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Raisons et implications d'une priorité révolutionnaire
Changements en Tunisie et impact sur la région de la Méditerranée
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 03 - 2011

La conférence organisée récemment grâce aux efforts conjugués de la Fondation Konrad-Adenauer, du Centre des études méditerranéennes et internationales ainsi que d'Euromesco (Euromediterranean Study Commission) compte certainement parmi ces rencontres qui vous permettent de prendre du recul par rapport aux événements que nous vivons. En ce sens, elle était la bienvenue. Car la bonne intelligence des choses relève d'un savant mélange entre immersion dans le réel à comprendre et distance pour en saisir une vue plus générale et plus synoptique.
Pourquoi — la question se pose — est-ce en Tunisie que la première étincelle de la grande révolution du monde arabe (seulement arabe ?) s'est produite ? Quels sont, dans d'autres contextes, les pays qui ont eu, comme la Tunisie, le privilège de jouer le rôle de pionnier pour entraîner dans leur sillage tout un groupe de pays voisins ? Et quels enseignements peuvent-ils nous apporter ?
Il est certain que nous assistons en ce moment à une contagion révolutionnaire à grande échelle, malgré des contextes politiques fort différents d'un pays à l'autre. La Tunisie, comme le relève le Marocain Mhammed Malki, aura montré qu'il n'est pas vrai que le soulèvement populaire pour la liberté et la démocratie est impossible dans le monde arabe : «On avait assisté un peu partout dans le monde à un passage vers la démocratie, sauf dans le monde arabe…» D'où l'hypothèse selon laquelle ce monde pourrait bien ne pas être fait pour le régime démocratique. C'est cette hypothèse que la révolution tunisienne est venue démentir. Mais il reste vrai que certains facteurs favorables existent chez nous qui expliquent le fait que nous ayons pris les devants.
Tout d'abord, le retard social est moins grand chez nous que dans certains pays : le Maroc en particulier. C'est ce que suggère la politologue Isabelle Werenfels, qui souligne également que le roi du Maroc n'est pas au pouvoir depuis suffisamment longtemps pour susciter contre lui un fort mouvement de rejet.
Pour rester encore dans le contexte maghrébin, on peut faire observer que, en Algérie et en Libye, la manne pétrolière permet au régime en place de faire taire les revendications sociales. D'autre part, l'armée n'est pas disposée à jouer le rôle qu'elle a joué en Tunisie ou en Egypte : trop d'avantages acquis menacés et trop de risques d'avoir à payer l'addition de compromissions dans des affaires d'atteinte aux droits de l'Homme. M. Malki avait fait observer que les dictatures arabes d'aujourd'hui ne sont pas celles des années 80 : le pouvoir personnel va désormais de pair avec un enrichissement de la famille. C'est quelque chose qui, là encore, a servi d'élément favorable à la mobilisation en Tunisie, par un effet d'indignation. Or l'enrichissement, très réel en Algérie par exemple, est cependant beaucoup plus discret. C'est ce que fait encore remarquer la politologue : «Il n'y a pas de famille facile à identifier !»
Il existe cependant, d'une façon générale, une même soif de liberté, estime Mhammed Malki, et elle ne date pas d'hier. Elle s'est exprimée en Tunisie en 1987 et en Algérie aussi dans les années 90, avec les suites malheureuses que l'on connaît dans un cas comme dans l'autre. Une exigence de liberté qui se précise au fur et à mesure que de nouvelles générations arrivent qui n'ont pas connu les luttes pour l'indépendance et qui ne sont plus prêtes à considérer que ce thème suffit pour conférer au pouvoir une légitimité véritable, ou que celle-ci puisse s'affirmer tout en se dispensant de l'obligation d'impliquer la population en général, et les jeunes en particulier, dans la construction du pays.
Mais le niveau d'éducation de la population et la place qu'occupe la femme dans la société sont, par-delà les différences de contexte, ce qui a offert un avantage déterminant à la Tunisie, en rendant la domination du régime et ses agissements plus hideux et plus scandaleux dans la conscience des habitants.
Y avait-il une situation analogue dans la Pologne de la fin des années 80 lorsque ce dernier pays s'est libéré du joug communiste et qu'il a ouvert une brèche dans laquelle se sont engouffrés tous les pays du bloc de l'Europe de l'Est ? Ancien membre du syndicat Solidarnosc, M. Wlodzimierz Puzyna rappelle que la Pologne, en 1989, était dans une situation encore plus compliquée que celle que nous avons connue : elle faisait partie du Pacte de Varsovie et était soumise à la rigueur de l'économie soviétique. Le Parti communiste, qui avait le monopole du pouvoir, était lui-même dirigé par Moscou. Une police secrète empêchait toute organisation de la société et la censure des médias était omniprésente… Toutefois, les mêmes recettes peuvent être utiles ici et là-bas pour naviguer dans les eaux de la post-révolution. Pour M. Puzyna, il s'agit d'abord de disposer d'un plan d'action avec des objectifs communs, dont l'élaboration relève d'un processus transparent «pour éviter les mauvaises interprétations»… Il s'agit ensuite de se doter d'institutions qui peuvent surveiller l'évolution des événements et apporter des corrections rapides en cas de besoin. Il faut encore «inclure les forces sociales qui ont été à la base de la révolution». Il s'agit enfin d'assurer un "soutien éducatif", aussi bien à l'adresse des acteurs des transformations qu'à l'adresse de ceux qui peuvent avoir à les subir.
La question se pose aussi de savoir quel rythme adopter : un rythme lent ou un rythme rapide ? Etant entendu que le premier, s'il épargne le risque d'un certaine désordre, permet aux courants contre-révolutionnaires d'organiser la résistance. Alors que le second permet de mettre à profit l'enthousiasme. Un enthousiasme, ajoute l'ami polonais, qu'il est possible d'utiliser pour décharger l'Etat de toutes les tâches qu'il maîtrise mal mais où les erreurs qu'il pourrait commettre entraîneraient pour lui des conséquences fâcheuses, qui le fragiliseraient. C'est le thème, très important, de la décentralisation : «Chacun s'engage dans son territoire sur des problèmes de la vie quotidienne. On donne ainsi aux gens très actifs la possibilité de se rendre utiles…» Cela passe par la création d'associations nouvelles mais peut aussi se traduire par une émulation entre les municipalités : «Le pouvoir est contrôlé plus facilement par les citoyens».


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