Le plan israélien s'arrête-t-il au Somaliland ou vise-t-il d'autres pays ? Boulbaba Salem dévoile les enjeux géopolitiques [Vidéo]    La Tunisie lance une plateforme numérique pour ses ressortissants au Koweït    Atlantique Nord : un pétrolier russe capturé par les forces américaines    OIM Tunisie : 8 853 migrants assistés en 2025 dans le cadre du programme d'aide au retour volontaire et à la réintégration    La banane: saveurs, bienfaits, secrets et petites histoires    Leïla Trabelsi : l'audience pour corruption reportée à février    Le film Palestine 36 d'Annemarie Jacir arrive en Tunisie : un film événement présenté par CineMad (trailer)    Visa freelance en Europe : une nouvelle porte ouverte aux Tunisiens    Tunisair : Perturbations des vols vers Paris le 7 janvier    Tunisie – vignette automobile 2026 : Comment payer en ligne ?    Hausse notable des cas de grippe saisonnière    Comment regarder le Supercoupe d'Espagne?! Détails sur la chaîne en direct    Lancement du programme d'aide à la publication Abdelwahab Meddeb 2026 par l'IFT    Pluies record en Tunisie : Korba et Aïn Draham sous les précipitations    Epson: Innovation, stratégie globale et avenir de l'impression durable    La Tunisie, premier investisseur africain en France, en nombre de projets    Eau en Tunisie : 159 alertes citoyennes en décembre, Sfax et Gafsa en tête    Huile d'olive : prix garanti à 10,200 Dinars/kg pour tous    Météo en Tunisie : temps froid, chutes des neiges aux hauteurs ouest    Moez Hassen signe au Red Star pour la Ligue 2    Algérie – RDC : diffusion et chaînes pour suivre le match en direct    Commémoration ce vendredi au CNOM du 40ème jour du décès de Dr Mounira Masmoudi Nabli    De 'Sahar El Layali' à l'Académie d'Art de Carthage : Tamer Habib transmet l'art du scénario à la nouvelle génération tunisienne    LEGO Smart Play : La brique intelligente ou Smart Brick qui révolutionne le jeu au CES 2026    Mathilde Panot (LFI) : « La France doit impérativement refuser d'être le vassal des Etats-Unis »    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    Météo en Tunisie : Pluies éparses sur les régions du nord    E-consulat : un nouveau service numérique pour les Tunisiens au Japon    Kaïs Saïed réaffirme le rôle clé des médias publics et la liberté de la presse en Tunisie    Investir en Tunisie: une nouvelle donne    CAN : l'analyse de Mouaouia Kadri sur le parcours de la Tunisie et l'absence d'un buteur décisif    Le ministère de l'Environnement accélère la numérisation des services de délivrance des autorisations    Béja : secousse tellurique de 4,3 ressentie    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    Combien coûte le jogging de Maduro ? Le prix qui surprend    L'Ecole de Tunis (1949): modernité picturale, pluralisme culturel et décolonisation du regard    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    Prix littéraires: une moisson à améliorer (Album photos)    ''Bourguiba, l'orphelin de Fattouma'', ce dimanche matin à Al Kitab Mutuelleville    Conseil de sécurité: Vives contestations de la reconnaissance du Somaliland par Israël    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Forum de l'Alliance des civilisations : Nafti plaide pour un ordre mondial plus juste et équilibré    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Ouverture de la 26e édition des Journées théâtrales de Carthage    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    CHAN 2024 : avec 3 tunisiens, la liste des arbitres retenus dévoilée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Abir Moussi accule Ennahdha aux questions douloureuses
Publié dans Le Temps le 20 - 06 - 2020

La guéguerre permanente et harassante menée par Abir Moussi contre le Mouvement Ennahdha et ses « filiales » n'est pas près de s'arrêter malgré le désordre qu'elle entraine dans les travaux de l'assemblée. Le parti Ennahdha et son chef doivent trouver les réponses adéquates et surement difficiles aux questions qu'agitent Moussi et beaucoup de Tunisiens.
La dernière en date des essais de réponses au harcèlement permanent du PDL a été trouvé par la Coalition El Karama.
Parce que Abir Moussi et ses partisans hissent les portraits de Bourguiba à l'ARP, il faut aussi que « filiale » islamo-populiste d'Ennahdha trouve la parade. Ça a été d'abord la photo de Salah ben Youssef et celle de Farhat Hached. Puis le comble, lors de la dernière plénière de l'assemblée, Makhlouf et ses acolytes s'emparent de la photo de Mohamed Morsi, le président égyptien « frère musulman » et la brandissent dans l'hémicycle !
Guerre de symbole ?!
Le geste provocateur d'El Karama a suscité évidemment le courroux du PDL mais pas seulement ! Plusieurs députés, de tous les blocs, ont refusé que le portrait d'un président d'un pays étranger soit hissé au sein du parlement tunisien, symbole s'il en est de l'indépendance tunisienne et fruit d'une longue lutte du peuple tunisien. Même les députés d'Ennahdha ont dû faire profil bas en condamnant, dans une intervention de Noureddine Bhiri, tout symbole dans le palais du Bardo mais sans condamner le geste d'el Karama dans son essence. C'est là qu'on comprend que c'est une guerre de symbole. Bourguiba contre qui ? contre les symboles des « frères musulmans » ? Il faut se rappeler que les députés d'El Karama ont levé, lors de la première plénière de l'ARP, le symbole de « Rabâa » en levant 4 doigts de la main droite rappelant ce symbole des « frères musulmans » égyptiens contre Essissi !
Je te prends par la barbichette ?
Il faut se rappeler aussi que Abir Moussi et le PDL ont voulu déposer une motion au parlement visant à classifier les « frères musulmans » comme organisation terroriste en Tunisie. Or cette classification, bien qu'elle ne soit pas du ressort du parlement stricto-sensu, peut provoquer un tremblement de terre du côté de Montplaisir ! Après l'homérique bataille autour du questionnement de Rached Ghannouchi sur ses accointances avec Erdogan et Sarraj, Moussi ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Le harcèlement, elle ne connait que ça et elle s'est fixée comme objectif de harceler Ennahdha. Avec toutes les réserves qu'elle suscite, Abir Moussi est en passe de damer le pion au parti islamiste. Ni son histoire mouvementée au sein du RCD, ni son apologie de Ben Ali et de son régime, ni le « bric à brac » idéologique qu'elle a opéré sur les destouriens, ni son « fascisme » déclaré ou caché ne l'arrêtent. Abir Moussi est devenu en l'espace de quelque mois le cauchemar des nahdhaouis. 10 Ans de batailles politiques et idéologiques de plusieurs partis de gauche et du centre contre l'islam politique n'ont pas pu ébranler le parti de Rached Ghannouchi comme l'a fait Moussi et son PDL depuis septembre 2019.
Les questions qui fâchent
La stratégie d'Abir Moussi contre les « Khwanjias » comme elle aime les appeler par provocation est de les acculer. En les nommant chaque fois de « frères musulmans », en exigeant qu'ils s‘expliquent sur le moindre détail politique, en leur disputant leur leadership au sein de l'ARP. Or Ennahdha a fait de la nuance grise son blason. Depuis sa création et particulièrement depuis la révolution de 2011, elle navigue dans « l'à-peu-près » ! les grands moments de rupture sont fréquents dans l'histoire des partis politiques. Il faut se rappeler par exemple le programme de Bad Godesberg du SPD, le parti social-démocrate allemand en 1959 ou le parti a abandonné les références marxistes pour adopter clairement la « social-démocratie ». Ennahdha n'a jamais voulu déclarer clairement sa rupture avec la pensée des frères musulman. Plusieurs de ses leaders et en premier Ghannouchi participent au sulfureux « Congrès des savants musulmans » mené par Le Cheikh Qaradhoui, financé par le Qatar et tenu maintenant par la Turquie d'Erdogan.
Manque de clarté d'Ennahdha
Ennahdha n'a jamais voulu déclarer son implication réelle dans des structures militaires parallèles par le passé ni annoncer clairement son refus de ces méthodes pas trop orthodoxe, même après la révolution. Ennahdha n'a jamais publié un texte expliquant clairement son engagement durant des années à faire l'apologie de la « guerre sainte » en Syrie et les « fatwas » émises par ses cheikhs pour envoyer des jeunes tunisiens dans cette galère. Ennahdha est tenue pour responsable par beaucoup des tunisiens, au mois politiquement de l'assassinat des leaders Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, mais elle refuse depuis toujours d'en parler clairement.
Même au sein d'Ennahdha, beaucoup pensent que cette manière de faire n'est plus productive et que le moment est venu pour ce « mouvement » de choisir soit de continuer ouvertement de militer au sein de la nébuleuse « fréristes » soit de devenir un parti politique démocrate avec ce que cela signifie comme remise en cause. Abir Moussi sait tout ça et elle l'utilise adroitement contre Ghannouchi et son parti, surtout que le vieux cheikh n'est plus éligible à aucun poste officiel selon les règlements intérieurs d'Ennahdha !
Les clarifications demandées par Abir Moussi et qui sont en passe de devenir ceux de tous les tunisiens sont douloureuses et difficiles. Des gens clairvoyants comme Abdelhamid Jlassi, Zoubeïr Chéhoudi, Lotfi Zitoun, Abdellatif Mekki et d'autres encore, ont déclaré clairement que l'avenir passe par ces clarifications. Ghannouchi n'en veut pas. Mais Ghannouchi est peut-être en passe d'être dépassé !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.