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«Nous avons tiré la leçon»
entretien avec saloua khiari, gouverneure de nabeul
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 10 - 2018

Les dons du Téléthon seront mis à profit pour remédier aux immenses dégâts engendrés par les inondations.
Peut-on parler aujourd'hui de retour à la normale au gouvernorat de Nabeul après les tragiques inondations d'il y a quelques jours ? Les blessures ont-elles été pansées ? A-t-on réparé les lourds dégâts ? Qu'a-t-on fait de réellement concret et préventif pour que ce drame ne se reproduise plus ? Pour répondre à toutes ces questions, La Presse a jugé utile de faire parler la responsable number one de la région, en l'occurrence la gouverneure de Nabeul, Saloua Khiari. Révélations émouvantes et exclusives d'une femme qui a vécu la tragédie comme un cauchemar, sans céder un instant, se souvient-elle encore, visiblement déterminée et… le doigt toujours sur la gâchette, telle une vaillante guerrière !
Commençons par le commencement. Comment le drame s'est- il produit ?
Ce jour-là, que je n'oublierai jamais, j'étais au bureau, occupée à étudier mes dossiers lorsque le téléphone sonna pour m'annoncer que des pluies diluviennes d'une rare intensité commençaient à s'abattre sur le gouvernorat, allant jusqu'à toucher, dans un triste record, toutes, alors là, toutes les délégations de la région. Au départ, on s'attendait tous à un orage passager pour la gestion duquel nous étions préparés. Mais il fallait déchanter.
Comment ?
Dans nos prévisions établies par les experts des services concernés, personne n'a soupçonné une seconde qu'un drame de cette ampleur pourrait se produire. C'est très simple : il a plu ce jour-là des cordes pendant près de cinq heures non stop, soit largement au-delà du taux habituel de pluviométrie englobant, tenez-vous bien, six mois d'intempéries !
S'agissant, comme vous pouvez le constater, d'un drame sans précédent dans la longue histoire du gouvernorat, nos plans de crise, ainsi pris au dépourvu, ne pouvaient qu'échouer.
Qu'avez-vous fait alors pour espérer redresser la barre ?
L'effet surprise passé, c'est à des moments de panique que nous allions avoir affaire. Il est vrai qu'il s'agit d'une véritable apocalypse, le volume des dégâts allant crescendo au fil des minutes. C'est pourquoi nous avons déclaré l'état d'alerte maximum, en faisant le siège des zones sinistrées où nous avons lancé engins et employés dans la bataille, tout en demandant renforts et secours. La visite du chef du gouvernement nous a été franchement salutaire, dans la mesure où elle nous a procuré espoir et réconfort, grâce à l'extraordinaire élan de solidarité nationale qu'elle avait engendré.
Au déclenchement de la tragédie, les autorités régionales et locales ont été pourtant accusées de laxisme et de laisser-aller, alors que l'on vous a personnellement reproché une tendance disproportionnée à la dédramatisation. Qu'en pensez-vous ?
Comme je l'ai dit ci-haut, nous fumes littéralement surpris par l'ampleur de la catastrophe qu'il était totalement impossible de prévoir. Mais de là à parler de laxisme ou de laisser-aller, c'est tout simplement trahir la vérité. Car, Dieu sait combien autorités régionales et locales avaient souffert, et au prix de quels sacrifices elles avaient agi pour limiter les dégâts et surtout pour empêcher la situation d'empirer davantage. Personnellement, croyez-moi, j'ai vécu, à cette douloureuse occasion, les pires moments de ma vie, avec, à la clé, deux jours sans sommeil et d'interminables nuits blanches, et notez bien que je n'ai ni à m'en vanter, ni à m'en plaindre, s'agissant d'une lourde responsabilité à assumer et d'un devoir sacré à accomplir au service de mon pays. Cependant, je dois avouer que ce qui m'a déçu, c'est que certains, au comble même de la catastrophe, se sont amusés à dramatiser les choses, en abusant de bobards fantaisistes et d'histoires montées de toutes pièces, tout en oubliant, au passage, que de grandes nations beaucoup mieux nanties que la Tunisie se sont avérées impuissantes face à de telles catastrophes naturelles.
Franchement, n'estimez-vous pas que vous n'avez pas fait assez dans la région pour vous protéger contre ces inondations?
C'est faux, d'abord, parce que ces inondations sont le résultat d'une énorme accumulation de lacunes et d'insuffisances dont souffrait le gouvernorat avant et depuis la révolution. Ensuite, parce que nous avions mobilisé, ces derniers mois, des centaines de milliards de nos millimes pour investir dans les volets de l'infrastructure routière, de l'environnement et de l'assainissement. Enfin, parce que nous avons, dans ces trois domaines, des projets de développement en phase d'achèvement et d'autres dont les travaux n'ont pu malheureusement démarrer, faute de ressources de financements disponibles. Tout cela pour dire que ce n'est pas faute d'avoir essayé, et que, par conséquent, ce qui nous est arrivé dépasse largement nos moyens de défense.
Et maintenant, quel état des lieux dressez-vous ?
Ce qui est certain et rassurant, c'est indiscutablement ce retour progressif à la normale, à la faveur des mesures courageuses prises par le gouvernement. En ce sens que nous sommes en ce moment en train de ratisser large pour que Nabeul redevienne ce qu'elle était, c'est-à-dire une belle région, en perpétuel mouvement et où il fait bon vivre. Ainsi, chaussées et pistes sont en passe d'être refaites, idem pour les édifices publics qui sont en voie d'être restaurées, alors que des aides urgentes en vêtements, couvertures, matelas, fournitures scolaires et en espèces (entre 1.500 et 3.000 dinars) seront attribuées aux familles et commerces sinistrés. Le tout dans la transparence et selon des listes minutieusement établies par les commissions régionales de suivi.
Et puis, ce... Téléthon ?
Bien évidemment, je n'ai qu'à applaudir chaleureusement cette bonne initiative qui est venue confirmer la solidité des traditions de solidarité, de citoyenneté et d'entraide profondément ancrées en Tunisie. Mes remerciements vont également à tous ceux qui nous ont prêté main-forte parmi la population de la région, les ONG, les ministères concernés, ainsi que les entreprises privées, nos travailleurs à l'étranger et les municipalités des autres gouvernorats.
Reste à dire que le joli pactole généré par le Téléthon sera mis à profit, dans les règles de l'art, pour réparer les dégâts engendrés par les inondations et estimés, pour le moment, à plusieurs millions de dinars.
Avez-vous pris des mesures préventives en vue de protéger la région contre les inondations ?
Il est certain que nous avons retenu la leçon du dernier drame. Et cela non seulement en nous employant à débarrasser la région des séquelles des inondations de ce samedi de triste mémoire, mais aussi et surtout en accélérant l'exécution des projets jusque-là en suspens inhérents à l'infrastructure, à l'assainissement, à l'habitat et à la protection de l'environnement. En parallèle, il a été décidé de renforcer la lutte contre le phénomène des constructions anarchiques, de revoir le plan d'aménagement urbain des villes les plus perméables et de résoudre, une fois pour toutes, les problèmes des barrages, tout en maintenant une veille de tous les instants au sein de la commission régionale de gestion des catastrophes naturelles. S'agissant là d'une œuvre collective, donc d'une cause nationale, il va sans dire que le citoyen a, lui aussi, un important rôle à jouer dans la réussite de ces mesures préventives, et cela par le respect de la loi. Tous les habitants du gouvernorat, dont je salue l'orgueil et l'attachement indéfectible à leur région, en sont assurément conscients et suivront, car, pour reprendre ce beau slogan, «Nous sommes tous Nabeul».


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