Pour que le changement de méthodes et d'approches soit réel et réponde aux besoins d'un sport devenu un métier au vrai sens du mot, il fallait une logistique qui tienne la route. Des plans de travail et surtout des spécialistes qui savent où aller, parce que formés pour. Les métiers autour du sport, du moins un certain nombre d'entre eux, se sont imposés dans nos contrées il n'y a pas si longtemps. En effet, créer des «métiers» dans ce domaine bien précis a été une véritable illustration du proverbe bien connu qui dit : «la nécessité crée l'emploi». Au fil des années et depuis que le sport était devenu un moyen de s'affirmer politiquement (le cas de l'ex-République Démocratique Allemande, de la Chine Populaire, de Cuba) et un levier de promotion sociale (les Noirs américains, les laissés-pour-compte, ceux qui aspirent à gravir les échelons sociaux), il s'est arraché à la routine et au spectacle que l'on vient naïvement pratiquer ou voir toutes les fins de semaine pour le simple plaisir. Pour que ce changement de méthodes et d'approches soit réel et réponde aux besoins d'un sport devenu un métier au vrai sens du mot, ou une activité très sérieuse, il fallait une logistique qui tienne la route. Des plans de travail et surtout des spécialistes qui savent où aller, parce que formés pour. En s'imposant une discipline de fer et une rigueur martiale, ces nations ont formé des formateurs, des techniciens spécialisés, des médecins, des chercheurs, des psychologues et bien d'autres assistants à visage découvert ou dans l'ombre, qui sont assistés en amont par des institutions de très grande envergure et de gigantesques laboratoires. Les performances humaines y sont disséquées, analysées, suivies de très près pour trouver les failles les plus imperceptibles, à l'effet de gagner un dixième de seconde, un temps d'avance pour surprendre l'adversaire. Tout y passe, des réflexes conditionnés de Pavlov au schéma de comportement qui permet de prévoir les réactions de l'adversaire, les chercheurs se penchent sur le plus infime des détails. Derrière cette fourmilière que l'on formait au vrai sens du terme, se trouvent des hommes qui travaillent sur la qualité des équipements, sur la souplesse et la réactivité des surfaces de jeu, sur le climat, l'altitude, et bien d'autres créneaux qui se révèlent au fil des jours comme des moyens d'améliorer la gestion du sport et des performances. Des emplois directs et indirects qui ouvrent de nouveaux horizons pour les jeunes, mais surtout des créneaux insoupçonnés qui ne tardèrent guère à se révéler incontournables et desquels plus aucun véritable professionnel ne pouvait se soustraire. ‘'Devenir le meilleur'' Pour «devenir le meilleur» athlète, le sportif est de nos jours obligé, contraint, de s'arracher au train-train hebdomadaire pour se hisser à un niveau supérieur en ce qui concerne la préparation et la fréquence des entraînements et des compétitions. Si le travail et la préparation étaient devenus une véritable épreuve de force de laquelle ne s'en sortaient que les plus motivés, les plus doués, il fallait soutenir jusqu'au bout ces pratiquants. C'est la mission confiée aux techniciens, aux diététiciens, aux équipementiers, aux scientifiques qui, dans l'ombre, se jetaient à corps perdu, pour pousser plus loin les limites des uns, agissaient pour repousser les idées les plus solidement vissées à la croyance des derniers empiriques complètement dépassés par les nouvelles réalités du sport moderne. Nous sommes loin du temps où l'entraîneur jouait le rôle de kinésithérapeute ou du dirigeant qui aidait à l'entraînement du gardien de but ! Pour que la préparation soit à même de répondre aux exigences du sport moderne et à ce rythme infernal, le sportif de haut niveau se devait d'être assisté, tant au point de vue technique que médical, juridique ou promotionnel. Et c'est l'apparition de nouvelles spécialités. De nouveaux métiers qui sont désormais enseignés dans les instituts et ce qui n'était que simple motivation volontaire est devenu une véritable orientation pour la préparation du futur encadrement devant veiller à la bonne marche des équipes elles-mêmes véritables mastodontes qui brassent des chiffres d'affaires astronomiques et mettent en branle des intérêts sociaux, politiques et humains énormes. Qui de nos jours n'est pas convaincu de la nécessité d'avoir aux côtés de l'entraîneur un second, un entraîneur des gardiens, un préparateur physique, un médecin spécialisé, un kinésithérapeute, un... véritable juriste du sport (cela aurait pu faire économiser ces milliards d'amendes, conséquences de litiges perdus d'avance parce que mal engagés, un responsable marketing, un nutritionniste, etc. ? On y vient certes, mais dans certaines spécialités, on semble peu convaincu de cette nécessité. Les «directeurs sportifs» par exemple sont recrutés beaucoup plus pour exploiter l'aura d'un ancien joueur que parmi ceux qui ont été formés pour. D'où des questions (entre autres) qui se posent cruellement : - Sommes-nous en train de former tout ce personnel qu'exige le sport moderne ? -Si oui et même en partie, les fédérations et les clubs font-ils appel à ces spécialistes ou se contentent-ils de faire appel à d'anciens joueurs pour faire diversion, parce que non préparés pour ces tâches extrêmement délicates, et les aider à arrondir leurs fins de mois ? -Le ministère de la Jeunesse et des Sports ne devrait-il pas prendre l'initiative d'orienter une partie des cadres formés vers les spécialités qui font défaut pour faciliter leur recrutement ? -Pour mettre en place la politique sportive du pays, prend-on la peine de consulter ces techniciens chacun dans son domaine, ou se contente-t-on de réunir des dirigeants qui ont certes leur mot à dire mais seulement dans les questions de gestion générale ? Ce ne sont là que quelques questions. Il y en a bien d'autres....