Des pays célèbrent aujourd'hui Aïd el-Fitr    Lors d'un échange avec Emmanuel Macron: Kaïs Saïed appelle à réviser l'accord de partenariat avec Union européenne et à récupérer les fonds détournés    Deuxième jour de l'Aïd : pluies attendues sur plusieurs régions de la Tunisie    Mondher Mami: Le métronome du protocole    Le pari gagnant du redressement stratégique de QNB Tunisia en 2025    Abdelaziz Kacem: La culture générale à l'épreuve du numérique    Aïd 2026 en France : la date officielle enfin annoncée    Aïd El Fitr: Leaders vous souhaite une fête de joie, de partage et d'espérance    Festival International de Cerfs-Volants en Tunisie : Tout savoir sur l'édition 2026 portée par les vents de la mer et le Sahara    Le Galaxy S26 Ultra intègre le premier 'Privacy Display' de Samsung, directement intégré à l'écran    Zakat al Fitr 2026 : la présidence du gouvernement autorise le versement de la Zakat par SMS à l'Association tunisienne des villages d'enfants SOS    Températures modérées aujourd'hui : jusqu'à 27 degrés dans plusieurs régions    Préparez-vous : l'Arabie Saoudite annonce la date exacte de l'Aïd    Qatar annonce le premier jour de l'Aïd al-Fitr 1447 H    Ooredoo Tunisie célèbre l'Aïd avec une initiative spéciale dédiée aux enfants de l'association Kafel El Yatim    Météo en Tunisie : nuages passagers, pluies faibles attendues sur l'extrême Nord-Est    Tunisie – Grâce présidentielle : libération de 1473 détenus à l'occasion de Aid El Fitr et la fête de l'indépendance    Seif Omrane chante 'Ce qui doit arriver arrivera' pour les Assurances BIAT    Crise de l'ATB : colère des clients et appel à l'intervention de la Banque centrale    La crise d'Ormuz et le retour du choc pétrolier : vers un nouvel ordre géoéconomique    CAN 2025 : Sénégal privé du titre, le Maroc champion    TCL ne peut plus qualifier certains de ses téléviseurs de 'QLED' après une décision de justice face à Samsung    Saison Méditerranée 2026 : une place de choix à la Tunisie en France avec plusieurs programmes    Le paradoxe de la « qualité » académique : standardiser l'enseignement supérieur, à quel prix ?    Météo en Tunisie : pluies denses sur plusieurs régions    Comprendre le Moyen-Orient, ce foyer de crises    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    Marie Curie: Une figure scientifique emblématique et un modèle pour toutes les femmes    Arbitrage tunisien : 16 arbitres sanctionnés par la Fédération    "Monsieur Day", In memoriam    Al Ahly – EST : Quand et comment regarder le match ?    Ramadan 2026 : les génériques des feuilletons tunisiens Hayat et Bab LeBnet signés Karim Thlibi séduisent les téléspectateurs    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Le poulpe: Un plat raffiné et une ressource sous pression    Iran: scénarios possibles et analyse stratégique    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Citoyens tunisiens aux Emirats : voici comment obtenir un visa de transit d'urgence    62 cellules terroristes démantelées et des milliers d'éléments arrêtés en 2025 !    Tahar Bekri: Liban ma rose noire    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Mondher Msakni: L'orfèvre    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Ali Chwerrib a-t-il fait école?
SECURITE — DELINQUANCE
Publié dans La Presse de Tunisie le 19 - 06 - 2018

Mine de rien, le feuilleton TV «Ali Chwerrib» du bouquet ramadanesque de cette année a fait un tabac. Bien évidemment, le décortiquer relève de la compétence des pros de la critique culturelle, mais ce qui importe ici, c'est l'évocation de l'impact extraordinaire qu'il a provoqué auprès de la population, d'une façon générale, et auprès des jeunes, d'une façon particulière. Extraordinaire : le qualificatif est loin d'être exagéré ou déplacé. Et les illustrations ne manquent pas. Choisissons-en les plus saillantes :
- Primo : ce feuilleton a volé la vedette au reste des feuilletons, comme en attestent les impressions que nous avons recueillies chez nos pantouflards, dont la majorité le trouve le plus intéressant, le plus captivant. «A part quelques imperfections, il nous a beaucoup marqués», affirme un père de famille. «Il nous a enfin sauvés des cochonneries et autres bassesses dégradantes balancées à satiété par une chaîne TV qui se reconnaîtra», lance un autre qui n'a pas manqué, toutefois, d'émettre le vœu de ne pas voir le héros Ali Chewerrib faire école.
Secundo : nos jeunes en ont été remarquablement impressionnés. Si les plus «sages» d'entre eux ont aimé en ce «héros» son courage, ses exploits et l'amour fou qu'il voue à sa mère, d'autres, par contre, ont été proprement emballés par ses qualités de bandit, en appréciant ses démêlés avec les gangs ennemis, sa frappe redoutable et son penchant de «va-t-en guerre» qui a toujours maille à partir avec la police et la justice. Et, malheureusement, c'est bien là que le bât blesse.
Alias Chwerrib
En effet, depuis que ce feuilleton a fait fureur, la délinquance juvénile est subitement montée d'un cran. Aujourd'hui, des énergumènes en herbe, en quête de «gloire», exigent carrément qu'on les surnomme «Chwerrib». Des repris de justice parmi les bandits qui montent ne se lassent pas de faire l'éloge de ce «démolisseur qui ne pardonne pas», en espérant sans doute, au tréfonds de leur âme, qu'ils deviendront un jour aussi célèbres que lui! Pour eux, «Chwerrib» reste un modèle, un symbole et une histoire qui résisteront aux épreuves du temps. Et cette «mode version Ramadan 2018» est désormais la plus suivie et en pleine ébullition dans les quartiers populaires, traditionnellement connus pour être le berceau du banditisme et le cœur battant de l'insécurité. Là où on ne jure plus que par «Chwerrib»! Et ce n'est pas un hasard si la police a arrêté récemment, du côté de Mellassine, un jeune voyou pour violences et braquages. Se présentant sans papiers aux interrogatoires, il déclina ainsi son identité : je m'appelle Nizar Ben Salah, alias «Ali Chwerrib»! L'enquêteur n'en revenait pas.
En réalité, et à bien y voir, il n'y a pas lieu de s'en étonner outre mesure, puisque dans l'histoire du banditisme en Tunisie, les noms les plus connus avaient toujours, hélas, fait école. Et cela de Ali Chwerrib, en passant par Salah Guezadri, Kalaya, Msirina, Mehrez Platine, Oueld Sbaniouria, Hédi Chennoufi, Noureddine Béhija, Ali Rebaï, Ouled Mzoughui, Errouj, Pakiss, Mongi Honda, Amor Ayari, Petit, Mehrez Lefri et autres champions de l'insécurité des années 1980-2000 qui faisaient souffrir nos policiers, au point d'en devenir leurs bêtes noires. Non, en matière de banditisme, la relève est toujours assurée, même sans TV. Et ayons «l'audace» de prévoir que le fameux feuilleton «Ali Chwerrib», par son foudroyant impact sur la délinquance juvénile, ne dérogera pas à la règle. Bonne lecture et bonne matière à réflexion.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.