Contrairement aux sportifs internationaux, nos sportifs, à l'exception de certains, ne pensent qu'à la facette mercantile du sport. Et pourtant, c'est si précieux et «rentable» pour l'image de marque. On entend parler de temps à autre de certains sportifs tunisiens ou de leurs clubs ou fédérations rendre quelques visites à des enfants malades ou défavorisés, participer à des galas de bienfaisance au profit de certaines associations à but caritatif. C'est quelque chose qui fait énormément plaisir. Mais s'agit-il d'une culture solide auprès de nos sportifs à ce sujet? C'est difficile de le dire. Ces visites sommaires, ces quelques cadeaux présentés dans des hôpitaux ou des centres pour enfants défavorisés, médiatisés à outrance (en quelque sorte l'envie de se montrer et de gagner la sympathie) sont sommaires, peu fréquents. On n'a pas encore la culture des sportifs occidentaux qui dépensent des millions d'euros pour aider des associations, pour collecter des fonds pour des projets caritatifs. Des fondations mêmes, portant le nom de sportifs célèbres actuels ou anciens, sont très actives dans cette tendance d'altruisme sportif. En Tunisie, nos sportifs sont très loin de ce stade européen ou américain. Ce n'est pas encore une culture, ce sont des actions éphémères, rentrant plus dans le cadre de stratégies de communication (relations publiques) qui finissent par dénaturer l'action caritative. Devoir de sportif On a en Tunisie des sportifs célèbres qui créent une valeur autre que sportive, une valeur sociétale. Ils ne sont pas nombreux certainement, mais ces dernières années, et vu le besoin de communiquer, de parrainer des actions à but humanitaire, cette culture est en train de s'enraciner petit à petit. Pourquoi les sportifs sont appelés à faire cela ? C'est si simple. Un sportif célèbre, brillant, c'est un symbole, quelqu'un qui a des centaines de milliers de personnes qui le suivent, qui l'adulent. Il a un devoir de mener des actions caritatives, de passer cette passion à ses fans qui feront qu'il fait, qui partagent ses valeurs. Et pour cela, il faut que les dirigeants et les gens qui conseillent les stars du sport tunisien soient vigilants. En poussant ces sportifs à rentrer plus dans des actions caritatives, à être des «supports» utiles pour des messages nobles de solidarité, d'aide et de soutien aux autres personnes en difficulté. Changer l'image de star d'une personne insoucieuse, avide d'argent et qui ne cherche que son propre intérêt (une image vraie pour plusieurs sportifs malheureusement), à une image de sportif sensible aux maux des autres, altruiste et vecteur des valeurs nobles du sport, est, à notre avis, l'axe le plus important dans cette question. Il faut que ce soit une culture qui ait un cadre réglementaire clair, un encadrement d'associations et de personnes connaisseuses dans ce genre d'actions, et il faut aussi intégrer les médias pour garantir un audimat respectable. Le premier pas est franchi dans notre sport, mais nous sommes encore loin des espérances. Les personnes défavorisées, les associations en panne d'argent, ça existe à la pelle, et les sportifs brillants et notoires, il y en a beaucoup dans notre sport. Ce qui reste à faire, c'est organiser la question et éviter l'improvisation ou la récupération pour des buts personnels. Il y a même des sportifs tunisiens qui aident leurs ex-clubs par des équipements, par l'assistance gratuite, et par l'argent, et c'est quelque chose de bien. On doit rassembler toutes les parties concernées dans cette question dans le but de créer une dynamique de bienfaisance au sport et de culture de solidarité. Le sport est un domaine stratégique aujourd‘hui, qui laisse filtrer beaucoup d'idées et de messages. Ils ne sont pas tous mauvais (violence, frénésie excessive pour les titres...). De bons messages, ça doit exister, c'est la facette humaine et noble du sport que nous aimons voir toujours.