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Entre manœuvres politiques et appels au report
ISIE — Elections municipales
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 08 - 2017

Sur un total de plus de trois millions de non-inscrits sur les listes électorales, 507.000 seulement sont allés s'inscrire sur les registres mis à leur disposition par l'Isie, soit moins d'un électeur sur six
Pour le moment, seuls Nida Tounès et Ennahdha semblent prêts pour cette échéance qui approche à grands pas. Selon leurs dirigeants respectifs, ils ont pratiquement concocté leurs listes de candidats et vont participer dans toutes les circonscriptions
Attendues de longue date, les premières élections municipales d'après le 14 janvier 2011 ont été fixées au 17 décembre 2017. Cette date a été retenue en concertation entre l'Instance supérieure indépendante des élections (Isie), d'une part, le gouvernement, les partis politiques et la société civile de l'autre. Aussitôt annoncées, les grandes manœuvres ont commencé avec d'abord des appels de plus en plus pressants pour le report du scrutin en 2018, puis avec les consultations engagées entre les différentes formations en vue de la constitution de listes communes.
Ces élections, qui sont censées ancrer le processus démocratique à l'échelle locale, ne mobilisent pas, outre mesure, les citoyens qui semblent de plus en plus indifférents à cette échéance, pourtant très importante, parce qu'elle pourrait permettre d'améliorer leur quotidien dont la dégradation les irrite et les révolte. Dissoutes après le 14 janvier 2011 et remplacées par des délégations spéciales, les municipalités sont devenues ingérables. Chaque gouvernement qui s'installe dissout et remplace les délégations à sa guise et au bon vouloir des partis qui le composent. Leur remplacement par de nouvelles équipes dirigées par les délégués est contesté par l'opposition qui voit dans cette formule une manœuvre des partis du gouvernement pour agir sur les résultats du scrutin.
Les conditions nécessaires ne sont pas réunies
Si l'on croit les sondages, près des deux tiers des Tunisiens n'iront pas voter, ce qui serait catastrophique pour la jeune démocratie qui tente de se frayer un chemin au milieu des marécages. D'ailleurs, un signe qui ne trompe pas. Sur un total de plus de trois millions de non-inscrits sur les listes électorales, 507.000 seulement sont allés s'inscrire sur les registres mis à leur disposition par l'Isie, soit moins d'un électeur sur six. Le nombre total des Tunisiens en âge de voter s'élève à plus de huit millions 500 mille, alors que le nombre d'inscrits est de l'ordre cinq millions 750 mille dont 47,64% sont des femmes et 52,36% sont des hommes. Pis, le pourcentage de jeunes, entre 18 et 23 ans, inscrits est désappointant : 3,27%.
Même si le gouvernement et l'Isie se disent prêts pour les élections, il n'échappe pas aux observateurs que les conditions nécessaires ne sont pas encore réunies pour assurer le déroulement du scrutin à la date prévue. Au vu de la lenteur des préparatifs, il serait très difficile de pouvoir respecter cette échéance. La Commission de l'organisation de l'administration et des affaires des forces porteuses d'armes n'a pas encore achevé l'examen du Code des collectivités locales de plus de 360 articles, et a même décidé de le reporter au début du mois de septembre prochain. Le président de la Commission, Mohamed Naceur Jebira de Nida Tounès, avait motivé ce report par «le calendrier trop chargé de l'Assemblée jusqu'à fin juillet». Et même si ce Code de plus de 360 articles est adopté dès l'ouverture de la nouvelle législature, un délai de six mois sera nécessaire pour qu'il entre en vigueur. Plus d'une dizaine de décrets d'application doivent, en effet, être promulgués pour assurer sa mise en application. Or, il n'est pas possible, selon lui, d'organiser des élections sans que le chapitre 7 de la Constitution n'entre en vigueur.
Un scepticisme partagé par l'opposition
Ce scepticisme est partagé par l'ensemble de l'opposition qui invoque d'autres raisons, toutes objectives, pour le renvoi des élections municipales à une date ultérieure. Les nouvelles communes créées par le gouvernement ne sont pas encore prêtes. Certaines d'entre elles n'ont pas de locaux, ni personnel, ni budget. Tout comme les antennes régionales du Tribunal administratif qui, à leur tour, ne sont pas encore installées et le recrutement annoncé des juges n'est pas encore fait.
Ainsi, le secrétaire général du mouvement Machrou Tounès, Mohsen Marzouk, a estimé que «le pays n'est pas prêt à tenir les élections municipales dans les délais prévus». Il a expliqué que «l'opacité autour du Code des collectivités locales et du rôle des municipalités présage un important taux d'abstention». De son côté, Hamma Hammami, le porte-parole du Front populaire, a estimé qu'en l'absence du Code des collectivités locales, «les élections municipales du 17 décembre vont se dérouler dans de mauvaises conditions», mettant en garde contre le recours à la loi de 1975 qui fait des municipalités de simples structures sans aucune indépendance placées sous l'autorité des délégués et des gouverneurs.
Même son de cloche dans les rangs du nouveau parti «la Tunisie d'abord» qui vient d'être créé par d'anciens dirigeants de Nida Tounès. Son coordinateur général, Ridha Belhaj, pense que «les conditions d'organisation des municipales ne sont pas bonnes». «Les deux partis au pouvoir, à savoir Nida Tounès et Ennahdha, dominent l'administration et ne jouent pas la carte de la transparence », a-t-il affirmé. Issam Chebbi, le secrétaire général du parti Al Joumhouri, a, de son côté, déclaré que «les élections municipales seront sans intérêt si elles sont tenues dans les conditions actuelles et notamment en l'absence du Code des collectivités locales».
Les manœuvres politiciennes
Pour le moment, seuls Nida Tounès et Ennahdha, que les sondages placent en tête, semblent prêts pour cette échéance qui approche à grands pas. Selon leurs dirigeants respectifs, ils ont pratiquement concocté leurs listes de candidats et vont participer dans toutes les circonscriptions. Malgré la crise interne qu'ils traversent tous les deux, ils sont, probablement, à même de rempoter les élections sans alliances. Un «deal» aurait même été conclu entre eux, conformément à la sainte alliance scellée au mois de Ramadan, le 6 juin dernier, pour gérer ensemble les municipalités, étant les grands favoris du scrutin municipal.
Voulant diversifier leur accès à la gestion locale du pays, les partis cherchent à engranger le maximum de sièges. Ils partent à la chasse aux voix parmi la majorité silencieuse. Nida Tounès et Ennahdha se disputent les faveurs des anciens «rcédistes» qui demeurent encore méfiants et réticents. Le mouvement de Rached Ghannouchi semble même encourager la présentation de listes indépendantes que porteraient des figures de l'ex-RCD suivis de membres d'Ennahdha. Ces derniers ont conservé leurs réseaux et pourraient empêcher, avec Ennahdha, l'émergence de nombreux autres partis ayant moins de capital humain. Cette manœuvre si elle venait à être concrétisée changerait complètement «la donne des prochaines échéances électorales».


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