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« Le terrorisme nous menace tous au même degré »
La chanchelière allemande devant l'Assemblée réunie en séance extraordinaire
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 03 - 2017

« L'Allemagne est prête à accueillir les réfugiés, comme le stipulent le droit international et la constitution, nous ne faisons pas de distinction sur la base de la race ou de la religion, mais ceux qui n'ont pas le droit de rester dans notre pays doivent le quitter et de force s'il le faut, mais nous préférons qu'ils le quittent volontairement »
Le palais du Bardo, toutes lumières allumées, a accueilli hier Angela Merkel en tournée nord-africaine. Après l'Egypte, la chancelière allemande est arrivée en Tunisie avec une forte délégation. Le discours prononcé à l'Assemblée représente un moment fort de cette visite.
C'est par un mot de bienvenue assez court et par de courtoises requêtes que le président de l'Assemblée a salué son invitée de marque. En faisant un bref rappel qui raconte les péripéties de l'expérience tunisienne, Mohamed Ennaceur a mis en avant l'approche consensuelle qui avait uni sur la même voie« la société civile et les composantes du paysage politique pour faire prévaloir le dialogue », et préserver les normes qui font la spécificité du modèle progressiste tunisien. Le président de l'Assemblée a rappelé « les liens d'amitié entre nos deux peuples ». Mais la Tunisie, étant une démocratie naissante, est appelée à relever plusieurs défis, l'occasion pour lui de mettre à l'honneur « le soutien indéfectible dont l'Allemagne a fait toujours preuve à l'endroit de notre pays ». Il tient à ajouter, «nous sommes convaincus que le succès de la Tunisie dans le domaine du développement et dans la lutte contre le terrorisme contribuera à la réalisation de la stabilité dans toute la région».
Conversion de la dette en investissements
Mohamed Ennaceur rappelle cependant que le combat livré par les Tunisiens contre le terrorisme revient d'abord aux Tunisiens, mais, nuance-t-il, dans cette guerre sont associés tous les progressistes de ce monde. Là où l'interpellation de son hôte se fait plus insistante, c'est à travers ce passage: «La réalisation de la paix dans la région et la lutte contre le terrorisme exigent la mise en place de réformes économiques et sociales», a-t-il indiqué. En outre, la promotion de l'investissement et du partenariat tuniso-allemand et européen est le garant pour remporter ce rude combat, a-t-il fait valoir. Mohamed Ennaceur se veut précis lorsqu'il sollicite la conversion de la dette tunisienne en investissements, promouvoir le tourisme allemand et européen en Tunisie. Mettre à profit l'expérience allemande édifiante dans les domaines de la formation professionnelle et de la recherche scientifique sont les autres champs de coopération évoqués par le président qui s'est voulu rassurant quant à la volonté de l'Etat tunisien de mettre en place des réformes structurelles en passe de garantir la croissance économique, de soutenir le progrès et la stabilité, en éradiquant la menace du terrorisme.
Le cœur de la visite
Renforcer la coopération économique mais aussi et surtout traiter avec les Tunisiens de la question épineuse de l'immigration représentent les deux volets de la visite de la chancelière allemande. Au pouvoir depuis 2005, elle se présente aux élections législatives le 24 septembre 2017, en vue d'un quatrième mandat. Celle qu'on présente comme « la femme la plus courtisée au monde » est pourtant sous les feux de la critique de ses homologues européens, ainsi que de ses concurrents politiques nationaux pour avoir ouvert son pays à plus d'un million de demandeurs d'asile. La chancelière est venue solliciter l'appui des autorités tunisiennes pour endiguer le flux migratoire, aider à stabiliser la Libye, avec en retour des promesses de coopération économique. C'est dans ce contexte qu'intervient la tournée de Merkel dans la région, qui devait se rendre en Algérie, également, avant l'annulation de l'Algérie en raison de l'état de santé du président Bouteflika. Son discours hier devant les représentants du peuple tunisien a cristallisé l'ensemble de ces préoccupations.
Merkel a commencé par célébrer le parcours des Tunisiens, en faisant référence à son aspiration à la liberté, à la promulgation de la constitution à l'édification de l'Etat de droit. Le prix Nobel a consacré cette expérience, s'est-elle félicitée. Et ajoute, rassurante, «vous pouvez compter sur nous dans les domaines politique, économique et social. Nous avons une longue expérience dans le domaine de la décentralisation et nous sommes prêts à échanger nos vues», propose-t-elle encore.
Les questions qui fâchent
Par cette phrase transitoire, «les sociétés ouvertes ne sont pas à l'abri des dangers », la teneur du discours a changé. Mme Merkel attaque donc frontalement la question migratoire. Le problème est évoqué avec ses corollaires, la nécessité d'assurer la stabilité de la Libye et l'exigence de stopper le flux des migrants. La Tunisie étant de par sa position géographique une ouverture sur les routes maritimes et frontalière de la Libye, elle est sollicitée à double titre. « Le terrorisme nous menace tous au même degré», et la chancelière de rappeler les attaques du Bardo et de Sousse, mais également cette « abominable et incompréhensible attaque de Berlin».
Le président Béji Caïd Essebsi sera invité au futur sommet du G7 qui se tiendra en Allemagne, apprend-on dans la foulée, pour discuter et de l'économie et de la sécurité. La dignité humaine est indivise, la croissance économique déjoue les plans des terroristes, a-t-elle fait miroiter. Mme Merkel n'a pas eu de mots assez durs contre les passeurs « qui jettent les gens à la mer en profitant de leur désespoir ». Nous sommes tous concernés par cette tragédie humaine qui se déploie en Méditerranée, a-telle martelé. Vient alors le point d'orgue de son discours : «L'Allemagne est prête à accueillir les réfugiés, comme le stipulent le droit international et la constitution, nous ne faisons pas de distinction sur la base de la race ou de la religion, mais ceux qui n'ont pas le droit de rester dans notre pays doivent le quitter et de force s'il le faut, mais nous préférons qu'ils le quittent volontairement ». La messe est dite. Pour ajouter, plus conciliante , l'Union européenne veut coopérer avec la Tunisie en vue de stabiliser la Libye et de créer les conditions adéquates pour que les réfugiés rentrent chez eux ».
Suite à la visite de Youssef Chahed à Berlin, le 13 févier dernier, Angela Merkel rend la politesse et vient en Tunisie. Tunis et Berlin semblent vouloir revenir à de meilleurs sentiments. N'empêche et malgré les accolades et les promesses, les sujets de discorde demeurent. D'autant que la faisabilité des projets de coopération ne dépendra pas uniquement des autorités allemandes ou de Merkel elle-même, mais des investisseurs allemands qui, eux, ne viendront investir en Tunisie que lorsque les réformes sont mises en place, il y a de la visibilité, et la sécurité est établie.


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