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Un sacré challenge
Le sport tunisien, entre fin et commencement
Publié dans La Presse de Tunisie le 23 - 01 - 2011

C'est le devoir aujourd'hui de pointer ce que nous considérons comme des erreurs, des manquements ou des dérives. Il ne s'agit pas de suivre le courant des hostilités dans lesquel se baignent depuis quelque temps les commentaires de certains consultants et quelques figures. Simplement rendre le sport tunisien à son public. Ça serait tellement soulageant si on acceptait le débat des idées, les questions de fond. Si on utilisait le sens de la bonne formule pour éclairer l'opinion plutôt que pour éteindre la lumière.
Il y a aujourd'hui un vrai sujet de réflexion sur le lien avec la tradition qui se distend et la culture du sport qui a disparu au gré des profits et des enjeux divers. Dans un environnement où l'éthique, l'intégrité, l'honnêteté et la bonne éducation n'étaient pas les qualités les plus partagées, l'appétit pour le pouvoir semblait plus aiguisé que l'appétit pour les grands dossiers. Dans la panade générale, on tentait de surnager et à peu près mot à mot, nous avions entendu le même discours, la même démagogie, le même populisme au sujet du sport. Au fond, on ne faisait que se débattre davantage avec l'énergie du désespoir qu'avec la clairvoyance que recommandait la fonction. Les coups bas pleuvaient, les insinuations comme mode d'emploi, la mise à l'écart de certains, prononcées.
C'était médiocre, mais c'était ainsi. Pendant ce temps, les questions essentielles pour l'avenir du sport tunisien restaient sans réponses. Ceux qui s'étaient érigés en décideurs paraissaient en même temps ne plus avoir qu'une seule hantise : se justifier. Une seule obsession : se disculper. Un seul avenir : celui qu'ils s'imaginaient ! Mais aussi un seul passé : celui qu'ils se chargent aujourd'hui d'effacer, à coups de traits gras, devant la glace qui renvoie inlassablement leurs profils d'irréprochables, oubliant qu'au fil du temps, ils passèrent du statut de capitaines symboles de l'espoir et du sens du combat à celui de capitaines désastres. Submergés par la fonction comme ils étaient et par ce bout de statut visiblement trop lourd à porter. Décidés qu'ils étaient à ne pas perdre la face au point de perdre la lucidité. Pourtant, ils avaient la possibilité de revenir à la raison sans se vautrer dans le ridicule. A force d'avoir une très haute estime d'eux-mêmes et de leur personne, ils finirent par se couper des autres, mais pas de ceux qui les soutenaient à tort et à travers!...Ils devenaient de plus en plus irresponsables dans ce bateau ivre.
Les mots s'entrechoquent et résonnent encore dans la caravane qui suivait un sport en totale perdition et qui ne récolte finalement que ce qu'il n'a eu de cesse de semer. On ne saurait oublier, et encore moins ne pas retenir la leçon, de la manière avec laquelle on imposait un isolement, un discours officiel aseptisé. Aucune tête ne devait dépasser. On formatait les conférences de presse et on restait dans l'ignorance de l'extérieur. Le pire, c'est que les responsables, les dirigeants de plusieurs instances sportives avaient vraiment le sentiment de ne pas se moquer du monde. Leur appréciation de la situation leur paraissait juste. Le problème est qu'ils avaient raison tout seuls.
Mais peut-on vraiment leur donner tort dans la mesure où personne ne semblait s'inquiéter comme on ne s'étonnait pas des arguments lancés ici et là?
Sur les défaillances et le gâchis d'un environnement miné par un vide existentiel, se profilaient les dessous d'un avenir pas tout à fait rassurant. Gérer la désespérance induit tellement de choses que nous ne savons plus trop aujourd'hui par quel bout il conviendrait d'empoigner l'affaire : le limogeage des responsables, la mise à l'écart des opportunistes, la rénovation des méthodes, l'affirmation des principes, le respect des valeurs, l'installation de nouvelles approches et de nouvelles équipes.
Emettre une critique sur quelqu'un, sur quelque chose, c'était auparavant provoquer le fantôme des interdits et des barrières à ne pas dépasser. C'est le devoir aujourd'hui de pointer ce que nous considérons comme des erreurs, des manquements ou des dérives. Il ne s'agit pas de suivre le courant des hostilités dans lequel se baignent depuis quelque temps les commentaires de certains consultants et quelques figures. Simplement rendre le sport tunisien à son public. Que demande-t-on? Seuls quelques ignorants de la chose du sport peuvent transformer un rêve en exigence. En revanche, ça serait tellement soulageant si on acceptait le débat des idées, les questions de fond. Si on acceptait de ne pas se cacher derrière le sacro-saint groupe d'où rien ne peut filtrer sous peine de briser on ne sait quel serment puéril. Si on utilisait le sens de la bonne formule pour éclairer l'opinion plutôt que pour éteindre la lumière. Tout doit être rapidement entrepris sans doute, avec détermination et sans la moindre concession.
Il s'agit en tout état de cause de replacer le débat au centre du terrain. Peut-être, avait-on raté un épisode, mais il ne nous semble pas avoir entendu quelqu'un en ces temps de transhumance dire simplement qu'il y a eu des comportements inadmissibles. Nous avons des instances statuaires, qu'elles soient saisies du sujet, qu'elles y réfléchissent.
Ce qu'il y a de beau dans le sport, c'est qu'il va au-delà du sport. Lorsque le Nigeria était en proie à la guerre civile à la fin des années 60, le Brésil de Pelé est venu y jouer. Les chefs militaires avaient dit : «OK, on s'entretuait hier, mais là on arrête pendant trois jours pour voir le match.» Il y a eu un cessez-le-feu. Une fois le match fini, ils ont recommencé à se battre.
Après le feu de broussaille, l'herbe repoussera certainement. On veut l'espérer. Mais peut-on vraiment être persuadé que le terrain vert reprendra bientôt ses droits.
Les promesses des temps précédents? Envolées. Les nouveaux espoirs? A définir et à concrétiser. Fini le bluff, terminée l'esquive, il faudrait tenter de redonner et de se redonner une pleine confiance, en affichant la bonne formule d'équilibre, en s'approchant le plus près possible de l'expression collective majeure.
Un sacré challenge au moment où nous avons le droit et le devoir de rêver.


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