Candidature au patrimoine mondial de l'Unesco : L'île de Djerba répond aux critères requis    L'industrie automobile frappée de plein fouet par le Coronavirus    Gouvernement de Fakhfakh : Ghannouchi rencontre les ministres d'Ennahdha    Un été torride annoncé en Tunisie    Selon Faycel Derbal: L'application des normes IFRS exige un nouveau texte de loi    En vidéo :Pendant une réunion secrète sur le S17, Mohamed Affes se filme et publie sur Facebook    Exposition : « Raffaello, le portraitiste », Reproduction en HD des plus célèbres portraits du peintre italien de la Renaissance    BakchicheLand, le dernier roman satirique de Abdelaziz Belkhodja    Foot-Coupe de Tunisie : Programme des 16èmes de finale    Fakhfakh reçoit Karoui pour discuter des Règles du Jeu…    Le gouvernement Fakhfakh en chiffres : 15 portefeuilles pour des indépendants dont 6 femmes    Coronavirus, trois italiens contaminés en Lombardie    CONDOLEANCES    Ligue 2 : programme et arbitres de la 14e journée    Inclusion financière (I) : Privilégier les catégories marginalisées    Industries pharmaceutiques : La SIPHAT lutte pour retrouver une santé financière    Augmentation de capital de Carthage Cement : La souscription atteint 80%    Gouvernement Fakhfakh : Al Karama juge que le problème n'a pas été résolu    Les priorités du nouveau gouvernement, selon Hichem Elloumi    De plus en plus de Libyens arrivent en Tunisie    En vidéo : Azza Filali lève le rideau sur son nouveau roman    Chemins de l'herméneutique : Le tournant heideggerien    «Queen & Slim» de Melina Matsoukas actuellement dans les salles : Le récit d'une cavale meurtrière    France | Décès de Jean Daniel à l'âge de 99 ans : Le 4e pouvoir perd l'une de ses plus belles plumes    Affaire terroriste de Mnihla : Peines allant de deux ans de prison à la perpétuité    Rien ne va plus à l'USM : La dégringolade!    Renouvellement de l'appel pour effectuer صلاة الاستسقاء    Boxe | Tournoi qualificatif aux J.O de Tokyo : Tokyo via Dakar    Triathlon | Coupe d'Afrique : Cap sur le Zimbabwe    Au travail !    AGRICO.TN : Une place de marché agricole gratuite en Tunisie    La Tunisie condamne la double fusillade près de Francfort    Le stock de médicaments à la pharmacie centrale suffisant pour trois mois    Jean Daniel, le Tunisien, par Guy Sitbon    Vaccin anti-coronavirus : la Chine prévoit des tests sur l'homme dès avril    Décès d'un tunisien en Libye    Une maman filme la détresse de son fils pour dénoncer le harcèlement scolaire    Orange Tunisie et l'association SHANTI annoncent le lancement de la plateforme elmensej.tn de mise en valeur des produits des artisanes de la région de Nefta    Ligue des champions d'Asie/ Al Sadd : l'algérien Bounedjah suspendu 2 mois par l'AFC    Météo : brume et brouillard le matin    Wadii Jary renouvelle sa candidature pour la présidence de la FTF    Un grand ami de la Tunisie n'est plus    La justice suisse inculpe Nasser Al-Khelaïfi    Avec Eloquence, Mohamed Zinelabidine tire sa révérence    Découvert par les forces sécuritaires et militaires : Un camp de terroristes sur les hauteurs de Kasserine    Conférence de presse: Les droits humains des migrants, victimes des politiques européennes en matière de migration    Libye: « nous n'avons pas de partenaire de paix », déplore le gouvernement    Monji Ben Raies: «Deal du siècle», deal de dupes    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Ali Chwerrib a-t-il fait école?
SECURITE — DELINQUANCE
Publié dans La Presse de Tunisie le 19 - 06 - 2018

Mine de rien, le feuilleton TV «Ali Chwerrib» du bouquet ramadanesque de cette année a fait un tabac. Bien évidemment, le décortiquer relève de la compétence des pros de la critique culturelle, mais ce qui importe ici, c'est l'évocation de l'impact extraordinaire qu'il a provoqué auprès de la population, d'une façon générale, et auprès des jeunes, d'une façon particulière. Extraordinaire : le qualificatif est loin d'être exagéré ou déplacé. Et les illustrations ne manquent pas. Choisissons-en les plus saillantes :
- Primo : ce feuilleton a volé la vedette au reste des feuilletons, comme en attestent les impressions que nous avons recueillies chez nos pantouflards, dont la majorité le trouve le plus intéressant, le plus captivant. «A part quelques imperfections, il nous a beaucoup marqués», affirme un père de famille. «Il nous a enfin sauvés des cochonneries et autres bassesses dégradantes balancées à satiété par une chaîne TV qui se reconnaîtra», lance un autre qui n'a pas manqué, toutefois, d'émettre le vœu de ne pas voir le héros Ali Chewerrib faire école.
Secundo : nos jeunes en ont été remarquablement impressionnés. Si les plus «sages» d'entre eux ont aimé en ce «héros» son courage, ses exploits et l'amour fou qu'il voue à sa mère, d'autres, par contre, ont été proprement emballés par ses qualités de bandit, en appréciant ses démêlés avec les gangs ennemis, sa frappe redoutable et son penchant de «va-t-en guerre» qui a toujours maille à partir avec la police et la justice. Et, malheureusement, c'est bien là que le bât blesse.
Alias Chwerrib
En effet, depuis que ce feuilleton a fait fureur, la délinquance juvénile est subitement montée d'un cran. Aujourd'hui, des énergumènes en herbe, en quête de «gloire», exigent carrément qu'on les surnomme «Chwerrib». Des repris de justice parmi les bandits qui montent ne se lassent pas de faire l'éloge de ce «démolisseur qui ne pardonne pas», en espérant sans doute, au tréfonds de leur âme, qu'ils deviendront un jour aussi célèbres que lui! Pour eux, «Chwerrib» reste un modèle, un symbole et une histoire qui résisteront aux épreuves du temps. Et cette «mode version Ramadan 2018» est désormais la plus suivie et en pleine ébullition dans les quartiers populaires, traditionnellement connus pour être le berceau du banditisme et le cœur battant de l'insécurité. Là où on ne jure plus que par «Chwerrib»! Et ce n'est pas un hasard si la police a arrêté récemment, du côté de Mellassine, un jeune voyou pour violences et braquages. Se présentant sans papiers aux interrogatoires, il déclina ainsi son identité : je m'appelle Nizar Ben Salah, alias «Ali Chwerrib»! L'enquêteur n'en revenait pas.
En réalité, et à bien y voir, il n'y a pas lieu de s'en étonner outre mesure, puisque dans l'histoire du banditisme en Tunisie, les noms les plus connus avaient toujours, hélas, fait école. Et cela de Ali Chwerrib, en passant par Salah Guezadri, Kalaya, Msirina, Mehrez Platine, Oueld Sbaniouria, Hédi Chennoufi, Noureddine Béhija, Ali Rebaï, Ouled Mzoughui, Errouj, Pakiss, Mongi Honda, Amor Ayari, Petit, Mehrez Lefri et autres champions de l'insécurité des années 1980-2000 qui faisaient souffrir nos policiers, au point d'en devenir leurs bêtes noires. Non, en matière de banditisme, la relève est toujours assurée, même sans TV. Et ayons «l'audace» de prévoir que le fameux feuilleton «Ali Chwerrib», par son foudroyant impact sur la délinquance juvénile, ne dérogera pas à la règle. Bonne lecture et bonne matière à réflexion.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.