Mon signe…Ma voix : Un Lexique électoral en langage des signes    Aide saoudienne au Ministère de l'Intérieur composée de « véhicules blindés » pour soutenir la lutte contre le terrorisme et le crime organisé    Tunisie – Ennahdha : La course à la tête de liste de Tunis 2 s'annonce très dure    CAF : la date du tirage au sort des compétitions interclubs conne    Le Président de la République devrait apparaître en public pour tranquilliser le Peuple tunisien    Le marché de l'automobile en Tunisie décortiqué dans le 1e hors-série de WMC à télécharger gratuitement    Libye: Libération de Baghdadi al-Mahmoudi dernier Premier ministre de Kadhafi    Basket-Afrocan : La Tunisie entre en lice aujourd'hui    Tunisie: La véritable cause du différend au Front populaire est la question de l'Alliance avec Nidaa Tounes, selon Hamma Hammami    Photo du jour : Maintenant on sait pourquoi c'est propre en Europe !    Mercato : un joueur algérien débarque au Club Athlétique Bizertin    Tunisie: Non ratification de la loi électorale, BCE s'expliquera, selon Hafedh Caïed Essebsi    Coup d'envoi de la Plateforme digitale de communication et d'accès à l'information : بوابة زغوان    Tunisie- météo : Baignade interdite à Bizerte, Tabarka et Zouaraa et prévisions pour les 20 et 21 juillet    Île Chikly : La France n'est concernée par aucun projet d'aménagement de la réserve naturelle tunisienne    CAN 2019 : BILAN de l'Algérie en Coupe d'Afrique des Nations    Fermeture du service de Néonatologie à Charles Nicolle : Problème de Santé en Tunisie    L'ISIE se prépare à appliquer la loi électorale actuelle    Tunisie: La Douane récompensée du 1er prix de l'Instance de lutte anticorruption    Tunisie: Arrestation de 94.576 personnes recherchées durant le 1er semestre de 2019    La Tunisie souffre d'une crise éthique !    CAN 2019 : Les chaines qui diffusent le match Algérie vs Sénégal du 19 juillet    Météo du Weekend : Températures relativement en hausse, samedi    Campagne contre la vente conditionnée dans les cafés et restaurants    Bouchamaoui n'est plus le président de la Commission d'organisation des compétitions interclubs    Fin des travaux et journées portes ouvertes à la résidence Les Jasmins – Hammamet    En photos : Où et comment les célébrités tunisiennes passent-elles leurs vacances ?    Tunisie-Energie renouvelable : Des experts japonais discutent la coopération avec le gouvernement tunisien    L'administration tunisienne se prépare à intégrer l'intelligence artificielle    Finale de la CAN 2019 : Les Fennecs auront-ils raison des Lions de la Teranga ?    Un prêt de 80,5 MD de la BAD pour financer les filières agricoles à Zaghouan    En Afghanistan, une explosion près d'une université fait six morts    CAN 2021 (Qualifications) Tirage au sort , la Tunisie dans le Groupe J    Italcar le concessionnaire officiel des marques automobiles lance les commandes de la FIAT Panda populaire    FIFAK 2019 : 55 ans de promotion du cinéma amateur Tunisien et d'ailleurs    MYRATH « Shehili » au Festival International d'Hammamet: Une expérience incroyablement magique!    Appel à candidature à l'Ecole Pratique des Métiers de la scène : Section Acteur – Session d'Octobre 2019 à fin Juin 2021    Le cinéma à vélo du 24 au 26 Juillet avec Vélorution et la Cinémathèque Tunisienne    Festival De Dougga 2019 : Programme de la 43e édition du 24 Juillet au 10 Août    Youssef Chahed se penche sur le Brexit (sortie de la Grande-Bretagne de l'UE) et ses répercussions possibles sur la Tunisie    Donald Trump s'attire les foudres des internautes    Des armes de guerre saisies chez des néonazis italiens    OMS, 1093 morts et 5752 blessés à Tripoli    Bendirman porte plainte contre le parti Ennahdha    Libye : Haftar se prépare à annoncer l'assaut final pour « libérer » Tripoli    Colère aux Etats-Unis après l'arrivée en Turquie de la 1ère livraison de missiles russes S-400    La 29ème Edition du Festival EL MOUROUJ se déroulera du 25 Juillet au 10 Août – Programme    Le Chef du gouvernement, Youssef Chahed se penche sur la question des « réfugiés » à Médenine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Briser le silence !
Harcèlement sexuel dans le milieu universitaire
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 08 - 2018

Enterrés dans le silence, des cas de harcèlement sexuel visant notamment de jeunes étudiantes tunisiennes ne verront jamais le jour, briser ce mutisme demeure ainsi un devoir pour dévoiler l'atrocité d'un tel fléau.
«Je ne saurai jamais me défendre ou porter plainte, j'ai même peur de me rappeler de cette situation si douloureuse», c'est ainsi que commence le témoignage d'une jeune étudiante de 21 ans ayant subi un harcèlement sexuel répétitif de la part de son enseignant dans l'une des universités du Grand-Tunis.
Cette jeune a été contrainte d'interrompre ses études à cause des comportements offensants de cet enseignant, qui selon ses dires, « a une mauvaise réputation dans son université car ses faits ont également porté sur au moins deux autres étudiantes ». Tout a commencé par de simples mots de bienveillance, mais les intentions étaient tout autres, attouchements sexuels, chantages et menaces, la jeune fille vivait dans un cauchemar pendant des mois, sans dénoncer son agresseur, par peur d'un scandale qui « déshonorerait » sa famille. Le cas de cette étudiante n'est certainement pas isolé, mais il témoigne d'un fléau qui, à chaque année universitaire, prend de nouvelles dimensions, surtout avec la prolifération des réseaux sociaux.
Ces réseaux, dont les usages sont devenus virales ces dernières années, ont enfoncé le clou en ce qui concerne la multiplication des cas de harcèlement à caractère sexuel. Remarques scabreuses, regards, messages gênants, propos et plaisanteries sexistes, étalage de contenus pornographiques, contacts physiques déplaisants ou non désirés, invitations importunes, tentations... Ces jeunes étudiantes sont exposées à de nouvelles formes de harcèlement sur ces réseaux, dits sociaux.
En effet, des cercles d'amitié qui naissent sur ces plateformes entre des enseignants et leurs étudiantes virent parfois à l'agression morale et au harcèlement à caractère sexuel. Selon une définition juridique conventionnelle, le harcèlement sexuel n'est autre que le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité physique ou morale en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. Mais en Tunisie le phénomène est enterré dans le silence et le tabou, en l'absence de toute forme de dénonciation. En tout cas, la législation tunisienne relative à l'élimination de la violence à l'égard des femmes condamne le harcèlement sexuel à deux ans d'emprisonnement et cinq mille dinars d'amende.
Entre peur et tabou
Bien qu'il n'existe pas de statistiques ou de données précises sur les cas de harcèlement sexuel dans le milieu universitaire tunisien, des témoignages surgissent parfois pour nous rappeler que ce phénomène existe bel et bien dans nos universités. Une autre étudiante témoigne également de son calvaire avec son enseignant qui a usé de son silence et sa faiblesse, comme elle confirme, pour tirer profit sexuellement d'elle. « Au début il me demandait de rester tout près de lui pendant les cours, c'est-à-dire dans les premiers rangs de l'amphi, à la fin de la séance il tenait à me parler en privé de tous les sujets.
Ensuite il m'a fait des avances à connotation sexuelle, il a fini par me demander de lui envoyer mes photos toute nue ! », témoigne-t-elle. Et pour cette jeune étudiante en première année, dont l'âge ne dépasse pas les 20 ans, dénoncer cet enseignant reste hors de question. Même cause : la peur et la crainte de la réaction de son entourage, sa famille, ses collègues et son université. D'après une étude du Centre de recherches, d'études, de documentation et d'information sur la femme (Credif), 97% des Tunisiennes ne porteraient pas plainte après une violence sexuelle dans l'espace public et 66% des victimes ne réagissent pas, ce taux est certainement revu à la hausse dans le milieu universitaire.
Mais il faut noter que ce harcèlement ne provient pas seulement des enseignants, ce sont parfois des étudiantes et des étudiants qui harcèlent sexuellement leurs profs! Ça pourrait être choquant, mais en vérité, certaines étudiantes et étudiants essayent d'exploiter tous les moyens, y compris leurs corps, pour parvenir à certains objectifs, notamment de meilleures notes, comme en témoigne également une enseignante. En 2017, la Tunisie a été saluée pour l'amélioration de ses lois visant à protéger les femmes, premières victimes du harcèlement dans l'espace public, mais un long chemin reste à parcourir face à ce silence assourdissant des victimes.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.