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Une question de goût !
Enseignement supérieur — Foyers et restaurants sous le feu des projecteurs
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 09 - 2018

La rentrée universitaire est bien lancée, les cours ont repris progressivement dans plusieurs universités, mais pour les nouveaux étudiants, il est temps de découvrir dans quelles conditions ils passeront cette année universitaire. Foyers et restaurants ont été aussitôt placés sous leurs projecteurs.
La Tunisie est dotée, selon les dernières statistiques, de 73 restaurants universitaires répartis sur les trois Offices des œuvres universitaires du Nord (35), du Centre (17) et celui du Sud (21). Pendant l'année universitaire 2016/17, en moyenne 72.342 repas ont été servis quotidiennement.
En dépit de leur nombre assez élevé, et leur emplacement qui couvre pratiquement toutes les universités et foyers tunisiens, ces restaurants n'échappent pas, pourtant, aux critiques des étudiants. Certains d'entre eux vont jusqu'à dénoncer des scandales hygiéniques.
Mais pour cette année universitaire, le ministre de l'Enseignement supérieur a annoncé de nouvelles mesures au profit de l'enseignement supérieur et ses «commodités», dont l'inauguration de huit nouveaux restos, une augmentation du nombre des repas servis quotidiennement et une amélioration des conditions de restauration, de quoi s'attendre à un renouveau de ces établissements publics.
S'adapter à ces nouvelles conditions en se détachant de leurs milieux familiaux, souvent plus confortables, s'avère être le premier défi des bacheliers, notamment ceux qui vont poursuivre leurs études dans d'autres villes. C'est notamment le cas de Yasmine, 19 ans, jeune étudiante originaire de Sfax qui a été admise à l'Université de La Manouba où elle va poursuivre des cours en économie tout au long de ces trois prochaines années.
Une alternative ou un quotidien ?
Pour elle, le resto universitaire reste une alternative, en cas de manque d'argent ou pour des problèmes de transport. Fait qui ne l'a pas empêchée de découvrir le resto du campus de La Manouba. «Je n'ai rien mangé à part un yaourt et une pomme. Ce n'est pas une question de propreté, mais je suis habituée à manger à la maison, c'est une question de goût, je n'y peux rien. Le resto est vraiment plein, tout le monde mange ici, c'est propre, le repas est équilibré, mais pour moi, je préfère manger ailleurs», a-t-elle témoigné.
Une salade, une soupe aux lentilles, des spaghettis au poulet, un yaourt et un fruit. C'est en gros le menu du premier repas de Yasmine dans ce resto U de La Manouba. Un menu somme toute assez équilibré, composé dans les règles de l'art, puisqu'il doit impérativement correspondre aux normes des deux ministères de tutelle, l'Enseignement supérieur et la Santé.
Mais pour d'autres étudiants, manger dans les restaurants universitaires ne se présente pas comme étant une simple alternative, c'est leur quotidien. «Je suis obligé de manger dans le resto universitaire deux fois par jour, ce n'est pas cher et en plus c'est assez propre. Je ne peux pas m'offrir le luxe de manger dans des fast-foods quotidiennement, je suis boursier», explique Ahmed, 22 ans, étudiant en 3e année à la faculté des Lettres et des Sciences humaines de Sousse.
Ahmed s'accorde sur le fait que les goûts des étudiants sont si différents que ces restaurants ne parviennent pas à satisfaire tout le monde. «Oui, certains de mes collègues sautent quelques repas car ils n'aiment pas la viande, les soupes ou les salades, mais pour ceux qui n'ont pas de préférences spécifiques, le resto U, rapport qualité/prix, reste un bon choix vu son tarif de 200 millimes. C'est le prix d'une baguette!», a-t-il encore dit. Pour lui, et selon son expérience, ce sont les étudiants végétariens qui «souffrent» le plus dans ces restos, car aucun menu spécial n'est prévu pour eux.
Au sujet des tarifs des restaurants universitaires, Slim Khalbous, ministre de l'Enseignement supérieur, avait annoncé qu'ils resteront inchangés. Le prix d'un repas est maintenu à 200 millimes seulement. Un tarif qui est subventionné puisqu'un seul repas coûte à l'Etat plus de sept dinars, comme l'expliquent des responsables au ministère de l'Enseignement supérieur. Mais ce prix «symbolique» ne peut en aucun cas justifier certains manquements qui ont eu lieu dans un nombre de restaurants universitaires pendant l'année écoulée.
Ingénieux, certains étudiants ont trouvé la solution. Conscients du poids et de la pression que peut exercer le réseau social Facebook, vu les opportunités de visibilité qu'il assure, sur la décision des autorités, ces étudiants ont, à plusieurs reprises, dénoncé ces manquements sur ce réseau, et notamment sur la page officielle dudit ministère, comme l'explique une étudiante au campus El-Manar. «C'est devenu une stratégie défensive pour nous, à chaque fois on dénonce ces manquements, dans l'espoir de les limiter et de voir les conditions de restauration s'améliorer», a-t-elle expliqué.
Si ces restaurants constituent le quotidien d'un bon nombre de nos étudiants, il serait indispensable d'améliorer davantage leurs conditions, surtout au niveau de l'infrastructure, et de prévoir des repas adaptés à certaines préférences ou aux besoins de certains étudiants qui seraient allergiques ou diabétiques.


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