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Théâtralement vôtre
Moez Mrabet

Acteur, metteur en scène, enseignant et récemment nommé directeur général du Centre culturel international de Hammamet, il use de toute son énergie pour explorer de nouvelles pistes. Faire du théâtre hors des règles le stimule et lui donne des fourmis dans les jambes. C'est ainsi qu'il a enrichi son CV. Au prix de plusieurs remises en cause et de questionnements.
A une époque pas très lointaine, les spectacles de fin d'études de l'Isad étaient très attendus par les professionnels du secteur. C'est là où l'on vous a découvert. Vous aviez mis en scène «La cantatrice chauve» avec vos camarades de promotion. Est-ce que nos souvenirs sont bons ?
Tout à fait. C'était la promotion 97. Nous avions fait une adaptation libre d'Eugène Ionesco... Mais en 95, déjà, j'ai été sur la scène professionnelle dans «Les amoureux du café désert» de Fadhel Jaïbi. Par la suite, je suis parti aux Etats-Unis, à la découverte du théâtre américain. C'est ce voyage qui m'avait inspiré le sujet de ma thèse sur «Stanislavski dans le théâtre américain : réception, transmission et évolution». Bien avant de réfléchir ce travail et de le finir en 2007, je suis reparti à la découverte du théâtre sous d'autres cieux. C'est ainsi que j'ai eu la chance de faire un atelier, en Allemagne, avec Sasha Waltz, chorégraphe et danseuse contemporaine, et ce, grâce au Goethe Institut de Tunis.
Quand est-ce que vous avez commencé à enseigner à l'Isad ?
C'était en 2005. Cette année-là, j'ai fait également partie de la distribution de «Khamsoun» de Jaïbi. A l'Isad, j'enseigne la méthode de Stanislavski (*) qui avait une grande influence aux USA. Je travaille, entre autres, sur la construction du personnage. Et avec les masters, j'aborde les problématiques d'approche et de méthodes de jeu d'acteur.
Mais vous n'avez pas chômé en tant que comédien. Vous avez retrouvé Familia Production dans «Yahia Yaich» ou «Amnesia». Quand est-ce que vous avez entamé votre expérience du «Laboratoire arabe de danse théâtre» ?
C'était en 2009. L'idée était de travailler sur les techniques du corps, en s'approchant de la danse et en cherchant des outils qui aideraient l'acteur à s'exprimer par le corps. On a travaillé dans différentes villes arabes, notamment à Beyrouth, Damas, Le Caire, Rabat et Tunis. C'étaient des cycles de formation et de sélection pour un atelier-résidence d'un mois à Boukrim, un village d'El Haouaria.
Est-ce que le cinéma vous intéresse autant que le théâtre ?
En effet. Mais je ne m'y investis pas de la même manière. J'ai été acteur dans «Thalathoun» de Fadhel Jaziri, et j'ai eu un rôle dans l'un des courts métrages de Sarra Labidi : «Le dernier wagon».
Entre-temps, où en était le laboratoire ?
Nous avons créé un deuxième laboratoire dans le cadre de l'association «L'art vivant». Il s'agit du «Laboratoire théâtral tunisien». Nous avons commencé nos activités au Centre d'art vivant du Belvédère. Nous voulions interroger la pratique théâtrale, pour voir où nous en sommes dans le métier. C'étaient les premières années après le 14 janvier, et nous avions envie de nous replacer par rapport au public, par rapport au discours et de la manière de le dire et de le porter.
Quand vous dites «nous», de qui parlez-vous ?
Je parle des hommes et des femmes de théâtre qui sont, comme moi, dans la réflexion et le questionnement. D'ailleurs, pour être plus efficace, j'ai fondé une association qui réunit les diplômés des instituts d'art dramatique. C'était en 2011. Nous avons travaillé sur l'espace public et sur notre positionnement en tant qu'artistes par rapport à la société où nous vivons. Notre rôle était également de défendre le statut de l'artiste, étant donné qu'il s'avère de plus en plus impossible de nous retrouver, nous les gens du secteur, dans un projet commun et pour un objectif commun.
En 2013, nous avons essayé de mettre en pratique les voies explorées au laboratoire, à travers une création intitulée : «Strip-tease». Par la suite, nous avons entamé un projet dans le cadre d'un programme appelé «Tandem-Shaml». Il s'agit de «Lampedusa mirrors», un projet de formation et de création sur l'émigration clandestine, que nous avons monté avec l'association de L'art vivant et Teatro Del Argine, à Bologne. Ce dernier implique beaucoup la communauté dans sa manière d'aborder l'art hors les murs. Nous avons travaillé entre l'Italie et la Tunisie avec des groupes de jeunes des quartiers défavorisés. C'était une formation de formateurs dont le but était d'emmener les diplômés du théâtre vers l'exploration des pratiques théâtrales contemporaines qu'on appelle : Théâtre d'intervention, Forum ou Théâtre de l'opprimé. C'est ce projet qui nous a portés vers les JTC (Journées théâtrales de Carthage) avec la création «Escale 32», en coproduction avec le Teatro Del Argine.
Etait-ce la même démarche ?
Absolument. Mais avec une écriture scénique tuniso-italienne. Nous avons monté le projet dans une résidence à Kerkennah, puis nous l'avons présenté, en première, à Matmata dans les troglodytes. C'était une façon d'explorer une écriture qui montre ce rapport dialectique entre l'histoire racontée et l'espace investi. Nous avions ainsi pu accorder une place à de jeunes acteurs du Sud et les aider à s'ouvrir sur des expériences nouvelles et différentes.
Vous venez, d'ailleurs, de présenter «Escale 32» à Dar Bach Hamba, un ancien palais de la médina, dans le cadre du festival du printemps. Avez-vous d'autres projets semblables en cours ?
Effectivement. Je suis sur un projet qui s'appelle «Vaisseau» ou «Parallels crossings».
Pourquoi ce titre en anglais ?
Parce qu'il y a deux Anglais dans le projet : John Davis et Jonathan May. L'un fait partie du Lift Festival (London international festival) et l'autre travaille au British Council. Ils sont producteurs et artistes. Il y a également Abdallah El Kafri de Syrie, président de l'association «Itijahat». Quant à moi, je représente l'association «L'art vivant». Nous sommes les producteurs-porteurs de projet.
De quoi s'agit-il ?
Nous travaillons sur la question des réfugiés. Nous avons exploré le problème dans toutes ses ramifications et dans différents contextes (tunisien, libanais et anglais).Nous avons été à Beyrouth, dans les camps de réfugiés, puis à Londres où nous avons visité les quartiers des réfugiés et les prisons où il y a les demandeurs d'asile.
La première de ce spectacle est prévue pour quand ?
C'est pour 2017. Trois festivals sont impliqués dans la production, dont «Shoubak», un festival à Londres qui présente la culture arabe, «Ahna wel amar jirane» de Beyrouth et un festival tunisien, dont je ne pourrais citer le nom, jusqu'à confirmation. Ce projet impliquera des artistes des trois pays. Parallèlement à ce projet, je continue à faire de la recherche. Je cosigne un ouvrage collectif sur l'influence de Stanislavski dans le monde.
Vous avez été nommé, en mars dernier, directeur général du Centre culturel international de Hammamet ou Maison de la Méditerranée pour la culture et les arts. Où en êtes-vous dans cette nouvelle casquette ?
J'en suis au festival, en tant que directeur. Je me suis entouré d'une belle équipe pour pouvoir réussir cette 52e édition qui aura lieu du 9 juillet au 20 août 2016. Le lieu, qu'est le Centre, est porteur d'histoire. Comment préserver son charme et renforcer davantage le festival qui est resté confiné dans cet espace magnifique ? Pour répondre à cette question, nous avons pensé à donner un coup de fraîcheur à l'événement, en concoctant un programme qui atteint l'espace public. Nous voulions éviter de faire une programmation «complaisante» dont le seul but est de divertir. C'est important de toucher le public le plus large possible, et de permettre à des gens qui n'ont pas les moyens de voir des spectacles ou ne sont pas concernés par l'art d'être attirés vers la chose culturelle. Hammamet, de par son histoire, sa géographie et son potentiel humain, doit devenir une destination culturelle. L'image de cette ville doit bénéficier de la culture pour dynamiser l'économie et être l'un des remparts contre la violence et le terrorisme.
Et dans ce sens-là, qu'avez-vous élaboré comme programme ?
On lance, pour la première fois, une programmation sur 3 volets : le «In door», où les spectacles seront présentés au théâtre élisabéthain de plein air. Le «Out door», où l'on installera une scène au cœur de la ville de Hammamet, et plus précisément, au vieux fort, et où l'on proposera des spectacles jeune public, tunisiens et étrangers, de qualité. De nouvelles formes d'art trouveront petit à petit leur place dans la ville. Quant au troisième volet, que nous avons appelé «Act now», il aura lieu au Centre, à Dar Sébastien. On y proposera des formes artistiques non conventionnelles.
Et quelles nouveautés côté organisation ?
Nous avons essayé de restructurer l'organisation du festival en changeant la charte graphique, en optant pour la vente en ligne et en mettent en place une nouvelle stratégie de communication. L'identité du festival doit évoluer et s'ouvrir à de nouveaux horizons.
Quel est le contenu du programme de cette 52e édition ?
Nous invitons de grands noms de la scène de danse contemporaine, du jazz, de la world music, de la musique africaine, du flamenco, et de la nouvelle scène musicale arabe et tunisienne. Celle-ci aura une forte présence lors de cette édition.
Et qu'en est-il du théâtre ?
Comme de coutume, l'ouverture aura lieu avec le théâtre tunisien, notamment avec une nouvelle création du TNT (Théâtre national tunisien) mise en scène de Raja Ben Ammar. D'autres spectacles sont en cours de sélection.
Y a-t-il des coproductions ?
Il y a plutôt des productions. Nous n'avons pas eu le temps de nous engager dans des coproductions. Mais nous avons produit 3 soirées : une qui mettra en scène la nouvelle tendance musicale tunisienne, une autre qui rendra hommage au poète Sghaïer Ouled Ahmed, avec la participation d'artistes arabes et tunisiens, et une troisième soirée que l'on consacrera à un grand musicien tunisien.
J'entends que vous ne voulez pratiquement rien dévoiler du contenu de la programmation. Est-ce la nouvelle stratégie de com qui en empêche ?
Entre autres ! (rires)...Aussi, j'attends certaines confirmations.
Nous promettez-vous l'exclusivité?
C'est promis.
(*) Stanislavski est un comédien, metteur en scène et professeur d'art dramatique russe.
Il est l'un des créateurs du Théâtre d'art de Moscou et il est l'auteur de La Formation de l'acteur et de La Construction du personnage. Son enseignement fondé sur la mémoire affective et le vécu propre des acteurs a notamment influencé le célèbre cours new-yorkais de théâtre Actors Studio de Lee Strasberg et Elia Kazan.


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