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Le temps passe et les coutumes restent
Ramadan à kairouan
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 06 - 2016

A Kairouan, le charme inégalé du mois de Ramadan consiste à mêler de façon alternée
le sacré et le profane.
Le mois saint n'est pas uniquement le mois de l'abstinence et de la spiritualité, mais aussi celui des longues veillées, des activités sociales et culturelles, des fastes culinaires et des caprices de toutes sortes.
Le mois de Ramadan nous fait oublier pendant 30 jours les problèmes qui secouent notre planète. Et même si les mentalités des générations évoluent, les us et coutumes restent solidement ancrés dans les familles, et ce, malgré la réticence de certains jeunes qui trouvent que c'est le mois des dépenses, des caprices de toutes sortes, des absences du lieu du travail, de la réduction des activités diurnes et de la hausse des prix. Evidemment, cela n'est pas l'avis de beaucoup de nostalgiques du Ramadan d'antan à Kairouan où tous les senteurs prennent une proportion démesurée surtout au moment de l'Iftar qui répand chaque soir son bonheur indicible au sein de tous les foyers.
Celui qui visite la cité aghlabide pour la première fois pendant Ramadan perçoit peu à peu la ville et s'étonne de la sentir venir à lui, si vite, en images contrastées, en visions modernes et anciennes. Teintes, ombres, odeurs et lumières s'unissent pour provoquer cette impression si forte que Kairouan a coutume de vivre au mois de Ramadan dans toute sa plénitude, comme nous l'explique Mme Zohra Nagati, retraitée du secteur de la santé : «Ramadan marque à Kairouan un changement de rythme dans la vie des citoyens. Autant on est sobre pendant la journée, autant on est de bonne humeur le soir, entre les prières des trawih, les activités culturelles et les veillées agrémentées de confiseries de toutes sortes. Et même les voyageurs transitant par Kairouan trouvent au mausolée du Barbier, à l'heure de l'iftar, un léger repas gratuit (lait, dattes et tabouna).
Un accueil hospitalier pour des passagers privilégiés... Et à l'approche de l'aube, les habitants sont réveillés au son de la tabla, instrument à percussion fait de peau de chèvre tendue sur un cadre cylindrique et que l'on fait résonner à l'aide de 2 baguettes.
Jamais, je n'oublierai feu Salah Bergaoui qui nous réveillait dans les années 50-60 afin qu'on prenne notre collation du shour avant la prière d'El Fejr. Son itinéraire débutait à El Jeblia, puis Sidi Amor Abada, Rbat Knabssa, Rbat Zouagha, pour finir à Errahba. Et même si, en hiver, il est confronté aux intempéries, il éprouvait un grand plaisir à effectuer ses tournées nocturnes et à perpétuer une tradition ancestrale en criant : "Ya flen, koum t'ssaher...". Le roulement et le battement de sa tabla font partie intégrante de notre patrimoine...».
La valeur des pâtisseries n'est que prétexte à la joie profonde d'être en famille
Pour Taïeb Jrad, un retraité de l'enseignement, le mois saint revêt une importance particulière aussi bien sur le plan religieux et spirituel que sur le plan civilisationnel et social avec notamment la visite des proches, une grande générosité à l'endroit des plus démunis, les réconciliations avec autrui : «En fait, le mois du jeûne émaillé de piété, assorti de nobles valeurs de l'Islam et célèbre par ses fameux coups de canon quotidiens, est une période où le plaisir terrestre et l'émotion religieuse se rejoignent dans un vibrant allegro. C'est ainsi que les lieux de culte sont très fréquentés le soir pour les prières des trawih et pour les causeries religieuses. Par ailleurs, à partir de 23h00, ce sont les ruelles de la Médina qui sont envahies par beaucoup de citoyens dont les rencontres et les discussions ont lieu dans les boutiques des coiffeurs, des cordonniers, des bijoutiers et des épiciers. Et avant de rentrer chez soi, on n'oublie pas d'acheter les zlabias et les mkhareks ainsi que les mechmoums el fel au parfum subtil.
A part cela, toutes les mères de familles, friandes de traditions culinaires et de réjouissances gastronomiques, préparent à domicile des mets succulents, dont la bouza aux grains de pin, la mhalbia, la samsa à la pâte d'amande, le kaâk feuilleté au smen et à la pâte d'amande, les oreilles du kadhi, les ftaïer au sésame, le akid si harmonieux, l'assida aux noisettes, la ballouza aux amandes et les fameux makroudhs.
Ces préparations ne sont que préludes à la joie profonde de raconter, de rire et de mieux sentir la chaleur humaine. Ensuite, pour la collation du s'hour, on prépare le mesfouf, mélangé de fruits secs, de grains de raisin ou de grenade...
Différentes sortes de coutumes
D'après le témoignage de Hajj Mohamed Youssfi, le mois de Ramadan avait une connotation particulière, puisque même les parents qui résident à l'étranger diffèrent leurs vacances estivales pour venir se ressourcer dans l'ambiance ramadanesque kairouanaise.
Et la nuit du Destin, on rend visite à la fiancée du fils pour lui offrir le moussem composé d'un bijou et d'un service de table : «En outre, la fréquentation des cimetières, durant les derniers jours de Ramadan, était une coutume que tout le monde respectait, puisqu'on devait entretenir les tombes afin qu'elles soient blanchies le jour de l'Aïd...».
Qu'en est-il, aujourd'hui ?
Il va sans dire que les coutumes se sont quelque peu estompées au fil des années à cause du changement du mode de vie des citoyens, toujours pressés et stressés. Néanmoins, on continue de fêter Ramadan dans une ambiance particulière et les traditions restent appréciées à leur juste valeur et ancrées dans beaucoup de familles. Ainsi, avant l'arrivée du mois saint, on procède à l'étamage des ustensiles en cuivre, on badigeonne les maisons et on fait des achats souvent excessifs. Evidemment, les radios-réveils et les portables ont remplacé les battements des tabbels dont certains se rendent encore dans quelques quartiers populaires.
Pour ce qui est des préparations culinaires, les jeunes couples jettent souvent leur dévolu sur la mère ou la belle-mère qui acceptent de les assister à accomplir ces tâches centenaires avec la préparation de spécialités délicieuses qui font le bonheur des palais.
Samir Rebhi, 32 ans, jeune fonctionnaire, nous confie dans ce contexte: «Après une journée de travail, de fatigue et de jeûne, j'aime bien me débarrasser des soucis quotidiens en veillant avec mes amis au café, qui devient presque notre 2e foyer, on y veille parfois jusqu'à 2 heures du matin, avec de passionnants tours de belote... Ça aussi fait partie du charme de Ramadan où on peut décompresser !»


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