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«Beneath the surface» (au-dessous de la surface), à Gorgi Gallery, jusqu'au 30 Juillet 2023 :Sous le vernis
Publié dans La Presse de Tunisie le 07 - 07 - 2023


Par Amel Bouslama
Sous le vernis des choses, il y a la face cachée du monde qui nous entoure, que nous foulons sans la regarder véritablement. Il y a la vulnérabilité de l'être humain et de notre écosystème, sous la bannière de laquelle se tient cette exposition collective de huit artistes, dont six Tunisiens, un Français et un Allemand. Une exposition décalée et éthiquement engagée, qui mérite tant le détour par l'éclat inattendu d'œuvres inscrites en plein dans l'art dit contemporain.
C'est comme si Hamadi Ben Saâd, qui a l'habitude de construire son tableau par une stratification de papiers marouflés, avait oublié de le recouvrir ! Ces lamelles marrons, blanches et noires disposées comme des bandes de sparadrap, cachent-elles des plaies, des fissures, des failles que l'être humain porte en lui ?
Najah Zarbout découpe dans le papier calque une chevelure ébouriffée de racines translucides d'arbres dont on ne voit pas le haut. Fragile et d'une extrême délicatesse est cette dentelle semi-transparente à multiples ramifications. A notre enchantement, le rhizome des palmiers et autres arbres, que l'artiste évoque, s'étend subtilement dans l'espace et projette sur le mur en ombre chinoise son frêle squelette que la brise fait danser.
Hela Lamine, pour qui « Dans sa tête pousse une forêt », la concrétise sur le mur par la forme d'une étonnante installation. Dans l'attente d'une possible unité entre humains et végétaux, elle insère, à l'intérieur de morceaux d'écorces de fruits et de fleurs séchées, des découpages de bonhommes dessinés en papier. Ainsi, l'être humain, ayant perdu sa connexion avec son environnement naturel, se love-t-il dans la matrice de la nature afin de se retrouver ?
Racines, 2023, Najeh Zarbout, découpage, 48 x 120 cm.
Mohamed Amine Hamouda recueille de son oasis maritime de Gabès les tiges d'alfa, les feuilles de henné et des racines mortes de palmiers, entre autres. Il les laisse macérer séparément dans l'eau puis en fait une pâte qu'il sèche après l'avoir aligné, horizontalement par catégorie, selon la dictée de son subconscient. Chez ce magicien de la fibre végétale naturelle, il n'y pas de support, ni de traceur et, par conséquent, on ne distingue pas de forme par rapport à un fond. Comptant uniquement sur ses mains nues, armé de patience et muni d'une sensibilité à fleur de peau, tout chez cet artiste se crée en même temps.
L'art de la récupération se déploie aussi avec Férielle Doulain Zouari à travers de menues brindilles autour desquelles elle entoure de fins fils fluorescents. Grâce à une subtile attache qui lie les fines branches, se dessine dans l'espace une écriture poétique d'envol. Ne parlons pas des sachets plastiques récupérés, composés en un diptyque damier rouge et bleu du Français Tom Egoumenides. Les coquillages, les débris de verre, de plastique et toutes sortes de matériaux recueillis de la mer et suspendus d'Intissar Belaid dans l'espace par des fils de pêche. L'histoire du poulpe qui s'y rattache évoque le pouvoir de cet animal à se dérober à ses prédateurs en se camouflant sous la couleur, la texture et la forme de ce qu'il ramasse autour de lui.
Les photographies, artisanalement créées par l'artiste allemand Moritz Hagedorn, dévoilent la valeur intrinsèque que fut la photographie à ses débuts il y a cent quatre-vingt-quatre ans. Grâce à une émulsion, ses papiers fait main pur coton sont sensibilisés à la lumière d'un vieil agrandisseur photographique, puis plongés dans les bains du révélateur, ensuite du fixateur et enfin lavés et séchés. Des photographies qui mettent en relief le charme fou de la photographie argentique, dont l'essence est constituée de grains. Il est à signaler que son processus marie de manière hybride l'argentique et le numérique, de telle sorte qu'on voit ressortir sur ses photographies aussi bien les grains que les pixels !
Cette lumineuse exposition collective nous incite à ouvrir grands les yeux sur l'état vacillant de notre écosystème. Est noble cet acte consistant à récupérer de notre environnement ce qui stimule notre empathie pour des valeurs humaines. Au lieu d'ajouter et de cumuler les détritus occasionnés par notre consommation effrénée, nous assistons dans les différents procédés de création artistique entrepris par les huit artistes, à des actions de soustraction, d'exploitation, de recyclage... En filigrane, on en déduit, d'une part, un comportement respectueux de l'espace environnemental, élément vital pour la préservation de la santé de notre précieux globe ; d'autre part, une attitude de recueillement non démunie d'admiration face aux lois internes qui gouvernent le vivant.
Sous la peau du monde, il existe non pas un noyau dur et robuste, mais la chair tendre, frémissante et criante d'une vie qui tient à un fil, semblent nous murmurer la vingtaine d'œuvres exposées sur les cimaises de la galerie d'art de la maîtresse des lieux Aïcha Gorgi.
A.B.
*A Gorgi Gallery, 3, Rue Sidi El Ghebrini, 2026 Sidi Bou Saïd. Tunisie


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