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Grand-Tunis : 2.466 DT par mois pour une vie digne
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 03 - 2021

Dans la région du Grand-Tunis, le budget de la dignité pour une famille composée d'un couple et de deux enfants représente environ 6 fois le montant du salaire minimum.
Pour mener à bien le projet ''Un budget de la dignité pour la Tunisie'', qui a été lancé depuis deux ans, trois institutions ont décidé d'associer leurs ressources et leurs savoir-faire : l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires), qui a été étroitement associé à ce type d'étude en France, l'équipe d'International Alert (IA), qui a été la cheville ouvrière de la recherche et qui œuvre en faveur d'une gouvernance locale démocratique et participative et la Fondation Friedrich Ebert (FES), qui promeut les valeurs de liberté, de justice et de solidarité. Ces trois partenaires ont constitué un comité de pilotage qui a défini les grandes options du projet et assuré son suivi à chaque étape de la recherche.
Ainsi, ce concept budgétaire innovant vise à construire un outil répondant à l'exigence de dignité (une revendication encore persistante, dix ans après la révolution) et à définir les ressources nécessaires pour assurer les conditions matérielles minimales d'une vie digne, et ce, afin de garantir à tout Tunisien un niveau de vie minimum acceptable.
Des chiffres qui parlent
L'étude détaillée, qui a été publiée mercredi 24 mars 2021, indique que dans le Grand-Tunis, pour qu'une famille avec deux enfants de 7 et 14 ans puisse accéder, aujourd'hui, à des conditions de vie dignes, le budget nécessaire ''minimum'' s'élève à 1.850 DT par mois. Selon les données publiées, les dépenses d'alimentation et de logement constituent les deux principaux postes et représentent respectivement 33 et 31% du budget, alors que les dépenses liées au transport et à l'éducation ont un poids à peu près équivalent (avec respectivement 16 et 14% du budget chiffré). Tandis que les dépenses de santé en représentent 6%.
Mais il est important de souligner que, d'après l'enquête sur le Budget et la consommation des ménages, les dépenses prises en compte dans ce chiffrage partiel correspondent à environ 75% des dépenses des ménages. Et donc globalement, le coût du budget de la dignité s'élèverait à 2.466 DT par mois pour un couple avec deux enfants.
L'étude ajoute que les dernières données d'enquête portent sur l'année 2015, alors que le chiffrage du budget de la dignité a été effectué sur le premier semestre 2019. Il est, donc, nécessaire d'actualiser les données de l'enquête. Cette actualisation conduit à majorer d'environ 25% (24,7%) les données budgétaires de 2015 pour tenir compte de l'évolution des prix entre la date de réalisation de l'enquête et le premier semestre 2019. A cet égard, la dépense mensuelle de consommation dans le Grand-Tunis peut être estimée en 2019 à 3.089 DT par mois, soit un montant supérieur de plus de 25% du coût global du budget de la dignité estimé pour cette même famille. Notons, dans ce cadre-là, que par rapport à la moyenne nationale, la consommation moyenne dans le Grand-Tunis est supérieure de 37%.
50% de la population ne disposent pas des ressources nécessaires...
Face à ces chiffres qui font froid dans le dos, l'étude estime qu'au moins 40% —et plus, probablement la moitié—de la population du Grand-Tunis n'ont pas, aujourd'hui, les moyens d'accéder à des conditions de vie dignes.
«Cette proportion peut paraître élevée. Cependant, ce résultat est loin d'être incohérent avec celui d'études analogues menées dans d'autres pays. En France, par exemple, l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes) estime qu'environ 35% de la population française n'ont pas accès à des conditions de vie décentes (Onpes, 2015)... En Tunisie, la comparaison avec le salaire minimum soulève moins de difficultés techniques. Sous le régime des 48 heures, le salaire de base s'élevait à 403,1 DT en mai 2019. Le budget de la dignité pour une famille avec deux enfants représente ainsi environ 6 fois le montant du salaire minimum... Dans l'hypothèse où les deux membres du couple ont un emploi à temps plein, le salaire minimum devrait être multiplié par 3 environ pour permettre à la famille d'accéder à des conditions de vie dignes. A cet égard, il est certain que le salaire minimum est très loin aujourd'hui de permettre aux salariés tunisiens d'avoir des conditions de vie dignes », souligne l'étude.
Quelque chose à retenir...
Deux conclusions importantes peuvent être tirées de cette étude. Tout d'abord, on peut estimer que, dans la métropole du Grand- Tunis, au moins 40% de la population (et plus, probablement la moitié) ne disposent pas aujourd'hui des ressources nécessaires pour accéder à des conditions de vie dignes. Cela donne la mesure des difficultés que rencontrent nombre de familles et souligne la nécessité de renforcer les politiques publiques, notamment en direction des populations les plus précaires. A cet égard, et c'est la deuxième conclusion qui ressort de ces chiffres, le niveau du salaire minimum reste aujourd'hui très inférieur à celui nécessaire pour que les travailleurs puissent accéder par leur travail à des conditions de vie dignes. Avec les politiques de lutte contre le chômage, la revalorisation substantielle du salaire minimum constitue un axe majeur pour améliorer les conditions de vie de la population tunisienne.
L'étude ajoute que les politiques publiques ne se limitent pas aux actions qui permettent de soutenir directement le pouvoir d'achat des familles. Elles portent également sur la mise en œuvre de services publics qui contribuent indirectement au niveau de vie des familles. Le troisième enseignement de cette recherche porte précisément sur ce point. Tous les groupes de consensus ont ainsi souligné la médiocre qualité de certains services publics, notamment en ce qui concerne les transports, l'éducation ou la santé. Malgré l'attachement et la préférence des participants pour une offre de services publics de qualité, cette situation les a conduits à considérer que des ressources supplémentaires étaient nécessaires pour pallier cette situation. En d'autres termes, la détérioration des services publics engendre un surcoût important pour les familles en les obligeant à prendre en charge, au moins en partie, certains besoins qui pourraient être fournis par les services publics. L'amélioration des services publics constitue ainsi un autre axe d'action qui permettrait, non seulement d'améliorer les conditions de vie des familles, mais aussi d'offrir un accès plus égalitaire à ces services nécessaires.
Et, pour conclure, l'étude indique qu'il a été possible d'aboutir à un consensus sur le panier minimum de biens et services nécessaires pour accéder aux conditions de vie dignes. Ce résultat n'était pas acquis, a priori, compte tenu de la diversité des situations sociales qui caractérise la société tunisienne marquée par de fortes inégalités. Il s'agit là d'un résultat encourageant qui permet d'ouvrir des perspectives pour d'autres travaux futurs de même nature, afin d'élaborer des «budgets de la dignité» pour d'autres zones géographiques (en milieu rural par exemple) ou pour d'autres catégories de ménages.


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