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Abir Moussi dans un meeting à l'Avenue Habib-Bourguiba: «Notre prochain combat sera mené contre les traîtres»
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 07 - 2020

La « Lionne de Carthage » défie Ennahdha et ses compères à l'ARP
Il y avait foule en ce dimanche 4 juillet à l'avenue HabibBourguiba. En effet, une marée humaine a pris d'assaut, dès les premières lueurs du jour, le terre-plein central de la principale artère de la capitale et un mouvement fébrile y a été enregistré du côté du théâtre. Pour cause, Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), a convié ses partisans à un mouvement de protestation grand public. Elle avait la veille essuyé le rejet du bureau de l'Assemblée des représentants du peuple, réuni vendredi, de sa motion relative à la classification de l'organisation des «Frères musulmans» comme «groupe terroriste hostile à l'Etat civil».
Pour rebomber le torse, Abir Moussi, qui savait d'avance que son projet allait être rejeté, avait lancé un appel pour une mobilisation en plein centre de Tunis. Tout était bien préparé pour un show politique grandeur nature. Techniquement et logistiquement, le parti a sorti les grands moyens. Et ce pour faire la différence, transmettre qu'il s'agit d'un grand parti doté de moyens humains et logistiques.
Entre chants, youyous et slogans scandés contre le mouvement Ennahdha en particulier, Abir Moussi, en chef d'orchestre, a débité, comme à l'accoutumée, un discours au vitriol contre Rached Ghannouchi, contre les gouvernements successifs avec lesquels le mouvement Ennahdha a dirigé ou y a participé. Ses foudres se sont abattues sur les symboles qui ont surfé sur les échecs récurrents depuis 2011, plongeant le pays dans une crise économique et sociale sans précédent. « Vous avez gouverné pendant dix ans, soit presque la moitié du règne de Ben Ali. Qu'est-ce vous avez fait de mieux ? Rien. Au contraire vous avez détruit tout ce qui a été fait », a-t-elle asséné aux dirigeants d'Ennahdha.
« Hier, ils m'ont menacée au bureau de l'ARP », a-t-elle révélé. « Ils m'ont dit clairement si vous voulez démanteler Ennahdha du pouvoir, nous ferons entrer le pays dans une guerre civile », lui ont dit les députés d'Ennahdha, selon ses propos. Mais « La lionne de Carthage », comme aiment l'appeler ses partisans, a indiqué qu'elle n'a pas peur. « Nous n'avons pas peur et nous tenons à faire la lumière sur tous les dossiers », faisant allusion aux assassinats politiques, aux snipers et à l'infiltration des structures sécuritaires par les islamistes tunisiens.Nous avons une feuille de route claire, a-t-elle déclaré au milieu d'une foule fébrile scandant des slogans antiEnnahdha. « La première chose que nous réclamons est le départ de Ghannouchi du parlement », a-t-elle affirmé. « La décision du rejet de notre motion est contraire à l'article 141 du règlement intérieur », a-t-elle fait savoir. « L'argument invoqué pour ce rejet est que selon eux le classement de l'organisation des Frères musulmans en tant qu'organisation terroriste relève des compétences de la justice », ce qui est faux, selon Moussi. Et de rappeler qu'Ali Laârayedh, qui était chef du gouvernement, est la personne qui a déclaré Ansar Charia mouvement terroriste. Et qu'il s'agit donc d'une décision politique, selon la présidente du PDL. Pour elle, l'ARP devait exercer une pression politique en classant cette organisation comme terroriste. « Mais ils ne peuvent rien faire, car la Tunisie est forte par ses structures sécuritaires, son peuple », a-t-elle rassuré. Elle a dans ce sillage pointé du doigt la « traîtrise » de Qalb Tounès, la défection des députés d'Echaâb. « Vendredi j'ai eu la conviction que Ghannouchi est impliqué jusqu'au cou avec les Frères musulmans », a-t-elle martelé.
Dans le même ordre d'idées, Abir Moussi a fustigé le comportement de certains députés appartenant à d'autres coalitions et qui ne font que s'aligner par intimidation sur la position d'Ennahdha. « Qalb Tounes, vous avez trois traîtres, mais j'appelle le reste des députés de cette coalition à rectifier le tir. Et si Nabil Karoui a peur du Cheikh qui le menace de poursuites judiciaires, nous allons déterrer les dossiers nous-mêmes », a-telle asséné. Mais pour elle, la politique de l'autruche ne paye plus. A cet effet, elle a appelé Hassouna Ennasfi et Tahya Tounès à rejoindre son combat contre les obscurantistes. « Notre prochain combat ne sera pas uniquement contre nos adversaires mais s'étendra aux traîtres aussi », a-t-elle promis.
Sur un autre plan, le meeting a donné l'occasion à Abir Moussi, flanquée d'une garde rapprochée, de dresser un tableau noir de la situation économique, financière et sociale du pays. Ainsi, elle a passé au crible la situation morne des entreprises publiques saignées à blanc au temps de la Troïka par des recrutements de plus de 220.000 employés par allégeance politique de sorte que la fonction publique est aujourd'hui avec un sureffectif non productif. Elle a dans le même registre indiqué que la crise du Covid a fait perdre à la Tunisie plus de 260.000 emplois, portant ainsi le chômage à un taux jamais enregistré, soit +14%.
Abir Moussi a par ailleurs rappelé qu'en 2011, la Tunisie disposait d'un dépôt de 5.500 milliards de dinars que la Troïka a siphonné entre 2011-2013 et de souligner que pour renflouer les caisses de l'Etat, le gouvernement a augmenté la pression fiscale sur les entreprises et les salariés, multiplié les prélèvements exceptionnels sur les émoluments des salariés au point que le pouvoir d'achat s'est érodé, que les plus démunis sont incapables de vivre et que la grogne sociale s'intensifie partout dans les régions sans que le gouvernement ne dispose de solutions tout simplement parce que les caisses sont vides.
Avant de clôturer son meeting qui a duré plus de deux heures, elle a exhorté ses sympathisants et ses partisans à plus d'action sur le terrain, avec plus de visites dans les régions et une attention particulière aux jeunes. « Ne baissez pas les bras, résistez, n'ayez pas peur, pour sauver le pays », a-t-elle conclu. C.B.N


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