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«J'en suis encore au début de mon parcours»
Entretien du lundi avec Ahmed Hafiane (Acteur)
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 01 - 2019

Rôle principal dans «Fatwa» de Mahmoud Ben Mahmoud et primé pour son interprétation , Ahmed Hafiane est le seul acteur arabe et africain à avoir obtenu le Tanit d'or du Meilleur acteur deux fois dans l'histoire des Journées cinématographiques de Carthage (JCC). Un acteur qui évolue sans pédantisme et qui est d'une étonnante profondeur intellectuelle.
Vous n'êtes pas à votre première expérience avec Mahmoud Ben Mahmoud mais cette fois c'est un film qui vous a valu le prix du Meilleur acteur aux JCC 2018…
Le travail avec Mahmoud Ben Mahmoud reste pour moi un grand plaisir et une expérience toujours nouvelle. Il fait partie des réalisateurs qui respectent l'acteur et le considèrent plutôt comme collaborateur qu'un simple exécutant du rôle. Ce rapport de complicité entre l'acteur et le réalisateur est très important pour moi. Mes expériences avec lui dans «Le professeur» ou bien dans «Fatwa» se sont déroulées sans difficulté aucune.
Comment décrivez-vous votre rôle dans «Fatwa» ?
C'est le personnage d'un Tunisien ordinaire avec son background culturel. Un musulman ordinaire mais qui prend un verre de vin de temps en temps. Un musulman non pratiquant, mais un bon vivant qui a du goût dans la vie. Ce n'est pas quelqu'un qui idéalise la religion parce que pour lui, c'est la foi, ce n'est ni une doctrine ni une idéologie. Le réalisateur disait d'ailleurs : si ce n'était pas «Fatwa», j'aurais appelé le film «L'histoire d'un simple musulman ou d'un musulman simple». Mais plus le rôle est simple plus sa préparation est difficile. Je suis né à Tunis, mais je n'ai jamais vécu dans la Médina. Il m'a fallu donc une bonne préparation pour que je revive l'état d'un homme exilé qui retrouve son quartier avec un visage complètement nouveau. Le rôle est émotionnellement très lourd à porter. Il s'agit de quelqu'un de profondément blessé par la mort de son fils, mais qui, en même temps, continue à garder sa dignité et à avancer dans la vie.
Par rapport à d'autres acteurs, vous êtes quelqu'un de très cultivé. Ce background est-il nécessaire pour être un bon acteur ?
Au début de mon parcours, j'étais incompris par certains réalisateurs tunisiens. Pour eux, j'étais porté sur l'intellect comme acteur. Mais personnellement, je ne peux pas interpréter un rôle sans que je l'étudie sous toutes ses coutures. Pour moi, c'est très important pour que je puisse m'installer dans le côté instinctif du rôle. Oui, je suis un acteur intellectuel et j'en suis fier. A mes débuts, cela a créé beaucoup de malentendus avec les réalisateurs, mais pour ma part, j'y croyais et en fin de compte ça paie ! Le monde de l'acting c'est une variété humaine. Il y a d'autres acteurs qui sont si talentueux qu'ils n'ont pas besoin de penser aux choses. Mais ce sont des talents exceptionnels. En ce qui me concerne, je considère que l'art et l'ignorance ne vont jamais ensemble. Etre un acteur intellectuel qui étudie profondément son rôle est un respect pour l'art et pour le public.
Quel regard portez-vous sur le cinéma tunisien pendant ces dernières années ?
Ce qui est surprenant cette année aux JCC, c'est que les trois films tunisiens dans la compétition ont un niveau assez honorable par rapport à d'autres pays arabes et africains. Cela prouve que le cinéma tunisien est en train d'avancer à pas sûrs. Cette évolution a un secret, qui est un secret de Polichinelle, en fait, c'est tout simplement l'évolution de la technique scénaristique. En Tunisie on commence à comprendre l'importance du scénario. Si on continue sur cette démarche le film tunisien aura de beaux jours devant lui sur le plan international. Personnellement, je crois au scénario plus qu'à autre chose, parce que tout le reste c'est de la technique avec laquelle le réalisateur fait une grammaire. Aujourd'hui, les films tunisiens forcent le respect, ce qui crée aussi des attentes pour le futur. C'est pour cela que l'Etat aussi bien que les privés doivent subventionner davantage le cinéma.
Dans les années 90, les films tunisiens ont fait fuir le public des salles de cinéma en quelque sorte. Aujourd'hui, comment évaluez-vous le rapport du public avec le cinéma ?
Ce n'est pas une question de fuite, mais le public rejette le miroir qu'on lui propose. Le public tunisien a besoin de se voir dans son cinéma et de s'y identifier ! Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il commence à s'identifier aux propos des films tunisiens actuels. C'est ce qui explique le retour du public dans les salles. C'est un acquis pour tout le monde parce que le cinéma a aussi une fonction citoyenne.
Vous êtes un acteur en vue et le seul Arabe et Africain à avoir obtenu le Tanit du meilleur acteur à deux reprises. Est-ce pour vous la consécration ?
Pas du tout, j'estime que je suis au début de mon parcours, j'ai encore des ambitions. Pour moi, le travail est à peine commencé. Il reste beaucoup de choses à faire avec beaucoup de persévérance. J'essaie de m'améliorer encore plus. Les prix que j'ai eus m'ont stimulé et m'ont poussé à être plus responsable dans mes choix et dans mon travail.
L'idée de passer de l'autre côté de la caméra ne vous a-t-elle jamais effleuré l'esprit ?
Sincèrement, je n'y ai pas pensé ! Cela dit, j'ai des velléités et quelques tentations. Mais ce n'est pas ma vocation. Je suis comme un poisson dans un aquarium ! L'aquarium c'est le plateau de cinéma. Quand je suis sur un plateau, je me sens très bien que ce soit devant ou derrière la caméra. Mais pour le moment, je suis devant la caméra. Et même si un jour je décidais de faire de la réalisation, je ne serais pas devant la caméra.…


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