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Ils en veulent encore et toujours
Coupe d'Afrique des Nations — Quarts de finale — Cet après-midi à Libreville (17h00) : Tunisie-Burkina Faso
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 01 - 2017

La sélection est désormais une équipe reconnaissable sur le terrain. Elle a un style de jeu. Elle mise sur un football d'attaque
et de qualité. Elle a une personnalité. Elle se fait de plus en plus une place dans le concert des grandes équipes africaines.
On ne se résout jamais à parler de résultat sans se soucier de cette impression forte destinée à valoriser la possession et l'utilisation de la balle. L'équipe de Tunisie a bien changé. Son entraîneur encore davantage. L'on dira que cela aurait dû être fait bien auparavant. Dans la manière de jouer, dans le choix des joueurs et la répartition des rôles. Il n'est cependant jamais trop tard, puisque la sélection est aujourd'hui l'une des rares équipes qui développe le jeu le plus attractif, le plus créatif, le plus inspiré.
Autant les joueurs, et derrière eux le rendement de toute l'équipe, sont plus que jamais libérés, autant le système ne saurait ainsi être plus important que la stratégie pure. Jouer sur les faiblesses de l'adversaire, provoquer les fautes, la sélection en connaît aujourd'hui les bases. Le constat ne laisse point indifférent : le jeu auquel s'adonnent les joueurs sur le terrain ne tend plus à s'uniformiser. Si l'efficacité est en marche, c'est que l'équipe est dans son meilleur élément et qu'elle évolue dans le registre qui lui convient le plus et le mieux. «L'éducation» sportive, dont elle est en train de découvrir les ficelles dans cette CAN, est accompagnée d'une belle leçon de réalisme. La sélection fait le bon usage des notions footballistiques. Ses joueurs se voient et se revendiquent comme ils le méritent et jamais plus forts qu'ils ne sont réellement. Une bien meilleure expression d'ensemble et une multiplication réelle des phases de jeu abouties. Au-delà de ce qu'elle ne cesse de laisser entrevoir, le mérite auquel elle pense, auquel elle devrait aussi aspirer, à l'occasion du quart de finale de cet après-midi contre le Burkina Faso, c'est la régularité dans le rendement. Au fil des matches, cela est devenu une vocation dans cette CAN, notamment à travers cette aptitude à épouser tous les styles, à jouer tous les rôles. Football total et efficacité à toute épreuve. Il s'agit au fait d'un véritable pouvoir de résolution destiné à rendre les choses à leur juste valeur et à leur place réelle...
Incontestablement, l'évolution de la sélection résulte des effets conjugués d'inspirations tactiques appropriées, de modalités et de stratégies bien pensées et de gouvernance bien réfléchie. Et c'est précisément pour cette raison que le sélectionneur a le mérite aujourd'hui d'avoir revu les paramètres de la vie sportive de son équipe en termes de certitudes, de convictions et de potentiel humain. D'une certaine culture de jeu et d'accomplissement. De la durée et de la persévérance. Tout ce qui a été entrepris confirme l'idée que l'équipe n'est plus, ou encore à quelques éléments près, accessible à tel ou tel relâchement. A un mode d'emploi de bas étage. Sa manière de jouer prend de plus en plus forme dans l'inspiration, dans la créativité et dans la diversification. Une équipe, une vraie, comme la sélection d'aujourd'hui invite à penser et pas seulement à observer. Elle se mérite plus qu'elle ne se revendique.
De la tendance à l'évidence
On sait que l'apport de certains joueurs est considérable dans ce genre d'entreprise. Il est fortement lié à ce qu'ils ne cessent de laisser entrevoir sur le terrain, mais surtout aussi à ce qu'ils seront encore capables de faire, de forcer et d'obtenir. Ils progressent, ils vivent de belles choses et ils ont encore envie d'en connaître d'autres. Au Gabon, ils mesurent la chance qui leur est aujourd'hui offerte. Ils la ressentent avant tout comme un devoir, une fierté. On sent d'ailleurs que l'effort compte beaucoup plus qu'auparavant. Précisément dans certains registres de jeu et avec des joueurs déterminants, décisifs. Un nouveau cycle s'ouvre ainsi et beaucoup de choses se déclenchent au fur et à mesure. Au moment où d'autres finissent.
Il faut dire que tout ce qui semblait comme un manquement s'est transformé en quelques matches en une réussite éclatante... Ce qui reste à faire est encore plus motivant. Toutes les parties prenantes en sont conscientes. Un signe de vigueur et de vitalité? Certainement.
La sélection développe un style et un fond de jeu qui lui sont propres. Une véritable capacité générale à gérer une série de matches avec aisance, variété et supériorité. Autrement dit, elle dispose de l'équilibre et de la justesse souhaités, de la solidité nécessaire, de la force mentale indispensable. A sa façon de se revendiquer et de s'impliquer, chaque match constitue à lui seul un parcours, un itinéraire. Ici et là, cette nouvelle reconversion se traduit par une façon d'être, de faire et de penser différente.
La sélection est désormais une équipe reconnaissable sur le terrain. Elle a un style de jeu. Elle mise sur un football d'attaque et de qualité. Elle a une personnalité. Elle se fait de plus en plus une place dans le concert des grandes équipes africaines.
C'est une équipe presque complète, très intéressante dans la polyvalence de ses joueurs, suffisamment à l'aise dans le jeu et dans le combat. Elle prend davantage conscience de ses qualités, de son potentiel pour franchir un nouveau cap et se révéler plus décisive. Une belle force de frappe aussi éloquente et tellement décisive.


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