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Revoir notre productivité
Analyses
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 04 - 2011


Par Sonia EL KADHI (Universitaire)
Après la révolution, l'économie tunisienne est tombée dans l'ornière du pessimisme. Il est vrai que les enseignements de la révolution ne semblent pas avoir été tirés et les objectifs très vite passés aux oubliettes. Il semble que rien n'ait été appris et le naturel revient au triple galop. Evitons alors les débats tels que celui sur la laïcité qui nous éloignent des objectifs de cette révolution (lutte contre le chômage et la pauvreté, cohésion sociale, développement régional, etc.). Il est temps que ce pessimisme soit contrebalancé par de l'optimisme afin d'éviter l'échec programmé. Il convient à tout prix de remettre d'abord l'homme au cœur de l'activité économique parce que c'est aussi sa raison d'être. Il nous faut de la confiance et des projets parce que le désarroi des Tunisiens vient d'une grande confusion entre le but et les moyens. La situation devient plus alarmante lorsque cette confusion est entretenue par les discours, obscurs et hypocrites, des partis politiques. Ceux-ci doivent fonder leurs décisions sur une compréhension approfondie et nuancée des freins et des moteurs de la productivité. Parce qu'au final, une croissance économique durable est sans doute impossible sans augmentation de la productivité. Dès lors, il devient nécessaire de faire passer la productivité à la vitesse supérieure. A ce propos, la théorie économique mais aussi l'expérience internationale nous enseignent que la hausse de la productivité a non seulement un impact positif direct sur la richesse d'un pays, mais elle améliore aussi la compétitivité de ses entreprises et de son économie, permet de construire le socle financier sur lequel appuyer les dépenses sociales et constitue le seul moteur de création d'emplois efficace à long terme.
Tunisie : gains de productivité apparente du travail
Aujourd'hui, chacun s'accorde à reconnaître que notre économie est en panne, accumule des faiblesses et demande des actions concrètes et efficaces. La question est donc de savoir comment obtenir une croissance qui favorise une économie de qualité. Dans ces conditions, quelle est l'action prioritaire à mener pour améliorer la productivité globale ? A vrai dire, il n'y a pas une action unique mais il s'agit d'un ensemble d'orientations qui procèdent d'un même esprit : celui du travail et de la productivité pour assurer les ressources d'un pays en mutation. Ces orientations ont pour ambition de donner du souffle à notre économie, parce qu'au final, le résultat de l'économie n'est pas une quantité fixée. Le PIB dépend de notre travail, notre compétitivité dépend de notre travail, nos résultats à l'exportation dépendent de notre travail.
Afin de participer à cet effort, plusieurs actions de politique économique mériteraient d'être entreprises pour relever ces défis. On se contentera ici de quelques propositions simples qui se déclinent en quatre directions :
Premièrement, la productivité consistant à faire plus avec moins, il faut tirer parti de toutes les ressources des techniques nouvelles. Deuxièmement, la productivité exige également des changements de modes d'organisation. Nos manières de travailler demeurent souvent archaïques alors que la révolution des nouvelles techniques d'information et de communication permet de donner à chaque acteur les moyens d'agir en responsable et d'utiliser au mieux les biens rares et l'argent. Les changements d'organisation ne concernent pas seulement les entreprises mais sont nécessaires partout, au niveau de l'Etat, de l'éducation nationale, des collectivités publiques. De nombreux organismes, trop habitués à croire que parce qu'ils sont ou se jugent indispensables, les dépenses qu'ils programment doivent être couvertes en priorité. La règle selon laquelle on ne peut pas consommer indéfiniment plus de richesses qu'on en produit vaut pour tout le monde. Troisièmement, la productivité, faire plus avec moins, consiste aussi à accroître la qualité, si possible à prix constant. Cette exigence passe par la formation, le sens du service rendu, le goût de la compétition pour se comparer aux meilleurs. C'est ce que doivent surtout comprendre nos administrations car la bonne qualité est synonyme de durée. Enfin, la productivité progressant, les changements qui en résultent bousculent les situations acquises, les structures en place, les habitudes. Elle doit donc s'accompagner d'une politique permanente d'adaptation des hommes et des organisations.
Au final, sachant être pragmatique. Il faut réagir pour accroître l'efficacité globale du fonctionnement de notre pays dans toutes ses dimensions. Il semble déterminant pour notre pays de retrouver une forte croissance de la productivité du travail. Notre niveau de vie futur en dépend. Pour ce faire, une politique générale de productivité et de qualité devrait contribuer à persuader les gens que demain peut être meilleur qu'aujourd'hui, avec une approche de la croissance fondée sur la réalité des comptes et des coûts globaux. Nous devons miser sur la productivité que tout un chacun peut apporter à son entreprise où à son administration, ce qui à mes yeux constitue le principal moyen pour permettre d'inverser la pente du déclin du pays et donc éviter la paupérisation. La Tunisie a avant tout besoin d'une population déployant son énergie sans se retenir par des arrières pensées dues à une méfiance entre nous. Plus que jamais, dans le monde tel qu'il est, c'est au contraire la confiance qui fait la différence. Ensemble, nous sommes plus forts, ensemble — et non pas les uns contre les autres —, nous réussirons.


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