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Commémoration de la naissance du «Combattant Suprême» : La légende Bourguiba
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 08 - 2021

Le 3 août naissait Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie, l'homme qui avait su mobiliser le peuple dans sa quête de dignité, l'homme qui avait dirigé la lutte nationale, qui avait fondé un Etat moderne et avait assuré à son pays une place de choix dans le concert des nations. Vingt-et-un ans après son décès, plus que jamais, Bourguiba et le bourguibisme reviennent en force en Tunisie. Non pas grâce à la majorité des partis qui composent la mosaïque politique et qui se réclament dépositaires du legs du libérateur de la Nation et de la construction de l'Etat moderne, mais surtout grâce aux jeunes qui voient en lui un leadership politique et la pérennité d'une vision avant-gardiste.
Mais c'est aussi une occasion pour revenir sur la fin tragique d'un homme qui a servi son pays mais qui est mort en résidence surveillée. En effet, le film de sa vie maintiendra la succession des soleils et orages qui l'ont tissé. Le destin n'a pas été très généreux avec Bourguiba. Prisons et épreuves allaient « écœurer sa carcasse » dont on décèlera plus tard les séquelles : 1967 : défaillance cardiaque, 1969 : hépatite virale extrêmement grave, 1970 : dépression nerveuse, etc.
Il faut reconnaître que la Présidence impose un rythme de vie épuisant. Il n'hésite pas, pour mieux affirmer la personnalité de son pays, à parcourir la terre entière.
Il est reçu en grand seigneur à Washington par John Kennedy. Il voit Nasser au Caire, Ould Daddah à Nouakchott, Boumédienne à Alger. Le voici successivement chez Senghor, chez Houphouët-Boigny, chez Tito. Le voici au Niger, au Cameroun, en Turquie, en Arabie saoudite, en Extrême-Orient.
Et de se rendre à Londres, ou à Genève, ou à Ottawa. Et de nouer des relations même avec le Vatican de Jean XXIII.
Soleils et orages ont tissé la trame d'une vie devenue légende. En effet, sa vie pourrait aisément s'illustrer en images d'Epinal ou un beau livre d'Heures. C'est pourquoi il fait bâtir dans le cimetière de sa cité natale un mausolée qui sera aussi superbe que celui d'Atatürk à Ankara ou de Franco en Espagne et c'est pourquoi aussi, au grand Palais décoré du Conseil des ministres, dans la vaste salle richement décorée, le Combattant Suprême figure déjà en buste, au même rang que les autres grands hommes de la Tunisie éternelle, Hannibal, Jugurtha, Saint-Augustin et Ibn Khaldoun.
Un personnage de légende
Il lit du Zola et dessine lui-même ses palais. Il reste de la civilisation de Renan ou d'Auguste Comte, mais veut connaître les messages les plus hardis des plus jeunes penseurs.
Il maintient d'émouvantes vénérations pour certaines traditions antiques ou certaines survivances de la vie tribale. Il est à la fois d'avant-hier et de demain, tribun du peuple et rêveur du désert, amant de la mer et amoureux de l'oasis, lutteur dans la tempête et prince de la solitude. Il ne ressemble à aucun.
Les épreuves de force
On ne reviendra pas, ici, sur les épreuves de force qu'il a endurées avec courage et dignité, celle de 1936, celle de 1938 puis celle de 1952, à l'issue desquelles le Néo-Destour sortait toujours plus fort. Mais on reviendra sur son sens politique et sur sa stratégie de développement qui, en un quart de siècle, ont impulsé à un pays spolié par 75 ans de colonisation un essor exceptionnel.
En fait, Bourguiba considérait la démocratie, stade suprême de l'évolution d'une société, comme le meilleur des régimes. Amor Chadly, son médecin personnel, assure dans un article publié par Leaders à cet effet que Bourguiba partageait l'opinion de l'astrophysicien chinois Fang Lizhi qui considérait que «la démocratie venue d'en haut n'est pas la démocratie, ce n'est qu'un relâchement de contrôle». Au journaliste Roger Stéphane, Bourguiba déclarait : «Vous savez, je suis démocrate, mais pour un peuple qui n'a jamais connu l'existence de la démocratie, c'est un risque de faire son apprentissage dans une période de grande tension. La porte est alors ouverte à toutes les démagogies et on ne sait pas où ça peut mener».
Face à une population comprenant plus de 80% d'illettrés à l'époque, face aux pesanteurs historiques, à la fragilité de la texture sociale qui opposait citadins et nomades, à l'esprit de clan et au tribalisme dans les campagnes, Bourguiba, pour engager le pays dans la voie du développement, n'avait pas d'autre choix que de tenir le gouvernail.
Un pays riche de ses enfants
Estimant que la richesse d'un pays réside dans la valeur de ses hommes, une fois l'indépendance acquise, il engagea la Tunisie dans un mouvement socioculturel et économique sans précédent. Le leader, sans haine ni faiblesse, se transforma en un véritable pédagogue, dispensant dans ses discours et ses émissions radiophoniques hebdomadaires des leçons de vie dans un langage clair et facilement accessible à tous. Il qualifiait le combat engagé pour l'édification de l'Etat de «grand combat» (Jihad al akbar), l'opposant au «petit combat» (Jihad al asghar) mené pour l'accès à l'indépendance. Son charisme, sa légitimité historique et sa clairvoyance l'imposaient comme chef incontestable.
Il était à la fois président de la République et chef de gouvernement. Afin d'engager les secrétaires d'Etat — triés sur le volet pour leur compétence, leur intégrité et leur dévouement à la cause nationale — à ne pas réduire leur rythme de travail, il leur servait d'exemple, convaincu que la Tunisie ne pouvait s'imposer dans le monde que par le travail et l'effort. Selon Amor Chedly, depuis quelques années déjà, Bourguiba souffrait d'insomnies qu'il arrivait à réguler avec une thérapeutique classique. Face à son surmenage et à la crise consécutive à l'échec du système des coopératives, cette thérapeutique était devenue inopérante.
De ce fait, l'année 1969 constitua une rupture avec le passé. Depuis, les intrigues débutèrent. En effet, le Président était sous tutelle, son entourage faisait tout.
Selon le témoignage de son médecin personnel, ces intrigues s'intensifièrent avec le gouvernement Hédi Nouira (2 novembre 1970 – 26 février 1980) qui connut deux événements graves ayant nécessité l'intervention de l'armée pour rétablir l'ordre. Celui du 26 janvier 1978 consécutif à la grève générale décidée par le secrétaire général de l'Ugtt, Habib Achour, et celui de l'attaque de Gafsa le 27 janvier 1980 fomentée par un groupe d'opposants soutenus par Kadhafi. Il note à cet effet que depuis 1969, Bourguiba n'avait cessé de se ranger aux décisions de ses Premiers ministres. C'est ainsi par exemple qu'il avait accepté d'adopter la position de Hédi Nouira au sujet de l'accord de Djerba du 12 janvier 1974 et de gracier, à la demande de Mohamed Mzali, en 1984, les islamistes condamnés en 1981 à 10 ans d'emprisonnement. Chedli Klibi, son ministre directeur du cabinet présidentiel de 1974 à 1976, confirmait l'engagement de Bourguiba à confier à son Premier ministre les décisions gouvernementales. Dans son ouvrage Radioscopie d'un règne, il déclarait: «Après 1969, le pouvoir sera exercé au nom de Bourguiba par des Premiers ministres qui n'en réfèreront au chef de l'Etat que de loin en loin, souvent pour l'informer, plus que pour le consulter».
Le gouvernement Mohamed Mzali (23 avril 1980 – 8 juillet 1986) connut lui aussi un événement grave, celui de la crise du pain de janvier 1984. Le gouvernement Rachid Sfar (8 juillet 1986 – 30 septembre 1987) comptait déjà Zine El Abidine Ben Ali comme ministre de l'Intérieur. Ce dernier procéda à la provocation et à la persécution des étudiants et des islamistes qu'il utilisa comme pions avec l'enjeu de s'imposer, aux yeux du Président, comme le seul capable de dompter les islamistes et de venir à bout des grèves des étudiants pour remettre l'Université sur les rails.
Au moment de sa déposition, le 7 novembre 1987, Bourguiba avait refusé de quitter le palais de Carthage pour Dar Al Hana à Sfax qu'on lui avait fixé. Le 9 novembre, ayant accepté la résidence de Mornag, il s'y est rendu, le 10 novembre, en hélicoptère, accompagné de Hamadi Ghedira, son fils et Amor Chadly, son médecin personnel.
Résidence surveillée
Ainsi, après 32 ans au pouvoir, le président Bourguiba a été déposé par le Premier ministre de l'époque, Ben Ali, aidé en cela par les Américains, d'une part, et les services secrets italiens, sur ordre de l'Otan, au cas où l'opération rencontrerait des difficultés, d'autre part.
Bourguiba fut donc assigné à résidence surveillée et gardé fortement par des troupes de choc pour le cas où un commando viendrait un jour à tenter de le libérer et le remettre à la tête du pouvoir, ce qui serait la perte certaine de Ben Ali et ses collaborateurs, à l'époque, dans la garde nationale.
La plainte
Trois années après avoir été déposé par Ben Ali, Bourguiba, un vieil homme de près de 90 ans, prend lui-même sa plume pour déposer plainte, le vendredi 2 février 1990, auprès du procureur de la République, contre Ben Ali, celui qui l'avait déposé et enfermé illégalement. Chose qu'il ne comprend et n'accepte pas. Ce qu'il demande dans cette lettre, c'est d'être jugé pour toute accusation qui lui serait imputée après tant de combats au service de la nation. Pour appuyer sa requête, Bourguiba demande à être reçu afin de soumettre de plus amples détails et fournir photos et documents à l'appui. «Je suis retenu dans la résidence du gouverneur(...), ne pouvant en sortir que sur son autorisation, et ne pouvant recevoir les membres de ma famille (...). Certes, je bénéficie des commodités d'hébergement et de restauration, mais je ne peux même pas sortir », insiste-t-il.
Il demande à quitter cette résidence surveillée et revendique son droit à la liberté : «Je veux retrouver mes amis et tous les habitants de Monastir». Et d'insister sur sa demande d'audience, y voyant sans doute l'occasion de porter son affaire devant l'opinion publique. Ce document, retrouvé dans les archives de la présidence après 2011, suscite beaucoup d'interrogations. Etait-il parvenu effectivement à son destinataire, le procureur de la République de Monastir? Et si oui, pourquoi n'y avait-il pas donné suite, en recevant Bourguiba ou en ouvrant une instruction ? Le plus probable, c'est que la requête de Bourguiba avait été interceptée à son insu et remise à Ben Ali. Mais cette lettre ne sera pas l'unique missive adressée à la présidence pour solliciter sa libération. Georges Adda, un dirigeant bien connu du Parti communiste tunisien, avait adressé à Ben Ali, le 4 novembre 1997, une lettre dans laquelle il plaidait pour la libération de Bourguiba. La lettre de Adda était émouvante. Elle traduisait la fidélité de ce grand patriote à l'homme qui a conduit la lutte du peuple pour l'indépendance, et qui a présidé par la suite à l'édification de l'Etat.
« Aujourd'hui, je suis affligé, lorsque je vois dans mon pays un de mes vieux compagnons de camp de concentration être le plus vieil interdit de liberté du monde. Je suis attristé de voir que le grand dirigeant qu'il fut ne vive pas libre à Tunis ou dans sa banlieue, près de sa famille et au milieu de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Je vous prie, Monsieur le Président, de rendre pleine et entière liberté à Habib Bourguiba. Vous rendrez ainsi un grand service à la Tunisie qui n'aura plus alors le privilège d'être le pays où vit le plus vieux interdit de liberté ».
Mohamed Sayeh est aussi l'une des très rares personnes, qui depuis la déposition de Bourguiba jusqu'à sa disparition, à s'être battue avec ténacité pour obtenir la levée de sa résidence surveillée. Dans une lettre que l'ancien biographe de Bourguiba avait adressée le 25 avril 1990 à Ben Ali. Sayah écrit: «J'ose, avec votre permission, saisir encore une fois pareille occasion pour vous adresser un appel plein d'espoir pour donner vos instructions en vue de mettre fin dans les plus brefs délais à l'isolement de notre leader et lui permettre de revoir au moins tous ceux avec qui il se sent à l'aise et souhaite personnellement rencontrer».
Amor Chedly témoigne à Leaders :« L'autorisation qui m'était attribuée se limitait à deux visites par semaine, de 17 à 23 heures. Elle a été maintenue jusqu'au 15 février 1988. Ce jour-là, je trouvais Bourguiba furieux et irrité... Il me demanda d'aller voir les ambassadeurs de France, d'Angleterre et des USA et de dénoncer sa captivité. Lui ayant déclaré que j'effectuerai cette mission, je fus, le 17 octobre, démis de mes fonctions à l'Institut Pasteur et interdit de visite. De son côté, Bourguiba fut privé de toute visite en dehors de celle de sa famille directe.
C'est à partir de cette date qu'il adressa, d'une part, des lettres à Ben Ali lui demandant de bénéficier de certaines libertés et, d'autre part, une requête au procureur de la République lui demandant à être jugé pour répondre de ses actes. Son isolement s'est poursuivi même après le 23 octobre 1988, date à laquelle Ben Ali l'a autorisé à rejoindre Monastir. Il a fallu attendre la visite de Ben Ali aux Etats-Unis et probablement l'intervention du président Bush père pour voir sa captivité s'adoucir. À partir de 1990, certaines personnes ont été autorisées à lui rendre visite, parmi lesquelles Bahi Ladgham, Hassen Ben Abdelaziz, Mohamed Sayah, Ahmed Kallala et moi-même. Beaucoup de demandes restaient cependant lettre morte ».
Malgré toutes ces sollicitudes, Bourguiba sera maintenu dans sa résidence surveillée jusqu'à son décès le 6 avril 2000, à l'âge de 99 ans.

La Presse archives avec Leaders
Les funérailles du Père de la Nation ont suscité l'amertume des Tunisiens qui ont été empêchés de lui rendre un dernier hommage. Elles ont également suscité des commentaires dans les médias étrangers. Libération écrivait : «Le régime de Ben Ali a tout fait pour escamoter les obsèques de son prédécesseur». Ailleurs, ce même quotidien déclarait: «En enterrant le Combattant suprême presque en catimini, Ben Ali n'a fait que souligner l'attachement du peuple tunisien à son ancien leader».


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