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Appui à l'activité économique
Entre la pression des demandes et l'ambition des attentes
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 05 - 2011

• La réticence des investisseurs privés coûte annuellement jusqu'à deux points de croissance économique et 35.000 postes d'emploi
Une croissance économique soutenue semble être la solution à tous les problèmes de l'emploi et du développement régional. Mieux encore, des taux de croissance avoisinant 7% peuvent jouer le rôle de catalyseur de la transition démocratique du pays. Toutefois, la réalisation de tels taux de croissance est tributaire de la dynamisation des programmes d'appui, de la multiplication des réformes, de la généralisation des plans de relance et de l'implication de tous les acteurs: Etat, investisseurs, consommateurs et société civile. Un travail, certes, de longue haleine mais tout à fait réalisable.
Il est vrai justement que malgré une conjoncture nationale actuelle défavorable, la Tunisie est totalement en mesure d'instaurer les bases d'une économie compétitive. Il suffit, en effet, d'améliorer l'environnement des affaires, de retrouver la stabilité et la sécurité pour espérer attirer les investissements, étrangers notamment, et retrouver ainsi une réelle dynamique économique. L'on reconnaît, en effet, que la part de l'investissement privé dans le PIB, avec 20%, demeure largement en deçà des attentes et trop timide par rapport aux standards internationaux. Il convient de préciser que la réticence des investisseurs privés coûte annuellement jusqu'à deux points de croissance économique et 35.000 postes d'emploi. Sans parler du déficit structurel du tissu économique. Constitué, en majorité, d'entreprises de sous-traitance, à faible valeur ajoutée, employant une main-d'œuvre non, ou peu, qualifiée, ce tissu n'est pas en mesure de garantir une croissance durable ni de résistance aux chocs économiques récurrents.
A court terme, et compte tenu de la régression des recettes touristiques, du fléchissement des investissements directs étrangers (IDE) et de la faible contribution des exportations, la demande intérieure, autrement dit la consommation, se place comme une locomotive de la croissance économique. D'où la nécessité de booster les revenus et de faciliter l'accessibilité aux crédits de consommation. Déjà, dans le cadre du programme « Amel », 160.000 dossiers ont été acceptés et 38.000 contrats de travail ont été signés. La formation et la reconversion sont de nature à faciliter l'accès au marché du travail des jeunes diplômés, futurs consommateurs. Pour la fonction publique, un décret-loi est en cours d'élaboration pour alléger les procédures de recrutement. Les délais seront ainsi portés à deux mois au lieu de huit. Témoignage.
Abdelhamid Triki, ministre de la Planification et de la Coopération internationale :
«La bonne gouvernance au service des investisseurs privés»
Durant les dernières années, la Tunisie a perdu 10 points d'investissement, par rapport au standard international de 20% du PIB. En effet, l'investissement privé national a été fortement sanctionné par l'opacité des marchés et les mauvaises pratiques de gouvernance. Malgré toutes les mesures d'incitation et les mécanismes de financement, l'investissement n'a pas évolué au rythme souhaité. Ainsi, une perte de 2 points de croissance et de 35.000 postes d'emploi. Les IDE, pour leur part, ont été moins soumis à ces pratiques. Les réformes prévues dans le programme de relance économique ne sont qu'une première étape pour instaurer une gouvernance comparable à celle des pays développés. Une série de réformes est nécessaire, à moyen terme, pour atteindre cet objectif.
Avec l'amélioration du climat d'affaires, l'augmentation escomptée des investissements sera de l'ordre de 20% du PIB. La hausse de contribution des opérateurs privés aura pour mérite de porter la croissance économique à un taux avoisinant 7%, recherché depuis des années. Cette croissance, une fois soutenue, permettra de résorber le chômage, en évolution continue, et de satisfaire toutes les demandes supplémentaires d'emplois.
Pour la prochaine étape, il n'y a pas de modèle de développement économique à importer. Il faut identifier et arrêter un modèle sur la base des spécificités, des contraintes et des compétences. Nous sommes en mesure de spécifier notre modèle de développement, basé sur l'intelligence de notre jeunesse, notre principal atout.
Après les élections de la Constituante et du gouvernement qui en découlera, on commencera à réfléchir sur les priorités. A mon avis une révision du plan de développement économique et social s'impose. Compte tenu des délais et des échéances, à partir de 2013, un nouveau plan sera adopté, pour refléter les nouvelles orientations et promouvoir les projets qui répondent aux mieux aux aspirations des citoyens, en termes d'emploi et d'amélioration du bien-être.
Abderrazak Zouari, ministre du Développement régional :
«Des régions économiques et des institutions de développement»
 La décentralisation suppose la création d'institutions locales. Or, maintenant, ces organismes font défaut dans la majorité des régions. Organiser la gouvernance locale est une priorité. C'est aussi primordial que le code électoral. C'est le fondement même d'une démocratie participative et locale.
Toutefois, la définition des régions est particulièrement délicate. Le découpage administratif, jusque-là pratiqué, donne des gouvernorats. Par contre, la région relève, plutôt, d'un découpage économique. Un tel découpage mettra en exergue cinq ou six pôles économiques, viables et compétitifs, réunissant plusieurs gouvernorats. Ensuite, une institution régionale aura pour tâche de tracer le schéma de développement cohérent pour l'ensemble de ces gouvernorats. Force est de constater que le schéma de développement de Kasserine est étroitement lié à celui des gouvernorats voisins, Siliana, Gafsa, Kairouan… D'un autre côté, l'efficacité d'un découpage économique, équivalent de développement des régions, est tributaire de la composition et des attributions des institutions locales, qui traduiront les besoins exprimés de la population en projets d'investissement.
Pour assurer la viabilité, la région sera constituée de gouvernorats complémentaires, notamment agricoles, industriels, côtiers, intérieurs… Le but est de maximiser les transactions intra-régionales. 
Saïd Aydi, ministre de la Formation professionnelle et de l'Emploi :
«Des filières de reconversion à forte employabilité»
On ne peut trouver de réponses aux problématiques de l'emploi et du développement régional que par une croissance économique soutenue. Ce qui nécessite une amélioration et une adéquation de la formation, au sens large, et notamment de la formation professionnelle, par rapport aux besoins du tissu économique. Les travaux de ce programme de relance économique auront des effets à court, à moyen et à long terme. La démarche consiste à identifier les filières à forte employabilité… De même, on doit mettre en relief la valeur ajoutée emploi. La priorité est de trouver des solutions au chômage des diplômés, d'où la recherche de filières capables de générer rapidement de l'emploi, notamment aux diplômés de l'enseignement supérieur. Le cas échéant, des filières de reconversion.
Fort d'une réactivité sur le marché du travail, le domaine de l'IT (informatique et télécommunication) favorise un accès rapide à l'emploi. La réactivité et les débouchés de cette spécialité encouragent les jeunes et les investisseurs. C'est pour cette raison que le ministère la considère comme la première spécialité.
La deuxième filière est l'agroalimentaire. En effet, cette formation répond au double objectif d'emploi et de valorisation des atouts des régions agricoles.
Les filières du tourisme durable et de l'artisanat offrent de larges potentialités d'emploi. En effet, développer notre artisanat et promouvoir ses produits sur les marchés extérieurs est un défi pour cette étape. Ces métiers ont été, longtemps, délaissés. Force est de constater que des produits tunisiens sont importés de plusieurs pays étrangers. Reconsidérer les métiers de l'artisanat est de nature à développer le travail dans les régions les plus défavorisées.
Fortes de sites archéologiques exceptionnels, les régions de l'intérieur offrent une plateforme pour développer une panoplie de produits touristiques. Du tourisme de séminaires au tourisme vert, en passant par le tourisme sportif, tout est accompli pour lutter contre la saisonnalité. Depuis des siècles, ces régions ont porté et construit la culture et la civilisation de la Tunisie. De nos jours, elles ont amorcé une révolution dont le vent soufflera très loin.
Les métiers de santé, notamment la formation des aides-soignants, occupent une place de choix dans ce programme. Outre les besoins imminents et le déficit qualitatif dans la majorité des opérateurs publics et privés, ces métiers sont très prisés sur le marché du travail international.
De même, la formation dans les métiers de l'énergie présente de belles opportunités pour les personnes formées. La Tunisie est dotée d'un potentiel d'énergies renouvelables. Les investisseurs feront appel à des compétences sur le marché local pour concrétiser leurs projets. Sur un autre plan, avec des cours d'énergie qui ne cessent de grimper, les entreprises auront besoin de compétences en économie d'énergie pour maîtriser les coûts et préserver leur compétitivité.
Enfin, je comprends l'impatience de nos concitoyens, mais pour aller vite, il ne faut pas se précipiter! Faire de la formation n'est pas un objectif en soi. Je m'attache à réunir toutes les conditions pour offrir à ces jeunes une reconversion de qualité, assurant un accès rapide à un emploi décent et durable. Ce n'est qu'une première étape.
Ayoub Ben Ali, manager d'une association de développement :
«Une approche de développement ascendante»
On a toujours plaidé pour une décentralisation réelle et non pas une déconcentration. En d'autres termes, les besoins, les budgets et les projets des régions doivent être réfléchis et élaborés à l'échelle régionale. Soit une approche ascendante qui émane des localités et des gouvernorats. Cette autonomie des régions suppose que le processus de planification soit amorcé à la base et non au niveau central. Mais le constat est flagrant, les conseils régionaux et les gouvernorats manquent de planificateurs confirmés. Une décentralisation réelle est adossée à la constitution de conseils régionaux pluriels et autonomes. Dans cette approche, l'Etat n'a qu'à arbitrer entre les plans régionaux.
La législation financière est une autre défaillance de taille. En effet, les lois datant de 1948, applicables jusqu'à nos jours, sont de grands handicaps pour le travail des associations de développement.
Outre la législation, l'Etat a échoué dans ses politiques d'incitations aux investissements privés. S'agissant du secteur primaire, dans maintes régions à vocation agricole, la propriété des terres est de fait. Il s'ensuit qu'à défaut d'assainissement foncier, générateur de titres de propriété, les agriculteurs sont dans l'impossibilité de présenter des garanties réelles aux banques, d'où l'exclusion du système de financement.
Les lignes budgétaires spécifiques : la scène nationale compte seulement 20 associations de développement en activité permanente. Toutes ces entités ont d'énormes difficultés en matière de financement. La recherche de bailleurs de fonds internationaux est, généralement, conditionnée à l'implication de l'Etat dans les activités de l'association, ne serait-ce que par une exonération de la TVA. Cette demande d'exonération de la TVA est très défendable, puisque les projets réalisés sont destinés aux citoyens les plus démunis.
Dans leurs rapports avec les banques, les ONG sont confrontées à une réticence et une rigidité injustifiées. Elles refusent, catégoriquement, de débloquer des avances et d'accorder des facilités de caisse, malgré la constitution de dossiers étoffés par les documents garantissant les prochains encaissements. A l'époque, ce déséquilibre financier cache un lobbying qui tente de réduire les activités associatives dans le cadre de l'ex- parti au pouvoir, soucieux de maquiller son image et de se présenter comme opérateur unique et incontournable. Ces attitudes ont découragé tout le monde. Maintenant, on doit rompre avec ces pratiques et c'est pour cette raison que je veux même changer la nomination du fonds 26-26 en 14-01.
Dans ce contexte d'urgence, le jeune diplômé a besoin d'emploi et non de formation. Il faut épargner aux diplômés une autre déception.


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