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Les témoignages de la sédition
L'IVD réécrit l'histoire de la Tunisie
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 03 - 2017

Sihem Ben Sédrine passe la vitesse supérieure. Maintenant, elle réécrit l'histoire pour nous dire que Bourguiba n'a rien à avoir avec l'indépendance
Comme attendu et prévu, l'Instance vérité et dignité (IVD) a donné aux Tunisiens, vendredi 24 mars, un avant-goût de l'histoire de leur pays qu'elle va réécrire pour la nettoyer des mensonges introduits par Bourguiba durant son règne.
Rendez-vous était donc pris vendredi dernier pour dénoncer et dévoiler les exactions et les violations commises par Bourguiba, ses collaborateurs et les autorités coloniales le soutenant aux dépens des véritables leaders nationalistes qui ont été écartés des négociations, voire assassinés, avec la bénédiction ou du moins le silence de Bourguiba et de son parti complice, justement pour que ces négociations puissent avoir lieu et permettre à Bourguiba d'accéder au pouvoir et écrire l‘histoire comme il le voulait.
Le décor est ainsi planté : donner la parole, dans le cadre du chapitre relatif à la restauration de la mémoire nationale, à ceux qui savent ce qui s'est réellement passé au cours de la période de l'indépendance.
Et Sihem Ben Sédrine, présidente de l'Instance, qui s'est octroyé, de par la loi portant sa création, le droit de nous réconcilier avec notre histoire, de nous dire si la France nous a accordé effectivement ce que nous appelons l'indépendance nationale que nous fêtons le 20 mars de chaque année depuis 61 ans, d'appeler les historiens à puiser dans les témoignages que son Instance a collectés auprès de ceux qui ont réalisé l'indépendance et dont les apports ont été négligés par Bourguiba et ses sbires».
A l'ouverture de la séances des auditions publiques de vendredi soir, elle s'écriait: «Il est nécessaire aujourd'hui de faire face, avec courage, à la réalité telle qu'elle est, loin de toute tendance à l'instrumentalisation politique de l'écriture de notre histoire nationale, et en mettant aussi de côté la version officielle».
Sihem fait ce qu'elle peut
Et comme l'Instance vérité et dignité, à laquelle l'Assemblée nationale constituant (ANC) a confié la mission de restaurer les vérités et de réconcilier les Tunisiens avec leur histoire, ne comprend aucun historien qui pourrait au moins rappeler aux auteurs des témoignages les dates exactes des événements qu'ils ont relatés et qu'ils assurent avoir vécus personnellement, on a eu droit à un panel de contre-vérités, de dates confuses et d'affirmations douteuses qu'un étudiant inscrit en première année histoire dans n'importe quelle université tunisienne est en mesure de mettre à nu.
Ainsi, Bourguiba a-t-il orchestré l'assassinat de Farhat Hached le 5 décembre 1952 alors qu'il croupissait en prison depuis le 18 janvier 1952, le jour même où il a annoncé, à Bizerte, le démarrage de la résistance armée?
Et comme l'on s'y attendait, la parole a été donnée exclusivement aux yousséfistes, plus précisément à ce qui en reste, pour nous dire que ce sont les bourguibistes ou ceux qu'on appelait fin 1955 les sympathisants du bureau politique (les pro-Bourguiba) qui ont commencé le cycle des assassinats, alors que les archives de la police dirigée à l'époque par les Français montrent que la première victime tombée lors du conflit Ben Youssef-Bourguiba à la suite de la conclusion des conventions sur l'indépendance interne est bien un destourien pro-Bourguiba.
Sihem Ben Sédrine ayant refusé de recruter des historiens parmi l'équipe qui dirige les témoignages, on a eu droit, comme le souligne Abdellatif Hannachi, professeur d'histoire contemporaine à l'université tunisienne, «à des étudiants poursuivant leurs études dans la section histoire et d'autres spécialisés en documentation qui n'ont pas d'expérience et qui se sont contentés de reproduire ce que les victimes leur racontaient. Le résultat ne pouvait être que confusion et des affirmations n'ayant aucun rapport avec l'analyse scientifique des événements historiques».
La Tunisie a-t-elle besoin de réécrire son histoire ?
La question est posée avec insistance aussi bien dans les milieux politiques (plus particulièrement destouriens et proches) que dans les milieux universitaires.
Une affaire interne de la famille destourienne
Et si l'on devait réécrire l'histoire de la Tunisie, Sihem Ben Sédrine et son instance sont-elles les sources les plus indiquées pour assurer cette mission, en cette période où la réconciliation nationale s'impose comme une nécessité incontournable et une revendication nationale à laquelle adhèrent même ceux qui s'en estiment les premières victimes?
Pour Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif de Nida Tounès, il s'agit «d'une tentative de révision fallacieuse de la période de l'indépendance. Le conflit Ben Youssef-Bourguiba est une affaire interne à la famille destourienne et ne doit en aucun cas se transformer en un outil pour envenimer la situation et diviser le pays sur des bases de régionalisme».
Du côté du Parti destourien libre (PDL) dirigé par Abir Moussi, on est convaincu que «l'écriture de l'histoire ne peut se faire que par les historiens sur la base de documents réels et non sur des témoignages orientés et sélectionnés dont le but est d'attiser la sédition, alimenter les haines et semer le trouble au sein de la société».
Dans un communiqué publié samedi dernier, le PDL annonce qu'il va soumettre au parlement «un projet de loi pour amender la loi sur la justice transitionnelle et abroger tous les articles qui accordent à l'Instance des prérogatives incompatibles avec les droits de l'Homme».
Le communiqué ne dit pas comment il va soumettre son initiative législative au parlement puisqu'il ne dispose d'aucun député et on ne sait pas s'il a réussi à avoir l'aval d'au moins dix députés afin que son texte ne soit pas automatiquement rejeté par le bureau de l'Assemblée.
De leur côté, les anciens parlementaires qui ont réactivé leur association à la faveur des lourdes peines qui ont frappé ces derniers jours certains de leurs anciens collègues se rebiffent et font part de leur colère à l'encontre de «ces faux témoignages qui ne font que raviver la division entre les Tunisiens et réveiller les démons du régionalisme», s'insurge Lazhar Dhifi, ancien député rcdiste et secrétaire général du Comité de coordination de Tataouine. Il se demande : «Les youssefistes n'ont-ils pas torturé et assassiné plusieurs militants bourguibistes ?». Il s'adresse à l'ARP pour lui demander d'user de ses compétences afin de mettre un terme aux dérives de Sihem Ben Sédrine et de son instance.
Seulement, Lazhar Dhifi ne sait-il pas peut-être qu'il sonne à une porte qui ne lui répondra jamais puisque Sihem Ben Sédrine a déjà fait savoir à Mohamed Ennaceur qu'elle n'a pas de comptes à lui rendre et qu'il n'a pas de comptes à lui demander.


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