Exposition «Les Beys Husseinites» au centre des Arts, de la Culture et des Lettres de Ksar Said: Un saut dans le temps    La Presse Magazine du Dimanche 16 janvier 2022 consultable sur notre site    Du nouveau sur l'accident des deux métros    La parvovirose des chiots    Les fleurs au cœur de l'hiver    Crise d'asthme à la maison : comment réagir    Hosni Zouaoui, ancien milieu défensif du CAB: «Je ne crois qu'au mérite»    L'Omicron, un vent contraire limité et temporaire pour l'économie mondiale    Abdelaziz Kacem: Saveur et savoir, même étymologie    Tunisie-Coronavirus : Bilan épidémiologique du 14 Janvier    Tunisie-Ministère de l'Intérieur : Appel à témoins contre un élément takifiriste    Tunisie : Les organisations nationales condamnent la "répression policière" lors des manifestations d'hier    Tunisie : Le SNJT dénonce les agressions contre les journalistes    Kais Saied : ''L'année prochaine, une seule personne fêtera la révolution le 14janvier ''    CAN 2021 – Gr D : Le Nigéria prend 3 points de plus et se qualifie    Entretien du président de la République avec le secrétaire général de l'UGTT    Tunisie-Kais Saied [VIDEO] : « Tolérance Zéro pour toute tentative de renverser l'Etat ou de manipuler ses institutions »    Sur quelles chaînes regarder le match Tunisie – Mauritanie ce dimanche ?    La Tunisie reçoit un don de 100 mille doses de vaccins de la Russie    Premier League : Le choc entre Man City et Chelsea, a tourné à l'avantage des locaux    Supercoupe d'Espagne (Finale) : Positif au Covid-19, Carvajal (Real Madrid) indisponible    CAN : La sélection nationale en blanc contre la Mauritanie    Scandaleux : Le correspondant d'un journal français frappé par des policiers le14 janvier    Frappé par des policiers Tunisiens, un journaliste français à la clinique    Comité de défense de Bhiri : on passe de l'enlèvement au meurtre prémédité    Lancement de la 9e promotion de l'incubateur Tunisien Lab'ess avec 10 porteurs de projets    Grâce à la transition énergétique, l'Afrique pourrait créer 26 millions d'emplois d'ici 2050 (Rapport IRENA-BAD)    BCT : Les recettes touristiques en hausse de 19%, durant les dix premiers jours de 2022    Important pour ceux qui souhaitent se faire vacciner contre la rougeole    Foot-Europe: le programme du jour    Baisse de 5,5% de la production d'œufs de consommation en 2021    Des nouvelles nominations au ministère de l'Industrie    Covid-19 : Le siège de la FTF fermé pour deux semaines    Barrages | Malgré une hausse du taux de remplissage : Une répartition déséquilibrée des réserves en eau    Semaine boursière : Le Tunindex reprend des couleurs mais l'inertie se poursuit    Meurtre du caporal Saïd Ghozlani : Des peines allant de 32 ans de prison à la condamnation à mort    La France met en garde contre un risque d'attentat élevé en Tunisie    Le cannabis pour se protéger du Coronavirus ?    L' Ukraine victime d'une grosse cyberattaque visant ses sites gouvernementaux    Tahar Bekri: Abdelwahhab Meddeb et la relecture de l'héritage culturel arabo-musulman    Risque d'attentat: La France appelle ses ressortissants en Tunisie à la vigilance maximale    Royaume-Uni : Johnson pourrait être balayé par ses fêtes en plein confinement    Le grand poète tunisien Noureddine Sammoud est décédé    Noureddine Sammoud n'est plus    " Streams " de Mehdi Hmili dans les salles tunisiennes à partir du 19 janvier    Projection-débat autour du documentaire Movma, portrait d'une jeunesse en mouvement    Le cinéma tunisien au Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand 2022    Musique | Signature d'une convention de coopération internationale    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



On nous écrit: «J'ai fermé mes maisons » de Marianne Catzaras Sur ses collines, Athènes attend
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 12 - 2021


Kaouther Khlifi |
«J'ai fermé mes maisons» est le dernier recueil de poèmes signé Marianne Catzaras, préfacé par Murielle Szac et paru aux éditions Bruno Doucey. Une trentaine de poèmes. Le premier ouvre par le verbe quitter, le dernier clôt par le verbe sortir.
Au commencement était l'éponge, cet animal qui ne connaît pas l'oubli. Qui gobe, avale, ravale...On a beau l'essorer à fond, on ne le met jamais à sec pour autant. Parce qu'il faut toujours un résidu de moiteur pour qu'on en (re)prenne de la graine, pour que naisse une autre histoire.
«J'ai fermé mes maisons » est le dernier recueil poétique signé Marianne Catzaras, préfacé par Murielle Szac et paru aux éditions Bruno Doucey. Une trentaine de poèmes. Le premier ouvre par le verbe quitter, le dernier clôt par le verbe sortir.
Un texte qui en a fait des siennes avant de consentir à se donner à lire. D'emblée, voilà qu'il se jette et nous avec à la lisière d'un chemin, sur le bord d'un quai, de port ou de gare, sur le tarmac d'un aéroport improbable. Dans tous les cas de figure, vous avez une rive et une autre, un avant et un après, une hauteur et un précipice.
Des itinéraires, par bouts. Des voyages, par bribes. Une terre qu'on quitte île après île, pour ne pas se jeter de plain-pied dans l'eau et, peut-être, se laisser une possibilité de retour. Et pour cette possibilité, rien que pour cette possibilité, on range sa maison avant de la fermer et, non par inadvertance, on oublie toujours ce petit quelque chose qu'aucune valise ne peut transporter.
Et d'un pays, l'autre, on se transvase. En apprivoisant la mer ou en la prenant de haut. Sous le soleil qui se lève partout, sans briller pour tout le monde. Dans le bassin, patauge l'enfant extrait aux ''géographies qu'on lui avait tracées''. Il n'a pas l'âge de la mort, mais la mort, elle, se fout des âges. Plus tard, il faudra lui ''répéter son nom lentement'', parce que la peur est propice à l'oubli. Plus tard, il vous répondra avec un caillou sur la langue, comme une épitaphe sur quelque tombe voisine à celle de la mère partie.
Et il ne saura même pas s'il veut rester ou partir. Mais partir où ? Dans ce pays d'où nous vient la tragédie et vers lequel elle revient, inévitablement, chaque fois que la mer fait des vagues. Mare nostrom, je veux bien ! dit-elle. Mais regardez : combien sommes-nous devenus ? Alors quelle terre, quelle mer ne succombera-t-elle pas à la déflagration démographique, parce que qui trop étreint mal embrasse. Trop, ici, est à prendre au sens surnuméraire.
Marianne Catzaras a à ses doigts les anneaux de tous les ports. De Carthage, d'Athènes ou encore d'Ostie. Et partout où elle passe, il lui suffit de mettre pied à terre pour s'imbiber des complaintes silencieuses des rues, des murs, des terrasses des cafés. Tâter le pouls des femmes fatiguées, des hommes qui errent assis. Capter l'écho sempiternel d'une balle perdue, tirée dans le corps ou dans la pierre. A Sousse ou au Bardo. Ou peut-être un peu plus loin, un peu plus haut, sur nos montagnes oubliées.
Si partout et pour tout, on ferme pour inventaire, on baisse le rideau, on se terre dans le fond de sa boutique, l'inventaire par le mot, lui, entend souvent à se donner à voir. Par le mot ou par l'image. Parce qu'ici, les ouvrages et les expositions sont comme des escales dans le temps. Un arrêt sur vie. Le répit nécessaire au voyageur, au marin, au fugitif.
Marianne Catzaras a également signé L'Escale (Actes Sud), Hergla, Sifnos et autres voyages (Simpact), Céramique de Tunisie (Simpact), Djerba, autres visages (IFT), Ton corps endormi (Simpact), Après-midi (Editions Pigi), Carthage ou la mémoire des pierres (Editions Electa).


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.