En vidéos: Tout savoir sur la Conférence internationale ''COMESA Tunisia Business Women Days''    Le Courant démocrate boycotte les élections du 17 décembre 2022    Sahara occidental : Madrid protégé par l'UE provoque ouvertement Alger    Hand – Championnat arabe des clubs (H) : Programme TV des finales    Malek Zahi en visite à Douar Hicher pour tenter d'apaiser les tensions    Tunisie : Un drame a eu lieu à Bizerte    CAF CL : Les affiches du 2e tour enfin connues    Tunisie – Brésil : Formation probable des Aigles de Carthage    Une délégation de la BERD en Tunisie    Indice du secret financier: La Tunisie classée 102ème sur 140 pays    Tunisie: Baisse importante des quantités de céréales collectées    Arraya Al Watania appelle Kais Saïed à reporter les élections législatives    Crise multiforme en Tunisie : Radhi Meddeb appelle à un traitement de fond    Tunisie-accidents : 4 morts et 258 blessés en 24 heures    L'extrême droite victorieuse en Italie - En Tunisie, les enjeux semblent échapper au pouvoir    La Tunisie participe au Championnat d'Afrique Hommes (du 26 au 30 septembre en Egypte) : Autant de promesses que de certitudes    France-Sondage : L'étoile filante Elisabeth Borne pourrait sauver la "macronie"    Ennahdha : nos ennemis parmi les gauchistes sont à l'origine des plaintes    La situation sécuritaire au centre de la réunion du Conseil supérieur des Forces de sécurité intérieure    Youssef Al Qaradawi est mort    Zelensky est formel : Poutine est capable de balancer des bombes nucléaires    Taboubi à Saied : ''Soyez franc !''    Youssef al-Qaradawi n'est plus    Le Tunisien Amine Marrakchi remporte le prix Claude-Antoine Peccot du Collège de France    Les Tunisiens Qui Sont-Ils ? D'où Viennent-Ils ? Les Révélations De La Génétique    Tunisie: Réouverture de l'inscription à distance en classes préparatoires    Tunisie : Le maire de Mornag placé en garde à vue    Mouvement de protestation des enseignants vacataires (Vidéo)    Match Tunisie-Brésil : A quelle heure et sur quelles chaînes ?    Chokri Hamada : Fermeture du siège du syndicat national des forces intérieures    POINT DE VUE | Le prestige, l'intérêt...    Coupe du monde 2022 : Quelle liste choisira Deschamps pour affronter la Tunisie ?    Encore un pack à gagner pour la coupe du monde chez Ooredoo    Université Européenne: Prodigieuse Remise des Diplômes 2022 en présence du conseil de l'Europe    CA | Trouver les bonnes inspirations : Lutter contre les freins invisibles    Le Goethe-Institut présente l'exposition «Mirath : Music» : Le patrimoine culturel comme une entité vivante    Nouveau souffle à la Maison du roman : Des rêves, des projets et un bel envol !    Météo : Pluies orageuses prévues dans les régions de l'ouest    Un dispositif sécuritaire draconien pour la fermeture des locaux d'un syndicat de police    BCT: Les recettes touristiques ont augmenté de 86%    Météo: Pluies éparses et temporairement orageuses, ce lundi    La liberté d'expression en Tunisie selon Dilem    Noor Arjoun (chanteuse) et Selim Arjoun (musicien) à La Presse: "Le concert du Festival de Carthage était la célébration de toute la jeunesse tunisienne"    Mhamed Slaheddine Chérif, Hammadi Redissi, Jocelyne Dakhlia et Olga Lizzini, lauréats de Prix du Forum Insaniyyat    Ahmed Ounaïes: La Palestine et le double standard    Film Gadeha , Une seconde vie d'Anis Lassoued : Un film immersion dans la pré-adolescence    Tunisie-Bangladesh : Vers le renforcement des échanges commerciaux    Lorsque le président Ukrainien Volodymyr Zelenskiy évoque la Tunisie    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Mustapha Khouja, ancien handballeur du SN: «Le sport pour le sport !»
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 11 - 2020

Handballeur indispensable au Stade Nabeulien dans les années 1960-1970, il se distinguait par sa régularité et son dévouement. Organisateur hors pair, il plonge pour nos lecteurs dans l'univers magique d'un sport pittoresque, du sport pour le sport, dépassant largement celui d'aujourd'hui.
«Un demi-siècle après, j'ai la conscience tranquille, assure-t-il. J'ai servi mon club durant 24 ans. J'ai constamment cherché à donner de lui la meilleure image possible. J'ai toujours veillé à être propre et élégant. Des espadrilles aux chaussettes, en passant par le maillot numéro 6, je rentrais avec tout mon équipement afin de le laver ou l'essuyer soigneusement. Depuis, que de chemin parcouru. J'ai débuté sur la terre battue du stade Chelly de Nabeul où on ne perdait presque jamais. Côtoyant quatre générations, j'ai conclu ma carrière sur le parquet de la salle couverte de la plage. Maintenant, nos handballeurs se produisent à la salle Bir Chellouf sans réussir à honorer leurs couleurs ni l'histoire de leur club».
Mustapha Khouja, votre club, le Stade Nabeulien, n'a pas remporté un seul titre malgré la qualité reconnue de son jeu et le talent incontestable de ses individualités. Pourquoi ?
Tout simplement parce que le Club Africain et l'Espérance Sportive de Tunis ne laissaient que des miettes aux autres. La fusion du CA avec le CA Gaz l'a énormément boosté. Quant à l'EST, elle recrutait régulièrement les meilleurs joueurs du pays : Razgallah, Lassoued, Sebabti, Sghaïer… Il n'y avait pas grand-chose à faire devant ces machines à gagner. Il nous arrivait sur une saison de battre l'une ou l'autre, sinon les deux, mais sur la durée d'un championnat, il fallait être drôlement baraqué pour terminer devant ces mastodontes. On arrivait juste derrière eux. Mais on nous considérait l'équipe la plus sympathique parce qu'elle donnait l'exemple par son fair-play et cet esprit d'amitié qu'elle dégage. Dans le sport, il n'y a pas que les titres. Aujourd'hui, cela peut paraître anachronique quand on pense à la logique impitoyable, et au final écœurante du résultat à tout prix. C'est vrai : je dois l'admettre. Quelque part, notre génération était romantique.
Comment êtes-vous venu au handball ?
Au début, comme tous les enfants, j'ai commencé par jouer des matches de quartier. Le football nous attirait. Au quartier Errbat, nous livrions des parties interminables. J'ai même fait partie de la sélection cadets football du Cap Bon. Mon frère Slim évoluait au SN, je l'accompagnais pour voir les matches. Au collège Place des Martyrs, notre Prof de sport, Ahmed Chemengui, un grand éducateur, nous apprit le handball. Et cela a été le coup de foudre. J'ai fini par pratiquer en même temps le foot et le hand. Il y eut à un certain moment une décision ministérielle qui interdisait d'avoir deux licences en même temps. Pourtant, tous les sportifs de ma génération pratiquaient deux ou trois sports simultanément. Par exemple, Ali Karabi sautait d'un terrain à l'autre, passait d'un sport à l'autre durant le même week-end.
Qui vous a entraîné ?
Habib Bouaouina dit «Hbaïech» a été mon premier entraîneur. Je dois rendre hommage à ce formateur passionné qui a façonné des générations entières de handballeurs à Nabeul. Ensuite, Ferran Halalambe a abattu un travail énorme qui allait porter ses fruits. Ainsi, mon club a-t-il «donné» son entraîneur à la sélection nationale. Moncef Ben Amor, dit «Echef», qui a été mon coéquipier, allait être un jour mon coach. Il y a eu également Mohamed Ouahchi, Abdelaziz Sfar et Kamel Ghattas qui aimait beaucoup le SN. Un jour, il écrivit sur les colonnes de La Presse : «Compte tenu de sa forme actuelle, nous aimerions bien savoir pourquoi l'entraîneur national continue d'ignorer Mustapha Khouja».
Vous avez fini par être convoqué en sélection ?
Oui, mais au sein d'une présélection de près de quarante joueurs. En 1968-1969, j'étais dans une forme de tonnerre. Malheureusement, je n'ai pas eu une vraie chance en sélection. Mais c'est la vie…
Quels furent vos dirigeants ?
Notre président Mohamed Fekih, Tahar Bahroun, Farouk Kallel et Habib Ben Braham. Lorsque j'étais dans l'équipe de football, nos dirigeants avaient pour noms Abdelkader Taguia, Taoufik Hicheri, Rachid Hmandi, Naceur Kcibi… En fait, le SN doit beaucoup à son président Mohamed Fekih qui était en même temps P.-d.g. de la Pharmacie centrale de Tunisie. Des dizaines et dizaines de joueurs nabeuliens furent ainsi enrôlés dans la Pharmacie centrale. La moindre des choses consiste à se montrer reconnaissant envers cet éducateur modèle.
Quels sont vos meilleurs souvenirs?
Notre match de Coupe de Tunisie contre le CSHL. Celui-ci, qui possédait alors une belle équipe, a mené (4-0). Eh bien, j'inscris coup sur coup quatre buts qui nous ramènent à sa hauteur. En fin de compte, nous l'emportons (7-6). Notre match devant le Sporting Club de Moknine, aussi. J'entre à la reprise, alors que nous étions menés par huit buts d'écart. A la fin, nous gagnons d'un petit but d'écart. J'ai tout donné pour mon club. Y compris ma denture fracassée par le Clubiste Remy Taïeb, qui a envoyé ses pieds dans mon visage dans une de ses «suspensions» de légende.
Et les plus mauvais ?
Une défaite d'un seul but face à l'Espérance Tunis sur deux erreurs que j'ai commises, deux passes à l'adversaire que Mounir Jelili a su transformer en deux buts. Et puis, une injustice arbitrale qui nous a amenés à nous retirer: c'était avec l'équipe juniors contre l'AS Ariana. Nous nous sommes retirés du terrain. La suspension de notre équipe juniors a été élargie à l'équipe séniors ! On en a bavé à cause de l'arbitrage : Zitouni, Belhaj, Osmane…avaient visiblement une dent contre nous. Contrairement à un Mohamed Boughenim (l'ex-arbitre et brillant journaliste sportif) que le tout-Nabeul a fini par adopter.
Le 25 mars 1967, le SN était battu en championnat par le Club Africain (3-2). C'était un match de hand ou de foot ?
(Sourire). Non, de handball, bien sûr. On marquait peu de buts à notre époque. Je me rappelle d'un autre match non moins avare en buts: un certain SN-CSHammam-Lif, conclu sur un score de (3-3). Les défenses étaient très fortes, les arbitres toléraient un jeu beaucoup plus agressif, plus physique. Souvent, c'était genre «Interdit de passer !». Pourtant, le Stade Nabeulien brillait par son jeu spectaculaire et plaisant, par sa vitesse et sa tactique avant-gardiste aussi. Le Huit (Naâoura), «Petit train», «Fenêtre» : toutes ces astuces tactiques, on les mettait en application. Mon coéquipier Moncef Ben Amor, étudiant à l'Ineps de Ksar Saïd, en retenait les secrets dans son Institut et venait les appliquer avec nous. On venait voir nos matches non seulement de tout le Cap Bon, puisque nous étions la seule équipe de toute la région en Nationale «A» en ce temps-là, bien avant l'AS Hammamet, EBS Béni Khiar, l'US Témimienne…, mais on venait également de Tunis, de Sousse…
Votre coéquipier Moncef Ben Amor a disputé le premier championnat du monde auquel participa la Tunisie, celui de 1967 en Suède…
Oui, c'était le meilleur organisateur du pays. Un meneur d'hommes inégalable. La plupart des buts que je marquais, c'est lui qui me les offrait. Mais la force de notre équipe, c'était son esprit de corps, la solidarité, l'entente parfaite entre de grands amis. Les plus grands clubs du monde venaient se produire à Nabeul. Le cas du club allemand VFL Gummersbach et sa légende Hansi Schmidt. Nous avons beaucoup appris au contact de ces géants du hand mondial. Bref, notre ville respirait en ces temps bénis le handball.
Et le basket-ball, bien évidemment?
Ah oui. Mais le hand avait peut-être quelque chose en plus, en ce temps-là.
Comment jugez-vous le SN d'aujourd'hui ?
A l'image des autres disciplines sportives, le handball a rendu l'âme à Nabeul. L'équipe dans les divisions inférieures. La chute a été entamée dans les années 1980-1990 lorsque le club a commencé par négliger son propre cru.
Etes-vous satisfait de votre carrière ?
J'ai la conscience tranquille. J'ai servi mon club durant 24 ans. J'ai constamment cherché à donner de lui la meilleure image possible. J'ai toujours veillé à être propre et élégant. Des espadrilles aux chaussettes, en passant par le maillot numéro 6, je rentrais avec tout mon équipement afin de le laver ou l'essuyer soigneusement. Depuis, que de chemin parcouru. J'ai débuté sur la terre battue du stade Chelly de Nabeul où on ne perdait presque jamais. Côtoyant quatre générations, j'ai conclu ma carrière sur le parquet de la salle couverte de la plage. Maintenant, nos handballeurs se produisent à la salle Bir Chellouf sans réussir à honorer leurs couleurs ni l'histoire de leur club.
A votre avis, quels sont les meilleurs handballeurs tunisiens de tous les temps ?
Moncef Hajjar, Abdelaziz Ghelala, Hachemi Razgallah, Moncef Ben Amor et Mounir Jelili.
Parlez-nous de votre famille…
Je me suis remarié avec Maherzia. J'ai cinq enfants : Nawal, 47 ans, fonctionnaire; Skander, 43 ans, cadre à la Cnrps; Mohamed, 42 ans, homme d'affaires au Qatar; Meriam, 35 ans qui vit au Bahreïn, et Selima, 33 ans, titulaire d'un master en agroalimentaire.
Quels sont vos hobbies ?
Jardinage, bricolage et marche quotidienne. D'ailleurs, je me consacre à ma famille.
Enfin, que représente pour vous le SN ?
Le sang qui coule dans mes veines. Ma mère Habiba, habillée de son sefsari, assistait régulièrement aux rencontres de notre équipe de handball au stade Chelly. Et pas seulement parce que j'y jouais. C'était une vraie passion pour elle. Vous imaginez, une femme dans un stade dans les années 1960 ! Quant à mon père, Mohamed, il était agriculteur. Militant de la première heure, il a été incarcéré en 1938 suite à une grande manifestation contre le colonialisme qui fit un grand nombre de martyrs à Nabeul.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.