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Rapport de la Commission Economique Africaine 2010
Publié dans L'expert le 20 - 04 - 2010

La Tunisie ne cesse de confirmer sa position comme un exemple de réussite pour le continent africain. Les performances économiques réalisées lui ont valu la considération et l'admiration de toutes les institutions et les nations. Plusieurs expériences tunisiennes sont transposés dans plusieurs pays africains (développement durable, BTS,… ). La Tunisie est aussi placée première en Afrique par plusieurs classement tel que le rapport de Davos sur la compétitivité ou dans le domaine des TIC. Ce positionnement de la Tunisie confirme la justesse des choix économiques et clarté de la vision d'avenir pour notre pays, qui n'a pas de ressources naturelles à l'instar d'autres pays.
La Commission Economique Africaine vient de publier son Rapport économique sur l'Afrique 2010, et qui a cité la Tunisie comme exemple de réussite et de performances « impressionnantes ». Le rapport a établi une riche analyse de l'évolution importante de l'économie tunisienne tout en mettant l'accent sur le défi de l'emploi, qui reste le point épineux de notre développement. Voici les principaux éléments contenus dans le rapport concernant l'impact de la crise sur les économies africaines, ainsi que la réussite de la Tunisie.
L'évolution économique mondiale et ses répercussions pour l'Afrique
En 2009, la crise financière mondiale a continué d'avoir des effets négatifs sur l'économie mondiale, mais celle-ci montre un début de stabilisation. L'économie mondiale s'est contractée de 2,2%, le volume des échanges a baissé de 12,4% et les flux d'IED vers l'Afrique ont régressé rapidement. La contraction a été davantage concentrée dans les pays développés - où le PIB a reculé de 3,5% - que dans les pays en développement, où le PIB a progressé de 1,9%. Le ralentissement économique a entraîné une forte progression du chômage, dont le taux a dépassé 10% dans la plupart des pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L'activité économique devrait reprendre en 2010, mais le redressement sera probablement lent (FMI, 2009, ONU-DESA, 2010).

L'Afrique n'a pas été en mesure de créer assez d'emplois pour réduire notablement le chômage, malgré la croissance impressionnante d'avant la crise

La croissance du PIB en Afrique a chuté, passant de 4,5% en 2008 à 1,6% en 2009 et devrait remonter à 4,3% en 2010. On s'attend à ce que le taux de croissance des exportations se redresse pour passer de – 4,9% en 2009 à 4,2% en 2010 ; le compte courant et le solde budgétaire ainsi que les taux d'épargne et d'investissement ont tous baissé. Les taux du chômage sont restés à deux chiffres en 2009 comme les années précédentes et devraient rester élevés en 2010.
La récession mondiale actuelle aura des effets prononcés sur la balance des comptes courants et sur les soldes budgétaires en 2010. Les régions qui affichent des excédents de leurs comptes courants - Japon, Chine, Inde et pays du Conseil de coopération du Golfe – ont enregistré une diminution de ces excédents en 2009 et probablement
en 2010.
L'Afrique est l'une des régions où le solde du compte courant a été négatif en 2009. Le solde budgétaire s'est détérioré en 2009 dans l'ensemble des pays industrialisés et dans tous les grands pays et régions. Cette détérioration a été essentiellement causée par la baisse des recettes due au ralentissement de la croissance et à l'augmentation des dépenses publiques à mesure que les pays poursuivaient des politiques budgétaires anticycliques d'expansion. Les pays en développement en tant que groupe ont enregistré un solde budgétaire négatif représentant 3 à 5% du PIB.
En Afrique, la récession mondiale a sérieusement nui à plusieurs aspects de l'activité économique. Au taux de croissance très faible, s'ajoute la baisse du volume des échanges, des recettes d'exportation, du taux d'investissement, du taux d'épargne, de l'IED et des réserves internationales sans parler du solde négatif du compte courant et des finances publiques dans la plupart des pays africains. En outre, le taux de chômage officiel a augmenté, ainsi que la proportion des travailleurs pauvres et des personnes occupant des emplois précaires.
En raison de la récession économique mondiale, la croissance économique en Afrique s'est ralentie passant de 4,5% en 2008 à 1,6% en 20092. Malgré la chute des cours mondiaux des produits de base, les exportations de produits primaires vont demeurer le principal moteur de la croissance en Afrique. Les prix du pétrole et d'autres produits de base ont en général chuté au début de 2009, mais ils ont rebondi au second semestre de l'année et sont restés élevés. Les pays exportateurs de pétrole ont ainsi enregistré en 2009 une croissance de 2,5%, contre une moyenne de 0,5% pour les pays non exportateurs de pétrole.
En 2009, la croissance a varié considérablement d'une région ou d'un pays à l'autre. C'est l'Afrique de l'Est qui a enregistré le taux le plus élevé (3,9%), suivie de l'Afrique du Nord (3,5%), de l'Afrique de l'Ouest (2,4%) et de l'Afrique centrale (0,9%), l'Afrique australe ayant un taux de croissance négatif de 1,6%. Sur les 53 pays du continent, seuls sept ont affiché un taux de croissance égal ou supérieur à 5%, tandis que 29 autres ont enregistré un taux inférieur à 3%. Les chiffres correspondants en 2008 étaient respectivement de 25 et 16 pays.

Des performances économiques impressionnantes pour la Tunisie:
Depuis l'indépendance, la Tunisie a réalisé d'importants progrès économiques et sociaux. Le développement économique, l'investissement dans le capital humain et dans la planification familiale, conjugués à des réformes politiques visant à améliorer le revenu par habitant, ont permis de relever le niveau de vie national et de fournir une main-d'oeuvre qualifiée. Ces mesures ont aidé le pays à accélérer le rythme du développement économique et social. La Tunisie est actuellement classée par la Banque mondiale parmi les pays à revenu intermédiaire, avec un revenu de 3 290 dollars par habitant en 2008 et de 7 070 dollars en 2009, sur la base de la parité du pouvoir d'achat.
En dépit de ces réalisations, la Tunisie est confrontée aux défis d'un chômage élevé, particulièrement chez les jeunes et les femmes. La croissance économique n'a pas permis une absorption suffisante de main-d'oeuvre pour réduire le taux de chômage de 14,2% (en 2008). Le taux est particulièrement élevé chez les femmes (16%), les jeunes diplômés et surtout les personnes de moins de 25 ans (30%).
De 1961 à 2009, l'économie tunisienne a connu un taux de croissance annuelle moyenne de 5,1% et a fait preuve d'une meilleure résistance aux chocs extérieurs. En termes réels, le PIB par habitant a augmenté d'un tiers au cours des années 90. Le taux de croissance du pays a dépassé la moyenne enregistrée par les pays d'Afrique du Nord au cours des cinq dernières années, malgré la baisse relative de la disponibilité des ressources naturelles et un environnement international plus concurrentiel. Cette performance est le résultat des réformes structurelles opérées essentiellement grâce à l'ouverture au commerce extérieur, à l'augmentation des investissements publics et à la base de capital humain hautement qualifiée du pays (Banque mondiale, 2008).
La Tunisie a été en mesure de surmonter les chocs extérieurs tels que ceux associés à la guerre du Golfe dans les années 90, en réalisant un taux de croissance annuelle moyenne de 4,4% de 1991 à 1996. Elle a également résisté à la crise de 1997 en Asie de l'Est , en réalisant un taux de croissance annuelle moyenne de 5,2% au cours de la période 1997-2000. En plus de cela, l'impact de la sécheresse pérenne sur l'agriculture tunisienne a été moins dévastateur.
En effet, même en tenant compte de la croissance plus lente due à la situation internationale défavorable qui a découragé le tourisme et les exportations de produits manufacturés, et à la troisième année de sécheresse consécutive, le PIB hors agriculture tient ferme (3,5% contre 1,7% du PIB mondial). C'est là la preuve de la résilience de l'économie nationale qui a continué à résister aux effets négatifs de la crise actuelle en réalisant des taux de croissance atteignant 4,6% en 2008 et 3% en 2009.

La diversification des exportations et la hausse de la demande intérieure ont diminué la volatilité de la croissance en Tunisie

La diminution de la volatilité intervenue à partir de 1990 résultait principalement d'une plus grande stabilité des importations/exportations et de l'augmentation de la demande intérieure. Ainsi, le solde extérieur est resté stable malgré les fluctuations des importations et des exportations. Sur la période 1975-1986, qui a précédé l'adoption du PAS, la croissance de l'économie tunisienne était tirée par la demande intérieure, avec un taux de croissance annuel moyen de 5,6%, tandis que la contribution nette de la demande extérieure était négative se situant à environ -1%. Cette période a également été caractérisée par une nette croissance des recettes pétrolières et une augmentation des revenus. Au cours de la période postérieure au PAS, c'est-à-dire de 1988 à 2009, le taux de croissance en moyenne soutenue qui était de 4,6% a été également tirée par la demande intérieure, qui a enregistré un taux de croissance moyen de 4,5%.
La performance de croissance de la Tunisie, conjuguée à sa politique de protection sociale, a contribué à réduire considérablement la pauvreté dans le pays. Depuis l'indépendance en 1956, la Tunisie a poursuivi une politique sociale à trois volets.
Grâce à l'enseignement gratuit pour tous les enfants dans toutes les régions du pays, le nombre d'années d'études achevées par les travailleurs, est passé de 0,7 en 1962 à près de 7 en 2006. Le contrôle des naissances, dans le cadre d'une politique de planification familiale a permis de réduire l'accroissement démographique et de faire baisser le taux de fécondité à un niveau proche de celui des pays développés. La participation accrue des femmes au marché du travail résulte de la politique volontariste pour la promotion et l'égalité des femmes et de la promulgation du Code civil.
Ces actions ont entraîné une réduction significative du taux de pauvreté, qui n'était que de 3,8% en 2005 contre 4,2% en 2000, 6,7% en 1990 et 7,7% en 1985. De même, le pourcentage des travailleurs pauvres et des économiquement vulnérables est passé de 17% en 1995 à 10% en 2000. Le recul de la pauvreté durant la seconde moitié des années 1990, qui a été observé dans toutes les régions du pays, s'est produit aussi bien en milieu urbain que rural (Banque mondiale, 2003).
L'économie tunisienne a connu des transformations structurelles importantes. La croissance est de moins en moins tributaire des fluctuations au climat, avec moins de rôle pour l'agriculture et les industries autres que la manufacture et plus de rôle de la part des services. Depuis 1990, la réduction de la part de l'agriculture dans le PIB a été entièrement compensée par la hausse de la part des services, tandis que la part du secteur manufacturier est restée stable. L'importance relative des différents secteurs a changé en raison de deux facteurs. Le premier est la restructuration de la demande intérieure et de la demande extérieure, d'une part, et la dotation en ressources naturelles de l'autre. Le second est l'intégration plus grande de la Tunisie à l'économie mondiale.

Entre croissance et emploi :
Du fait de ces changements dans la structure de l'économie tunisienne et ses performances en termes de consolidation de la croissance et de réduction de la pauvreté, le marché de l'emploi a lui aussi connu des changements, tant en termes de demande additionnelle d'emplois que dans le domaine des relations professionnelles et du Code du travail. En conséquence, le rythme de création d'emplois qui, depuis le milieu des années 1990, est de quelque 70 000 emplois par an, a été relativement lent par rapport au niveau du chômage dans le pays. Il est toutefois plus élevé que le taux enregistré au cours des périodes 1981-1986 et 1987-1995, où 41 300 et 52 500 emplois ont été créés par an.

La création d'emplois en Tunisie se ralentit depuis le début des années 90

Cette situation est due principalement à la croissance dynamique du secteur des services productifs. Entre 1996 et 2008, 28 700 emplois ont, en moyenne, été créés par an dans ce secteur, soit un total de 373 400 emplois, représentant 57,8% du total des emplois dans l'ensemble du secteur productif, l'agriculture exceptée. En 2008, quelque 36 000 emplois ont été créés pour les diplômés dans l'économie tunisienne. Le nombre de diplômés occupant un emploi est passé de 80 000 en 1987 à 470 000 en 2008, ce qui a contribué à porter le taux global d'encadrement dans l'économie de 4,5% en 1987 à 15,5% en 2008.
Malgré cette importante création d'emplois, le chômage chez les jeunes (âgés de 25 à 29) a augmenté, passant de 12,6% en 1984 à 25,2% en 2008. En outre, le chômage des jeunes diplômés, qui touche toutes les catégories de diplômés, est un motif de préoccupation (Banque mondiale et Ministère de l'Emploi et de l'Insertion Professionnelle des Jeunes, 2008). L'analyse des données sur la croissance et l'emploi montre que le niveau de création d'emplois n'a pas été suffisant pour réduire le chômage. Le taux d'emploi en Tunisie est faible en comparaison avec d'autres pays; il est passé de 43,7% en 2000 à 46% en 2008, contre 75% aux Pays-Bas et au Danemark.
L'élasticité de l'emploi par rapport à la croissance en Tunisie a montré une tendance à la baisse tendancielle entre 1982 et 2008, chutant de 0,84 sur la période 1982-1991 à 0,71 au cours de la période 1992-1996 et à 0,55 durant la période 1997-2008. Le taux global de l'UE est 0,6 en moyenne depuis 1998.
L'élasticité de l'emploi de la Tunisie par rapport à la croissance a diminué avec le temps en raison de la concurrence accrue et de la plus forte intégration dans l'économie mondiale
Une façon d'analyser l'évolution de l'intensité d'emplois de la croissance est de comparer les gains de productivité de la main-d'oeuvre et la croissance économique.
Lorsque la croissance économique dépasse la croissance de la productivité, il y a création d'emplois. Si la croissance est inférieure aux gains de productivité, il y a une perte nette d'emplois. Entre 1982 et 2008, la croissance de la valeur ajoutée à toutes les activités commerciales, l'agriculture et la pêche exceptées, a été plus rapide que la croissance de l'emploi en Tunisie. Cette situation semble indiquer le début d'un processus de rattrapage du niveau de productivité des principaux partenaires et concurrents commerciaux de la Tunisie.
Si des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les causes profondes de la diminution de l'intensité d'emplois de la croissance en Tunisie, plusieurs facteurs peuvent cependant être soulignés. Une raison majeure est la nature de la transition consistant à passer d'un régime introverti fondé sur des réglementations à un régime fondé sur une plus grande concurrence et une intégration plus poussée à l'économie mondiale. Alors que le système d'incitation du premier est plus favorable à l'emploi que le système d'incitations du second, la transition en elle-même suppose le licenciement d'un grand nombre de travailleurs qui sont inefficacement absorbés émargeant principalement mais pas exclusivement dans des entreprises d'Etat ou publiques. Le secteur privé tunisien est dominé par les PME. Dans le secteur industriel, les PME se caractérisent par un faible niveau de technologie et des méthodes de production qui ne favorisent pas l'innovation technologique (Elachhab, 2009). En adoptant une approche de réduction des coûts au minimum, ces entreprises ont tendance à embaucher un plus grand nombre d'ouvriers peu qualifiés. Seules les grandes entreprises, qu'on retrouve essentiellement dans le secteur de l'énergie, ont recours à des travailleurs salariés ayant un diplôme de l'enseignement supérieur. Dans le secteur manufacturier, le taux d'encadrement dépasse à peine 7,4%.
La structure de la population en chômage de la Tunisie de tous âges a considérablement évolué entre 2000 et 2007. En 2000, les chômeurs titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur (DES) représentaient 6,6% du total des chômeurs. Cette proportion est passée à 20% en 2007. Bien que l'Etat ait mis l'accent, dans ses interventions, sur les emplois pour les femmes, les statistiques indiquent que les femmes sont sur le plan de l'emploi, désavantagées par rapport aux hommes. Si elles constituent la majorité (57% de tous les diplômés en 2004), les femmes sont cependant nettement plus touchées par le chômage que les hommes.
Compte tenu de l'ensemble des diplômés, le chômage des femmes est de 51,6% contre seulement 38,3% pour les hommes (Banque mondiale et Ministère de l'Emploi et de l'Insertion Professionnelle des Jeunes, 2008). Cette situation s'explique parle fait que la plupart des diplômes universitaires détenus par des femmes portent sur des domaines qui sont peu demandés par les entreprises.
Relever le défi de l'emploi :
Pour relever ces défis de l'emploi, la Tunisie a depuis longtemps adopté diverses mesures de soutien à l'emploi, qui ont été élargies depuis les années 90 pour couvrir les différents secteurs et types de bénéficiaires. Toutefois, en dépit des nombreuses mesures gouvernementales prises dans le cadre de divers programmes relevant de politiques actives de l'emploi (PAE), le chômage reste élevé et les pressions sur le marché du travail sont de plus en plus fortes. Le marché du travail fonctionne mieux mais des contraintes demeurent. La formation permanente bénéficie d'un soutien public peu important en termes de financement et les organismes du marché du travail sont concentrés dans les zones urbaines, alors que le chômage est le plus élevé dans les zones rurales, notamment dans la région du Nord-Ouest. En outre, les rôles des institutions, ne sont pas clairement définis ce qui donne lieu généralement à des doubles emplois entre les mécanismes ou incitations de soutien au marché du travail. Enfin, le problème de la création d'emplois nécessite une approche globale de la part des mécanismes de PAE, qui sont actuellement fragmentés. Les priorités et les planifications impliquées dans les réformes du marché du travail doivent prendre en compte les caractéristiques des demandeurs d'emploi et garantir une répartition équitable des prestations sociales entre les différentes catégories de la population cible, tels que les travailleurs licenciés, les travailleurs désavantagés, les travailleurs en risque et les diplômés.


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