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Hassiba Rochdy, voix d'or du chant tunisien (I)
Nostalgie…Nostalgie…
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 07 - 2011

Zohra Ben Ahmed Belhaj Abdenneby alias Hassiba Rochdy, née en 1918 à Joumine, à Henchir Al Horra, et descendante de Arch Ouled Saïd qui se compose des frères Bahri, Kilani et Sassi. C'est une famille de nomades qui a fini par planter son quartier général dans le Nord, à Fej Erroummane, du côté de Joumine.
Notre cantatrice appartient à la descendance de Kilani. Son père s'est marié avec huit femmes. D'ailleurs, Hassiba était née du dernier mariage de ce richissime agriculteur. Mais il se trouve qu'un colon du nom de Pétain a jeté son dévolu sur l'une des propriétés du père de Hassiba, Henchir Tassa.
Défendant bec et ongles son bien, son père a fini par se retrouver pour un an en prison.
Ce genre d'injustices était très courant du temps du protectorat.
La région de Mateur était partagée alors entre deux catégories de propriétaires terriens : des Français et des Juifs. Les familles Msika et Bessaïes étaient parmi les plus célèbres dans la région.
Son père alla vivre en ville, à Mateur, après avoir subi toutes sortes de frustrations dans les grandes propriétés terriennes des colons.
Toute jeune, elle chantait déjà en allant chercher l'eau à la source.
Ses copines Salha, Yamma et Aïcha l'accompagnaient dans son chant.
Hassiba ne fréquenta pas l'école, mais elle apprit différents métiers domestiques chez El maâlma, une sorte d'institutrice bénévole de l'époque qui assurait des cours en broderie, cuisine… chez elle. Ses élèves se chargeaient en contrepartie de lui faire le ménage. Il était courant que les élèves de la maâlma, toutes des jeunes filles, confient leurs peines et joies, leurs secrets et soucis Hassiba n'échappa pas à la règle et racontait souvent comment son père voulait la marier très jeune. En fait, elle a fini par convoler en justes noces à l'âge de… dix ans.
Nadra, une trace indélébile
Hassiba Rochdy a suivi toute jeune les prestations de beaucoup d'artistes, dont certaines juives, Ratiba, Flifla, Bahia Chamia, épouse du musicien Achir Mezrahi, compositeur du tube à succès Achaga harguetli glaïby. Il avait un parent en Egypte, Tougon Mezrahi, lequel a réalisé près de six films de Leïla Mourad.
La fille de Joumine était plus particulièrement ravie par la voix de Nadra, une chanteuse égyptienne en vogue qui a été la première à se produire dans un film musical onchoudet el foued (la chanson du cœur), en 1932, bien avant Mohamed Abdelwaheb.
Par la suite, elle jouera dans le long métrage Chabahou al madhi (L'ombre du passé) avec Bach Lanna en 1934, et Ounchoudet radio (la chanson de la radio) en 1936 avec Bichara Wakim.
Hassiba a appris par cœur un poème de Kaïes Ibn El Moulaouah «Yakoulouna Leïla fel iraki maridhaton». Ce poème chanté par Nadra allait produire un effet dévastateur sur elle.
Hassiba apprendra par cœur tout ce que le phonographe diffusait comme chansons de son idole Nadra.
A neuf ans, elle employa ses petites économies pour acheter à un commerçant juif un phonographe. A l'insu de ses parents, seule sa sœur était dans le petit secret. Elle cachait cet appareil charmeur sous son lit, et ne le tirait pour écouter les disques de Nadra que lorsque le foyer était vide.
Malheureusement, son père la surprit un jour alors qu'elle accompagnait une chanson de Nadra. Sa colère a été un ouragan. Il commença par détruire le phonographe. Puis, il s'en prit à sa fille, lui cassant le nez malgré l'intervention de sa mère et de sa sœur. Elle gardera les traces de cette fracture au nez jusqu'au jour où elle subit une intervention chirurgicale esthétique en Egypte.
A Sfax, la rencontre
décisive avec Fethia
Désespérée, elle se réfugia quelques jours plus tard chez son oncle, un fonctionnaire de tribunal à Bizerte. Mais son oncle révéla la fugue à ses parents. Pour se débarrasser de cette fille, ou plutôt de cet enfant fugueur, son père décida de la marier à un homme de... soixante ans. Elle n'avait alors que dix ans. L'âge de l'enfance, de l'innocence. Son mari était un commerçant grand de taille, déjà marié à une fille de vingt ans.
Il ne la toucha pas cependant, car elle n'était pas encore majeure.
Hassiba racontera par la suite qu'elle éprouvait une peur bleue dès le retour de son époux au foyer.
Elle finit par se réfugier chez une copine à Mateur. Avant de partir chez une parente à Sfax à laquelle elle raconta sa mésaventure.
Comme le hasard fait bien les choses, cette parente était férue d'arts. Elle la présenta à la Troupe théâtrale de Sfax, «Ennoujoum». On lui offrit une maison et on engagea Tahar Belhaj, un grand comédien, pour lui apprendre ses rôles, la plupart des premiers rôles.
Bien qu'elle ne sût ni lire ni écrire, notre chanteuse disposait d'une étonnante faculté d'apprentissage. Son premier rôle a été «Abderrahmane Ennaceur». Ce fut un succès.
Mais sa passion pour le chant ne l'avait point abandonnée. C'est ainsi qu'elle doit beaucoup à un joueur de cithare, Ennabli, qui lui apprit «adwar» et «mouachahate».
Fethia Khaïri venait souvent se produire à Sfax pour des œuvres de bienfaisance. Hassiba, qui était une fan de cette voix d'or, allait se lier d'amitié avec elle. Désormais, chaque fois où elle séjournait dans la capitale du Sud, Fethia descendait chez Hassiba.
Leur relation étant renforcée, Fethia Khaïri a fini par convaincre sa protégée de venir à Tunis chercher fortune dans le milieu artistique. Elle lui trouva une maison à Bab Saâdoun.
A cause de Hassiba Rochdy, il arriva même à Fethia Khaïri de connaître l'humiliation d'être battue.
Nous vous en raconterons les détails dans notre prochaine rubrique.
(à suivre)


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