Avril promet de bonnes récoltes : des pluies bénéfiques attendues    Noureddine Nouri appelle à renforcer les clubs numériques et culturels dans les écoles    La nouvelle direction de l'UGTT, conduite par Slaheddine Selmi, appelle à la reprise du dialogue social    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Tunisie : baisse des températures et conditions météo perturbées    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    FITA2026 : Une 9e édition ambitieuse au service du développement des chaînes de valeur africaines    Salon des patients sous le thème 'Parlons santé, prévention, nutrition et bien-être' du 3 au 5 Avril 2026 à la Cité de la Culture de Tunis    Concours Ecole Normale Supérieure : 110 places ouvertes pour l'année universitaire 2026-2027    LG Electronics confirme son leadership mondial sur le marché des téléviseurs OLED pour la 13e année consécutive    Comar d'Or 2026 : liste des romans en langue arabe et française déposés pour la 30e édition    JAZZIT Festival 2026 : le festival de Jazz à Tunis de retour pour des moments musicaux intenses    Météo en Tunisie : temps nuageux, températures en baisse    L'huile d'olive : pas seulement pour le cœur, mais aussi un stimulant pour le cerveau !    Qui peut vraiment bénéficier du projet de régularisation des infractions de change ?    Cette nuit, la France change d'heure : ce qui va concrètement changer    Wahid Ferchichi: Sadok Belaïd, pionnier des juristes-doyens...    Décès de la journaliste Frida Dahmani : une grande figure de la presse tunisienne s'éteint    Frida Dahmani, une journaliste talentueuse nous quitte    16es de finale de la Coupe de Tunisie : qui sera absent pour l'Espérance de Tunis ?    Décès de Frida Dahmani, correspondante de Jeune Afrique    L'Université de Monastir et l'Ecole normale supérieure de Ouargla signent un accord de coopération stratégique    Arabie Saoudite : visas expirés ? Prolongation et sortie sans frais jusqu'au 14 avril    Guerre en Iran et dans la région: éléments de décryptage    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    IWG ajoute un nouvel espace de travail Regus à Sfax    Allemagne : la grande opportunité pour les étudiants tunisiens    Chery, 1ère marque automobile chinoise à dépasser les 6 millions de véhicules exportés    Exposition hommage à Habib Bouabana du 28 mars au 18 avril 2026 à la galerie Alexandre Roubtzoff    Guerre au Moyen-Orient et sécurité énergétique en Tunisie: d'une vulnérabilité subie à une stratégie d'indépendance    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    La Tunisie au cœur des grands rendez-vous franco-africains en 2026    La Société des Transports de Tunis organise des sorties culturelles pour les écoles primaires    Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste de France, est décédé    Le fenugrec ou helba: Une graine ancestrale aux vertus multiples    Mahmoud El May - Choc énergétique global : l'entrée dans une stagflation durable    Tunisie – Grâce présidentielle : libération de 1473 détenus à l'occasion de Aid El Fitr et la fête de l'indépendance    CAN 2025 : Sénégal privé du titre, le Maroc champion    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    Arbitrage tunisien : 16 arbitres sanctionnés par la Fédération    "Monsieur Day", In memoriam    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Le poulpe: Un plat raffiné et une ressource sous pression    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Sidi Mostfa
Littératures de mon pays
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 10 - 2010


Par Soufiane BEN FARHAT
Les vieilles ruelles de la Médina de Tunis le connaissaient. Elles murmurent encore son souvenir. Il les a tellement arpentées qu'elles en gardent la trace. Feutrée, silencieuse comme un vieux secret de famille. Tenace à l'instar d'un persistant soupir.
Tout le monde l'appelait Sidi Mostfa. Mustapha Khraïef appartient à cette généreuse génération dont les principaux ténors ont disparu. Ils venaient de loin, d'illustres provinces de l'arrière-pays, de la Tunisie profonde. Ce qui ne les empêchait pas de tutoyer les ruelles tortueuses de la Médina de Tunis, de se faire apprivoiser par elles. Tel était le cas de son frère, l'illustre romancier Béchir Khraïef, de Tahar Guiga, de Tahar Haddad.
Et puis, le hasard ne favorise que les esprits préparés. La mère de Sidi Mostfa, Ella Chérifa, était une Ben Miled, issue d'une vieille famille tunisoise du rbatt de Bab-Jédid. Né à Nefta, le 10 octobre 1910, le petit Mustapha s'est très tôt retrouvé à Tunis comme un poisson dans l'eau.
Bon sang ne saurait mentir. Et lorsqu'on est un Kraïef, on est forcément homme de lettres, de préférence poète ; dans tous les cas de figure, un écorché vif de la magie des mots, des démons de la création.
Sidi Mostfa était un poète-né, un poète prédestiné. Comme une pierre précieuse sertie sur une monture de rêves.
Son père, cheikh Brahim Khraïef, était un poète, doublé d'un historien, auteur d'un ouvrage sur les gens et les tribus du Djérid. Il avait une bibliothèque particulièrement riche d'ouvrages inestimables. Ses sœurs M'barka et Zohra étaient, elles aussi, d'illustres poétesses. Son frère, le cheikh Nasser, était un éminent zeïtounien, un homme pieux, imam de la grande mosquée des Mouadda. C'était le père de l'illustre poète Si Mohieddine Khraïef. Son frère Béchir Khraïef était l'inégalable grand romancier de la Tunisie, l'auteur notamment de Barg Ellil et de Eddegla fi arajinha qui comptent parmi les meilleurs romans de la littérature mondiale. Son frère Mohamed Hédi était lui aussi poète, acteur, musicien et parolier. Il était l'auteur des paroles de la fameuse chanson Laou ken ennar illi kouatni kouatik.
De santé fragile dès son enfance, Sidi Mostfa faisait l'objet des précieuses prévenances de son père. Son âme sensible et délicate en a fait un poète précoce. Un écorché vif. A l'instar de son ami d'enfance et compagnon de jeunesse, le grand poète Abou El Kacem Chebbi. Le premier poème de Sidi Mostfa a été publié au journal Al-Wazir, alors qu'il n'avait que treize ans.
Etudiant à la grande mosquée Zitouna, Mustapha Khraïef se retrouve très jeune embarqué dans la jeunesse bohème de l'époque. Ami inséparable deAbou El Kacem Chebbi, de Tahar Haddad, de Ali Douagi, de Bayrem Ettounsi, il faisait partie du mythique groupe Taht Essour. Il cultivait de précieuses relations notamment avec l'homme de lettres et grand journaliste Hédi Lâabidi, l'immense poète Larbi Kabadi ou Ben Fdhila. Il était de tous les combats intellectuels, écrivait dans plusieurs journaux, hantait plusieurs cercles et cénacles dans différents cafés et lieux de la Médina de Tunis. Poète, nouvelliste et dramaturge, il s'est également exercé avec brio à la radio tunisienne.
L'automne, il rentrait à son Djérid natal. Comme tous les enfants du Djérid lorsque mûrissaient les régimes de dattes. Il y passait d'agréables moments, en compagnie des poètes populaires, dont la légendaire Hiddi. Ali Douagi eut le grand loisir de la connaître lorsqu'il accompagna Sidi Mostfa à Nefta en 1937. Il lui consacra une nouvelle publiée dans son recueil Sahirtou minhou ellayali, (Nuits blanches).
Le mot d'ordre de Mustapha Khraïef était "Et nous marchons" (Nahnou namchi). C'était d'ailleurs le titre d'une remarquable chronique journalistique qui lui était si chère et où il gribouillait sur tout.
Aujourd'hui encore, l'ombre de Sidi Mostfa, disparu prématurément en 1967, arpente les vieilles ruelles de la Médina de Tunis. Certains cafés mythiques encore en place s'en souviennent. Cher lecteur, en marchant à Tunis, daigne bien être attentif. Tu pourrais bien y retrouver des réminiscences de la silhouette frêle et folâtre de Sidi Mostfa, marchant allègrement dans les dédales du souvenir.
"Et nous marchons".
C'est aujourd'hui que débutent, dans la ville de Nefta, les festivités marquant la célébration du centenaire de la naissance de Mustapha Khraïef. Elles se prolongeront dans cette localité – ville natale de l'écrivain – jusqu'à la fin du week-end, mais donneront lieu ensuite à bien d'autres manifestations, en particulier à Tunis.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.