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Normaliser les relations entre Israël et les Etats-Unis
Chronique du temps qui passe: Une urgence politique internationale
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 03 - 2010


Il est peut-être temps de se demander sérieusement pourquoi, en dépit des immenses efforts et des énergies massives dépensées en vue de normaliser les relations entre Israël et les pays arabes, aucun résultat concret n'a été réalisé? Pis encore, les choses s'aggravent de jour en jour au point que les observateurs les plus optimistes commencent à entrevoir des nuages de guerre dans le sombre horizon moyen-oriental et ne cachent plus leurs craintes d'un conflit régional aux conséquences imprévisibles pour le monde. Pourquoi donc en est-on là? Bien sûr la raison qu'on a analysée, pointée du doigt, soulignée, mâchée et remâchée des décennies durant est qu'Israël est un pays un peu trop spécial qui ne reconnaît ni les cadres juridiques ni les barrières morales qui règlent les conduites des membres de la famille internationale. Un pays trop spécial qui occupe les terres d'autrui, déclenche des guerres quand et où il veut sans qu'il ne soit soumis à l'obligation de rendre compte de ses agissements, et encore moins puni ou sanctionné. Il y a un célèbre adage arabe qui dit:«— ش Pharaon pourquoi tu sévis? — Parce qu'il n'y a personne pour me retenir!». La question qui se pose est pourquoi attend-on d'Israël, qui se trouve dans la même situation que le Pharaon de l'adage, un comportement différent, c'est-à-dire de s'autoretenir? Voilà un pays qui a l'inégalable privilège d'imposer tous ses caprices à la plus grande puissance du monde, tient tête à ses présidents, humilie un vice-président qui lui rend visite, fait trembler représentants et sénateurs, impose au contribuable américain ce qu'il faut bien appeler une taxe annuelle de 3 milliards de dollars, bien qu'il ait un niveau de vie plus élevé que beaucoup de pays européens, récolte autant de veto qu'il veut au Conseil de sécurité, en un mot s'assure l'obéissance de la plus grande puissance du monde à tous ses ordres et refuse la plus banale des recommandations que celle-la lui adresse, par exemple geler pendant quelque temps la construction de colonies. Il faut être extrêmement naïf ou carrément fou pour attendre qu'Israël renonce de lui-même à un privilège aussi exorbitant et probablement sans précédent dans la longue histoire des relations internationales. Pour revenir à la question de la normalisation des relations israélo-arabes, il faut dire que cette normalisation a échoué pour une raison très simple: nous avons mis la charrue avant les bœufs. En d'autres termes, nous avons cru possible une normalisation des relations entre Israël et le monde arabe avant la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Israël. Aucune solution au Moyen-Orient n'est possible, aucune paix dans la région n'est réalisable tant que les relations entre Israël et les Etats-Unis sont affectées par de si grandes anomalies. Car les anomalies n'affectent pas seulement les relations entre pays ennemis, mais aussi les pays amis où, comme dans le cas d'Israël et des Etats-Unis, l'amitié se transforme en amour pathologique où une partie devient l'esclave de l'autre, cédant à tous ses caprices et mettant en péril non seulement les intérêts des deux pays, mais la paix dans le monde. C'est cet amour pathologique entre les deux pays qui ternit depuis longtemps leur réputation et fait d'eux aux yeux de l'opinion internationale, y compris en Europe occidentale, les deux sources principales de l'instabilité et les deux causes fondamentales des malheurs bibliques du Moyen-Orient. Il est bien évident que sans cet amour pathologique qui fait que Washington soutienne depuis 43 ans Israël dans toutes ses folies, la face de cette région du monde serait très différente de celle d'aujourd'hui; on aurait eu beaucoup moins de guerres et de destructions, beaucoup moins de haines et de rancœurs, beaucoup moins de déplacés, de réfugiés, de morts, de blessés, de mutilés… Une baisse significative de la tension dans la région du Moyen-Orient, condition sine qua non de toute négociation sérieuse et de toute solution durable, passe d'abord et avant tout par une normalisation des relations israélo-américaines. En d'autres termes, le traitement de cet amour pathologique, qui a pris des proportions démentielles en Israël à l'occasion de la visite du vice-président américain, est devenu une urgence stratégique mondiale et il n'est nullement exagéré de dire que la paix et la stabilité dans le monde dépendent dans une large mesure de la normalisation des relations entre Tel-Aviv et Washington. Comment ? C'est simple: en traitant Israël comme n'importe quel autre pays ami des Etats-Unis et en mettant une fois pour toutes un terme à ce privilège exorbitant que la classe politique israélienne s'est auto-octroyé. Sans ce préalable, toutes les négociations directes et indirectes, tous les efforts déployés par les diplomates les plus chevronnés ne mèneront nulle part, comme le démontre amplement le gaspillage de temps et d'énergie durant les quatre dernières décennies. Aux dernières nouvelles, le Président Obama est «rouge de colère» et Mme Clinton était furieuse pendant 43 minutes au téléphone avec Benyamin Netanyahu qui, toujours arrogant, s'est excusé du «timing» de l'annonce de l'extension des colonies et non du problème de fond. Un autre président, Bill Clinton, était lui aussi une fois «rouge de colère» contre Netanyahu en 1996, et un autre secrétaire d'Etat, James Baker, était furieux contre Yitzhak Shamir en 1991. Mais c'était des colères et des fureurs passagères avant qu'Israël ne reprenne le dessus avec les conséquences désastreuses qu'on sait. La normalisation israélo-américaine ne se fera pas à coups de fureurs verbales, mais avec des décisions réfléchies prises à tête reposée. Elle ne se fera pas par des explosions de colère avec un effet de feu de paille, mais avec des actions raisonnables, justes et logiques dont dépendent la paix régionale et la stabilité mondiale. Dans moins de deux semaines, nous saurons si les Etats-Unis sont disposés ou non à traiter cette anomalie maligne : l'American Israeli Public Affairs Committee (Aipac) tiendra dans quelques jours sa conférence annuelle à Washington où Mme Hillary Clinton est invitée à prononcer un discours. Ce ne sera sûrement pas le discours le plus facile que les services du département d'Etat auront à rédiger.

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