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Une ardeur humanitaire sans précédent
Reportage à Ras Jedir
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 03 - 2011

• «Je suis vraiment émue, ce que la Tunisie fait relève de l'inimaginable, nul ne peut s'attendre à de telles opérations en temps de révolution, même dans les pays les plus développés du monde», témoigne Katrina, d'origine allemande
Des dizaines de milliers de visages pâles et fatigués ont finalement atteint la terre tunisienne pour y trouver la sécurité, le soutien matériel et moral après un parcours long et exaspérant au milieu du désert. Avec des rêves volatilisés et des affaires pillées par les brigands, nos amis et frères égyptiens, bangladais, vietnamiens, somaliens, nigérians… avaient perdu tout espoir et se sont livrés involontairement à leur destin en entrant dans un autre pays du «tiers monde» qui, de plus, vient de vivre sa propre révolution.
Evidemment, ni les réfugiés ni les différentes organisations internationales ne s'attendaient à la mobilisation populaire phénoménale de la Tunisie, une mobilisation qui a pour unique objectif de sauver l'humain qui vient chercher refuge dans notre pays.
Des bénévoles du monde entier trouvent que ce que le peuple tunisien est en train de faire pour aider ces réfugiés dépasse toutes les logiques.
C'est ce que nous ont déclaré plusieurs étrangers rencontrés sur le champ tels que l'Allemande Katrina qui nous a dit : «Je suis vraiment émue, ce que la Tunisie fait relève de l'inimaginable, nul ne peut s'attendre à de telles opérations en temps de révolution, même dans les pays les plus développés du monde».  
Des centaines de bénévoles venant des quatre coins du pays et appartenant au Croissant-Rouge tunisien (CRT) se sont installés à Ras Jedir, Choucha, Ben Guerdane et Djerba, appuyés par la présence de l'armée nationale et ses services de santé militaire. De jeunes Tunisiens sont également venus sous l'égide des scouts et des colonies de vacances de Tunisie. Le travail de ces équipes volontaires consiste à fournir un soutien alimentaire, hygiénique et psychologique aux réfugiés. La logistique est assurée par les autorités tunisiennes telles que les services locaux de transport, mais surtout par des citoyens tunisiens qui ne cessent d'inonder le champ par leurs donations qui semblent infinies.
En faisant le tour du camping à Choucha, on ne voit que des jeunes, ayant souvent le drapeau rouge et blanc affiché sur leurs épaules ou poitrines, en train de nettoyer le terrain, animer les groupes de réfugiés avec des chansons et des jeux, leur distribuer des aliments ou leur préparer des repas chauds. Ce sont là les mêmes visages pleins de vie et d'amour qui se sont mobilisés un jour pour défendre leurs villes et quartiers contre les criminels et les pilleurs, armée tunisienne et jeunes Tunisiens toujours main dans la main pour la Tunisie et pour l'Humanité. «Il ne restera dans le ruisseau que ses propres cailloux», comme le dit bien notre proverbe. Certes, on ne peut empêcher les larmes de couler en regardant ces jeunes Tunisiens, militaires et civils unis, faisant leur travail de bon cœur et sans rien attendre en retour. Ayant la Tunisie dans le cœur, l'humanité et le bien dans la pensée, le travail philanthropique pour ces Tunisiens n'est pas un spectacle ou une sorte de tourisme humanitaire comme il l'est pour certains.
Une aide à 90% tunisienne
Il a fallu expliquer à certains de nos amis réfugiés que la plupart des dons ne venaient pas des organismes mondiaux, mais plutôt du peuple tunisien, car il semble que les médias étrangers et même arabes, tels qu'Al Jazeera et Al Arabiya, essayent de sous-estimer l'effort tunisien. Malheureusement, en regardant la manière avec laquelle ces chaînes couvrent cette catastrophe humanitaire, on sent immédiatement l'absence de la Tunisie en Tunisie. Il ne peut être que frustrant et énervant quand on ignore les centaines de bénévoles tunisiens et on interviewe tout le temps des bénévoles d'autres nationalités, alors que ces derniers ne représentent même pas 1% de l'ensemble des engagés sur le terrain, quand on ne voit jamais sur l'une des chaînes arabes ou étrangères les centaines de véhicules et de semi-remorques provenant des quatre coins du pays avec leurs centaines de tonnes de produits alimentaires, médicaux et hygiéniques offerts par les familles tunisiennes, quand on ne voit jamais les jeunes Tunisiens et leurs efforts remarquables et infatigables qui se comportent avec les réfugiés comme s'ils étaient des amis ou des frères. En effet, une fois rassurés de l'absence des maladies dont les médias parlent, les jeunes Tunisiens se débarrassent très tôt de leurs bavettes et de leurs gants de caoutchouc, puisqu'il s'agit de quelque chose qui n'est compatible ni avec leur culture ni avec leurs principes humanistes.
Des caméras partiales...
Mais les caméras étrangères et arabes sont éteintes la plupart du temps, elles ne se mettent à filmer que lorsqu'une dispute ou une mêlée se produit entre les réfugiés de différentes nationalités, quelque chose de très attendu entre des foules qui se comptent par milliers. Seuls les points négatifs tels que les foules agitées ou les ordures sont zoomables pour la plupart des reporters étrangers. Quant aux médias tunisiens, leur absence est quasi totale. Certains reporters d'une chaîne nationale privée nous parlaient du coût très élevé de la couverture de la catastrophe.
Les structures internationales telles que le Haut comité des Nations unies pour les réfugiés (Unhcr) se sont contentées de déposer leurs tentes et de faire le travail d'information et de statistiques en laissant tout le travail manuel aux volontaires tunisiens. La Tunisie, qui est également représentée par ses médecins, ses psychologues et psychiatres, ses interprètes, etc., qui prouvent leur haute compétence, semble surprendre ces internationaux qui ne se croient toujours pas en l'Afrique. En outre, on a eu le sentiment que certains étrangers viennent juste pour prendre des photos avec les quelques paquets qu'ils emmènent, sans jamais avoir de vrai contact avec les réfugiés. Peut-être la seule exception qui représente une vraie contribution bien sérieuse loin de tout marketing est-elle l'hôpital militaire mobile que viennent d'installer nos frères marocains à Choucha.
En conclusion, ce dont on est sûr, c'est que le peuple tunisien ne fait pas ce travail humanitaire dans le but de recevoir une sorte de reconnaissance des autorités mondiales. Il s'agit d'une réaction absolument humaine de la part d'un grand peuple libre et digne. En effet, la Tunisie transmet en toute spontanéité un message typiquement tunisien à ceux qui ont l'habitude d'investir dans le domaine de la charité et de l'humanitaire. Avant de finir, il est très important de signaler à nos compatriotes qu'il est préférable de se renseigner avant de proposer les dons, car certains produits sont abondamment présents alors que d'autres manquent.


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