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Une fable sur les rapports entre pouvoir et art
Le Divan de Staline
Publié dans La Presse de Tunisie le 24 - 01 - 2017

Staline, rien de moins que ça. Gérard Depardieu avait déjà donné vie à plein de personnages surhumains: de Cyrano de Bergerac en passant par Christophe Colomb et Obélix pour arriver aujourd'hui à Staline. Comment faire face à un monstre, comment résister à la violence, mais aussi à la vérité ? Dans Le Divan de Staline, son troisième film comme réalisatrice, Fanny Ardant met en scène l'abîme provoqué par la terreur et la peur.
Comment incarner l'Histoire ? Fanny Ardant fait le pari de raconter les fêlures de l'empire soviétique à partir d'un moment historique très court et en plus à travers d'un seul personnage : Staline. L'ogre politique et créateur de l'«homme rouge», cet Homo sovieticus, décrit par l'écrivaine Svetlana Alexievitch et dont la société russe souffre encore aujourd'hui, est ressuscité par Gérard Depardieu. Une moustache collée au visage est le seul signe extérieur employé pour rapprocher visuellement le monument du cinéma français au dictateur soviétique. Pour se glisser dans la peau de Staline, l'acteur fait trembler son entourage par le poids de son corps et la terreur de ses ordres.
La force et les failles de Gérard Depardieu et Emmanuelle Seigner
Au début de l'histoire, les grilles d'un château s'ouvrent et à la fin elles se referment. Entretemps, Staline s'est sauvé, mais un monde s'est écroulé. Pendant trois jours, on va partager la vie de Staline, retiré dans un château au milieu de la forêt pour se reposer en compagnie de Lidia. Emmanuelle Seigner joue à merveille sa maîtresse de longue date. Ainsi, Fanny Ardant montre du flair pour un casting aussi troublant que l'histoire racontée : Gérard Depardieu amène au jeu son amour viscéral et ambigu pour Poutine et la force terrifiante de la Russie. Emmanuelle Seigner découvre avec la double vie de la joueuse et manipulatrice Lidia un rôle taillé à sa mesure faisant écho à La Vénus à la fourrure, où le réalisateur (et son mari) Roman Polanski explore les rapports de domination et soumission qu'il entretient avec sa propre femme devant sa caméra.
Dans Le Divan de Staline, le dictateur reconstruit le divan de Sigmund Freud à Londres pour jouer à la psychanalyse avec sa maîtresse : «Moi, les rêves, et toi, tu fais le charlatan». Lidia est forcée d'interpréter les rêves et cauchemars de Staline et commet le crime ultime. «Pourquoi faut-il que tu dises toujours la vérité ?» lui demande Staline quand elle lui interprète ses peurs ancrées dans son inconscient et lui renvoie à son effroyable solitude : «C'était un beau rêve, mais terrible, comme tout ce qui est beau».
Le miroir indestructible brise les mensonges
Staline joue alors la survie de son pouvoir à l'intérieur du couple. D'autant plus que Lidia avait fait venir au château un jeune peintre, Danilov, censé de créer un monument d'éternité à la gloire de Staline. Mais le miroir indestructible conçu par l'artiste révélera les plus grands secrets des trois protagonistes. Commence alors un jeu pervers entre vérité, vulnérabilité et pouvoir, accompagné par le quatuor n°8 de Chostakovitch, Roméo et Juliette de Prokofiev et l'Aria de Lady Macbeth de Verdi...
«Il n'y a qu'en Russie qu'on assassine les poètes parce qu'ils font peur au pouvoir», explique Fanny Ardant dans le dossier du film le rôle de Danilov, subtilement interprété par Paul Hamy. En même temps, sa propre passion pour la Russie depuis son adolescence a fait adapter à Fanny Ardant le livre homonyme de Jean-Daniel Baltassat. Contrairement au roman situant le récit en 1950 à Bordjomi, en Géorgie, dans l'ancien palais du grand duc Maikhaïlovitch, Fanny Ardent voulait raconter une histoire intemporelle, «une fable sur les rapports entre le pouvoir et l'art... J'ai voulu m'éloigner du documentaire, la vérité m'intéresse plus que la réalité». Avec sa caméra collant aux corps, elle nous plonge dans des univers effrayants, car invisibles, à l'image des cris de renards et des âmes troublées.


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