M Rabhi a mis l'accent sur le fait que la pertinence de ce débat se trouve renforcée dans le contexte particulier des changements climatiques, de l'augmentation des prix mondiaux des matières premières et surtout du changement du comportement alimentaire des Tunisiens orientés de plus en plus vers les produits les plus caloriques, les fast food, etc. En effet, le régime alimentaire actuel montre une certaine dérive qui se trouve à l'origine de l'émergence des maladies de surcharge, telles que l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires qui représentent 60% des causes de décès. Comment améliorer la qualité du régime alimentaire des Tunisiens à travers des produits intégrant une valeur ajoutée et qui répondent à des attentes aussi bien matérielles qu'immatérielles? Comment offrir des produits de qualité, par leurs caractéristiques tangibles, se rapportant notamment au goût, à la fraîcheur, l'équilibre nutritionnel, leur mode de production ou de transformation qui s'inscrivent dans une approche durable?
Il s'agit là des questions fondamentales auxquelles répond le projet, a précisé M. Abdallah Rabhi. Outre cet objectif, la diète méditerranéenne contribue à la construction de l'identité des peuples de ce bassin où la Tunisie a toujours servi d'ancrage aux diverses civilisations situées sur ses deux rives, dont elle a su attirer, adopter et adapter les apports culinaires. Il a ensuite expliqué la générosité et la variation de la cuisine tunisienne par le fait qu'elle est basée sur des produits de terroir et frais, un savoir-faire local, des plats sains et simples mais riches en saveurs, odeurs et couleurs. Cette cuisine originale nous offre plus de trois cents plats divers dont les ingrédients sont issus du terroir local. En ce sens qu'elle est le reflet de l'agriculture locale dont les caractéristiques sont celles de l'agriculture méditerranéenne, étant donné que les exploitations familiales de petite taille de moins de 10 ha sont possédées par plus de 80% des agriculteurs. Une grande part des superficies agricoles est cultivée en céréales, représentant 32% de la superficie de l'ensemble des cultures dont 50% de blé dur, et en oliviers qui représentent 67% des superficies arboricoles. On y trouve l'intégration des céréales-élevage, en particulier ovin, et une production adaptée au climat méditerranéen aride et fluctuant, a expliqué le chef de cabinet. Il a souligné également que le projet MedDiet vise le développement de chaînes de valeur des produits de terroir pour un meilleur développement des régions rurales de Tunisie, notamment, celles qui sont les plus marginalisées. Par ailleurs, il a rappelé que la Tunisie, qui a ratifié la convention pour la sauvegarde du patrimoine immatériel, en 2006, encourage, depuis 1992, la valorisation et la promotion du patrimoine culinaire qui est célébré annuellement dans le cadre du mois du patrimoine du 18 avril au 18 mai, avec à chaque fois un thème particulier, dont le festival de la «Bessissa» de la ville de Lamta, connu déjà en Grèce, la fête de Boumerdès des saveurs du patrimoine culinaire. «Dans ce contexte où les orientations du projet MedDiet et celle du ministère de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche de Tunisie se rejoignent, nous ne pouvons que soutenir et adhérer à la déclaration de protection et de promotion de la diète méditerranéenne, initiative à laquelle je souhaite bon vent sur les flots de notre mer commune, la Méditerranée, par le développement et le renforcement de la coopération déjà établie dans le cadre du projet MedDiet».
Label méditerranéen pour huile d'olive tunisienne : pourquoi pas?
Mohamed Aziz Darghouth, président de l'Institut de la recherche et de l'enseignement supérieur agricoles (Iresa), nous fit savoir que le projet MedDiet s'insère dans le cadre d'une démarche systémique de recherche et d'innovation en reliant le secteur de la recherche aux secteurs socioéconomiques aux travers de thèmes pertinents. Autrement dit, il faudrait transformer les résultats réalisés par la première en produits de consommation et en chaînes de valeur économique. Ce processus implique l'intervention de plusieurs acteurs et plusieurs dimensions, à savoir les consommateurs, l'éducation, la santé et les restaurateurs. La valorisation du label méditerranéen passe nécessairement par la culture, la santé, en ce sens que je mange bien et sainement, donc j'existe. «Pour atteindre ce but, en Tunisie, nous devons installer une dynamique entre le savoir, le savoir-faire et leur transformation en produits valorisables en société», conclut-il. Quant à Mme Raoudha Khaldi, la coordinatrice du projet MedDiet à l'Inrat, cette rencontre est un grand événement en marge de l'Expo Milan 2015. Son objectif réside dans la capitalisation des résultats du projet, leur vulgarisation ainsi que leur promotion auprès des visiteurs de cette exposition universelle dédiée à l'alimentation dans le monde.
Par cette participation, a-t-elle déclaré, les organisateurs voudraient montrer les bienfaits de la diète méditerranéenne qui correspond non seulement à des produits de terroir mais aussi à un style de vie, et qui établit des liens entre les producteurs et les consommateurs. «Ce projet a eu des impacts positifs en Tunisie au niveau de la promotion de nos produits locaux, de notre savoir-faire culinaire, que nous étions fiers de présenter à une large gamme de consommateurs du monde entier», enchaîna-t-elle. Le projet a réalisé des résultats au niveau de la mise en place d'un système de connaissances scientifiques sur la diète méditerranéenne, la formation des autorités locales de dix gouvernorats, concernant les outils de promotion de la diète méditerranéenne et l'élaboration d'un document de mesures pour la protection de cette diète avec la participation de plusieurs décideurs appartenant à différents ministères : l'Agriculture, le Commerce, l'Industrie, le Tourisme et la Santé, selon les précisions apportées par notre interlocutrice. Ce projet aura comme impact, à court terme, l'amélioration des revenus des petits agriculteurs, la réduction du chômage dans les régions défavorisées, la participation de la femme rurale, la promotion de l'exportation des produits de qualité et la durabilité de nos systèmes de production. Mme Raoudha Khaldi a, toutefois, déploré le fait que les produits tunisiens ne soient pas promus comme il se doit, à l'instar de l'huile d'olive, comme étant des produits par excellence de la diète méditerranéenne avec un label spécifique, tel que MedDiet, par exemple.
«Cooking show » tunisien, et vraies dégustations
Après la séance matinale de la conférence, les participants se sont rendus au pavillon «Bio-Mediterraneum», abritant la Tunisie avec dix autres pays, pour assister au «Cooking show», auquel ont participé, avec deux chefs cuisiniers chacun, les six pays du projet MedDiet, à savoir la Grèce, le Liban, l'Egypte, l'Espagne, l'Italie et la Tunisie. Le show tunisien a prévu une salade tunisienne, un «bourghol», à base de céréale, et un «kabkabou» à base de filets de dorade.
Une visiteuse grecque, Theodora Kolokotroni, qui appartient à l'association «Les routes de l'olivier», le créateur d'un réseau méditerranéen grâce à des itinéraires thématiques en gastronomie et en tourisme reconnus par l'Unesco, nous a fait un témoignage fort plaisant, fort réjouissant et fort encourageant.
«Le pavillon Tunisie m'a impressionnée par ses couleurs, ses odeurs et son originalité qui sont parfaitement relatés dans la vidéo et les mets très relatées, contrairement à d'autres où domine l'artifice, comme celui de la Turquie où je n'ai rien trouvé de la culture de ce pays que je connais bien pour l'avoir visité plusieurs fois», révéla-t-elle. Effectivement, dans la plupart des autres grands pavillons, les visiteurs ne trouvent qu'une technologie sophistiquée avec des images 3D, leur offrant des plats virtuels, à l'image de ceux de Qatar, du Koweit et des Emirats Arabes unis. Une table ronde, réunissant des restaurateurs autour du Label MedDiet, a eu lieu, en revenant à la salle de conférences. A ce propos, Mme Hédia Kéfi, coordinatrice du projet MedDiet à la Chambre de commerce de Tunis, nous révéla que trente restaurants sont labellisés et que vingt autres sont en cours, à Sousse, Nabeul et Tunis, alors que l'objectif à atteindre est d'en labelliser soixante. Elle ajouta que trois experts sont mandatés par la Chambre de commerce pour encadrer et former les chefs et les gérants des restaurants en vue de l'obtention du label MedDiet. Les interventions des restaurateurs étaient riches et variées ; certains suggéraient de lancer des opérations marketing des produits méditerranéens, dans les écoles, les universités, les quartiers et ailleurs, pour éviter le fast-food et pour que les gens reviennent aux produits traditionnels et préservent le savoir-manger que leurs aïeux leur ont inculqué. «Il faut boire du lait tous les jours et manger de la viande au moins trois fois par semaine», entonna l'un d'entre eux. Un autre insista sur la nécessité d'une éducation ciblée à l'école par la diffusion de la culture d'une alimentation saine. Par ailleurs, ils sont tous d'accord pour que la Diète méditerranéenne devienne une sorte de passeport pour être reconnue au niveau international. Ils sont persuadés que cette diète va s'affirmer par elle-même dans le monde entier par ses qualités intrinsèques évidentes.
Il faut institutionnaliser le MedDiet
Dans son discours de clôture, le Dr Alaa Ezz appela les partenaires à installer de nouvelles rubriques sur le site web du projet pour accueillir de nouvelles suggestions et de nouveaux concepts et mettre en valeur le tourisme gastronomique. «On devrait commencer à penser à de nouvelles étapes et d'une manière concrète», dit-il. Selon lui, pour pouvoir continuer à travailler dans le cadre du partenariat après la fin du projet, tous les acteurs doivent s'impliquer, en lançant des initiatives et en mettant en place des projets, qui sont tout à fait réalisables, d'ici fin décembre. Réagissant aux propositions qu'il a formulées, certains partenaires ont souligné que les agriculteurs sont appelés à profiter des avantages provenant du label MedDiet, et que le réseau des chambres de commerce peut les aider à promouvoir les produits méditerranéens. A ce niveau, il est indispensable de capitaliser tout le travail accompli jusque-là par tous les partenaires, à travers deux axes stratégiques qui sont la vulgarisation du label et son institutionnalisation, ce qui permet d'ouvrir de nouvelles perspectives pour l'avenir. Mais au préalable, il faut commencer par affirmer ce label dans chacun des pays inscrits dans le projet, c'est-à-dire travailler en interne. Pour ce faire, chaque partenaire doit agir auprès de son gouvernement respectif. Il faut mener des actions de lobbying, avec les universités, les écoles, les médias, etc. pour arriver à un projet communautaire et pouvoir financer toutes les activités à entreprendre. Donc, poursuivre le partenariat n'est pas une entreprise facile, et c'est un véritable défi qui attend les partenaires.
Rappelons que la clôture du projet aurait dû avoir lieu ce jour-là, mais comme les participants étaient épuisés au terme de cette journée harassante, la tenue d'une réunion du Comité de direction du projet MedDiet à Tunis était proposée par la Chambre de commerce de Tunisie pour le mois de novembre, en vue d'établir le bilan et d'étudier les possibilités et les perspectives susceptibles de permettre au projet de perdurer et d'aller au-delà des délais arrêtés par l'UE, c'est-à-dire fin décembre 2015. Enfin, Mme Dorra Sfayhi, la coordinatrice du projet MedDiet à l'Inrat, annonça qu'une conférence internationale de capitalisation Maghreb aurait lieu en marge du Salon de l'agriculture qui se tiendra entre le 28 octobre et le 2 novembre.


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