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Une source d'inquiétude
KAIROUAN — Recrudescence du vol de bétail
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 04 - 2018

En 2014, on a enregistré dans tout le gouvernorat le vol de 7.000 têtes ovines et bovines estimées à 2MD, ce qui a porté préjudice à 483 éleveurs.
L'élevage représente une activité économique très importante dans le gouvernorat de Kairouan qui compte environ 23.000 éleveurs et dispose d'un cheptel composé de 420.000 brebis, 38.700 têtes bovines, 34.000 chèvres, 1.000 camélidés et 24.000 ruches d'abeilles.
Or, ce secteur devient menacé, puisque l'on assiste depuis plusieurs années à la recrudescence du vol de bétail bien que les éleveurs aient redoublé de vigilance et de surveillance pour protéger leur cheptel. D'ailleurs, les plaintes auprès de la Garde nationale augmentent chaque jour et quelques bandes de malfaiteurs ont été arrêtées avec leur butin, aussitôt rendu à leurs propriétaires.
Néanmoins, ce fléau continue de sévir et d'inquiéter tous les éleveurs dont certains ont fini par vendre leur bétail et par tomber dans la marginalisation et la nécessité.
Ainsi durant les six derniers moins, on a enregistré plus d'une cinquantaine de vols de bétail, mais aussi d'équipements agricoles, de foreuses de puits, de pompes d'irrigation et même de récolte.
En 2014, on a enregistré dans tout le gouvernorat le vol de 7.000 têtes ovines et bovines estimées à 2MD, ce qui a porté préjudice à 483 éleveurs.
D'où les mouvements de sit-in et de protestation organisés ces dernières semaines par les fellahs qui sont sur le qui-vive à cause de ces bandes organisées qui s'attaquent même aux plantations et dilapident les ressources du gouvernorat.
M. Mokhtar Hajji, éleveur à Aïn Jloula (délégation de Oueslatia), nous confie qu'il a été volé à trois reprises (au total 100 moutons lui ont été dérobés) par des voleurs qui agissent surtout la nuit : «En général, ils passent leurs journées à repérer les lieux, à suivre les traces des éleveurs et à planifier leur vol nocturne à bord de camionnettes et en ayant des armes à feu et des épées... Figurez-vous que même les petits bergers n'ont pas été épargnés et leur métier ancestral risque de disparaître. En fait, ces malfrats n'ont aucune peur surtout qu'ils savent que les agents de la Garde nationale manquent de moyens de transport pour se déplacer rapidement pour arriver au plus vite afin d'arrêter ces voleurs dans les villages les plus reculés...»
Sa voisine, Mme Khadija Khammari, une septuagénaire, qui ne vit que grâce à l'élevage de ses trois chèvres, renchérit: «Cela fait une semaine que quatre voleurs ont débarqué chez moi, à l'aube et m'ont ligoté les mains et les pieds afin de pouvoir voler en toute quiétude mes trois chèvres.
Puis, il sont repartis à bord de leur véhicule, me laissant en pleurs et dans un grand traumatisme... Comment vais-je vivre maintenant, d'autant plus que je n'ai pas d'enfants ? J'espère que les agents de la Garde nationale multiplieront les opérations de contrôle sur les pistes, les routes et les marchés aux bestiaux...».
Voleurs, transporteurs et revendeurs
Beaucoup plus loin, dans la localité de Ghina (délégation de Bouhajla), M. Salah Methani nous parle de sa mésaventure : «A l'aube du 15 mars 2018, des voleurs ont défoncé notre porte d'entrée et m'ont enfermé avec ma femme et mes enfants dans une pièce qu'ils ont fermée à l'aide d'un cadenas, et ce, pour pouvoir voler mon matériel agricole évalué à 3.000D, ainsi que deux veaux... Le comble dans tout cela, c'est que lorsqu'on dépose une plainte, on est souvent sujet aux représailles des criminels! De plus, quand un éleveur veut défendre ses biens et a le courage et la force de ligoter le voleur avant de téléphoner à la police, eh bien on est emprisonné! Il faudrait peut-être que je lui serve du café et que je lui déroule le tapis!».
Et d'après les témoignages de beaucoup d'autres éleveurs, les voleurs utilisent souvent des véhicules loués dont les sièges-arrière sont démontés afin de ne pas attirer l'attention. En outre, les tâches sont réparties entre ceux qui effectuent les vols, ceux qui s'occupent de la surveillance des lieux et du transport et ceux qui s'occupent de la liquidation des viandes du bétail auprès des boucheries clandestines et des restaurants.
Un éleveur de la zone rurale de Ouerfella (délégation de Chebika), Mongi Hamdi, a eu la désagréable surprise, le soir du 24 mars 2018, en voyant des voleurs lui dérober quatorze moutons et s'enfuir à bord de leur camionnette. Il a aussitôt déposé une plainte auprès des agents de la Garde nationale : «Franchement, le secteur de l'élevage qui était une bonne source de revenus de beaucoup de villageois est devenu menacé par ce fléau dangereux. C'est pourquoi tous les éleveurs voudraient que l'Etat trouve des solutions à même de mettre fin à ce phénomène qui a porté un coup dur à notre économie. D'abord, on espère que la loi visant la protection des éleveurs contre les vols sera appliquée à la lettre, ce qui permettra d'augmenter les peines prononcées à l'encontre des voleurs de bétail en considérant les opérations de vol comme des crimes passibles d'une lourde peine d'emprisonnement. De plus, il faudrait contrôler les viandes qui se vendent sur les routes au vu et au su de tout le monde. Cela sans oublier le contrôle des marchés des animaux, tout en mettant en place un système de numérotation des différentes espèces d'élevage spécifique à chaque gouvernorat pour faciliter les opérations de contrôle et optimiser l'auto sécurité des éleveurs...».
De son côté, le jeune éleveur Walid Amri, de la zone rurale de Khazazia se rappelle de cette soirée tragique du 5 février 2018 où des voleurs ont menacé ses parents et son frère handicapés à l'aide d'une épée, et ce, afin de faire sortir leurs moutons de leur étable et s'enfuir : «Franchement, il faudrait mettre fin à ces agissements de bandes de mafia et de contrebande qui affectent le secteur du bétail, ce qui entraîne une hausse des prix des viandes et beaucoup de spéculation. Face à l'émergence de cette nouvelle catégorie de voleurs qui cherchent le gain facile, il faudrait créer une unité chargée de la sécurité agricole et aider les fellahs à doter leur bétail d'un système d'identification électronique (puce).
Enfin, on ne fait qu'apprécier les mesures prises par l'Etat pour contrôler les mouvements du cheptel ovin et bovin avec l'obligation de procéder à l'immatriculation des bêtes pour vérifier leur traçabilité...».


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